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Les changements climatiques mettent à risque une communauté mi’kmaw

Plage et mur.

Un mur a été érigé pour résister à la montée des eaux.

Photo : Radio-Canada / Jacques Poitras

Serge Bouchard
Serge Bouchard

La Première nation d'Ugpi'ganjig, aussi connue sous le nom d'Eel River Bar, devra continuer de s’adapter si elle veut survivre aux changements climatiques.

Le 6 décembre 2010, la Baie des Chaleurs est déchaînée.

Grosse vague.

En 2010, une tempête a donné un aperçu de l'impact des changements climatiques lorsque la région a été inondée.

Photo : Gracieuseté Lewis Jerome

D’immenses vagues inondent plusieurs résidences dans cette communauté mi'kmaw de 400 habitants située à quelques kilomètres de Dalhousie, dans le nord du Nouveau-Brunswick.

L’eau ne cesse de monter, se souvient Rebecca Labillois, qui habite à proximité des rives de la Baie des Chaleurs.

Tout était inondé. La maison de mon oncle était complètement irrécupérable, raconte Carol Simonson qui vit elle aussi face à la Baie.

Pour protéger la communauté, un mur de rétention d’un demi-kilomètre a été érigé peu après la tempête de 2010. Un projet de 10 millions de dollars financé par le gouvernement canadien.

Rebecca Labillois.

Rebecca Labillois n'a eu d'autre choix de quitter sa maison lorsqu'une tempête s'est abattue sur sa communauté d'Ugpi'ganjig (Eel River Bar).

Photo : Radio-Canada / Jacques Poitras

Mais depuis, le mur de béton arrive difficilement à arrêter la montée constante de l'eau.

Lors des grandes marées, l’eau passe parfois par-dessus le mur.
Une citation de Rebecca Labillois, résident d'Ugpi'ganjig

Et selon Carol Simonson, lors de certaines tempêtes, les vagues s'écrasent au-dessus du mur, inondant les routes situées à proximité.

Une montée inévitable

Selon des chiffres fournis par le Conseil de ressource Gespe’gewaq Mi’gmaq, le niveau de l'eau devrait augmenter d'un mètre d’ici 2100 dans ce secteur de la Baie des Chaleurs.

Un risque imminent considérant que les résidences et édifices publics d'Ugpi'ganjig se situent actuellement entre 3,3 et 5,6 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Durant la même période, on prévoit que la température de l’air ambiant augmentera de près de cinq degrés Celsius. On prévoit que les précipitations augmenteront de 8 pour cent d’ici 2050 et de 17 pour cent d’ici 2100.

C’est énorme quand on y pense, déclare le directeur exécutif du Conseil de ressource, John Vicaire. On ne peut arrêter ces changements mais nous pouvons essayer de se préparer afin de limiter les impacts.

Si la communauté a encore du temps devant elle pour planifier son avenir, la perspective d'une autre tempête de cette envergure fait quand même craindre le pire.

Si ça arrive, une douzaine de résidences sont à risque d'être inondées.
Une citation de Sacha Labillois, cheffe d'Ugpi'ganjig

Un terrain imposé

La réserve mi’kmaw d'Eel River Bar a été instaurée par le gouvernement fédéral au début du siècle dernier.

Le territoire traditionnel de ce peuple s’étendait de ce qu’on connaît aujourd’hui comme la ville de Dalhousie jusqu’aux environs de Jacquet River, plus à l’est sur la Baie des Chaleurs.

Lors de la création de la réserve, les Autochtones ont été contraints à s’installer sur une petite parcelle de terre, située entre Charlo et Dalhousie.

Un passage d’un document datant du 19e siècle décrit ces terres comme un terrain marécageux, bon pour une réserve indienne, se désole la cheffe Sacha Labillois.

Sacha Labillois.

La cheffe d'Ugpi'ganjig Sacha Labillois explique que le mur n'est pas une solution permanente.

Photo : Radio-Canada / Jacques Poitras

Ici pour toujours

Les leaders savent fort bien que ce ne sera pas simple de se sortir de l'étau climatique dans lequel se trouve la communauté.

Une bonne cinquantaine de résidences et la majorité des édifices institutionnels de la communauté se retrouvent dans la zone vulnérable.

La mur de béton ne suffira bientôt plus à la tâche et d’autres solutions devront être trouvées.

Des décisions difficiles seront nécessaires pour protéger la population.

Mais comme le souligne la cheffe Labillois, la communauté mi'kmaw sera ici pour toujours.

D'après un reportage de Jacques Poitras de CBC

Serge Bouchard
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