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Le froid record du printemps inquiète des agriculteurs en Colombie-Britannique

Sajan Mandair est photographié avec sa récolte de baies à Mandair Farms, à Abbotsford, en Colombie-Britannique, le jeudi 12 mai 2022.

Dans l’exploitation de Sajan Mandai, à Abbotsford, le froid a retardé d'environ trois semaines le calendrier de certaines cultures, notamment les myrtilles, les fraises et les framboises.

Photo : ben nelms/cbc / Ben Nelms

RCI

Les agriculteurs de la vallée du Fraser sont aux prises avec des températures inférieures de 2 degrés Celsius à la moyenne saisonnière, qui retardent les récoltes. Avec déjà trois semaines de décalage sur le calendrier habituel pour certaines cultures, des agriculteurs craignent des surcoûts et une exposition accrue à la concurrence internationale.

Sajan Mandair se promène parmi les rangées de fraisiers de sa ferme d'Abbotsford, mais seulement quelques-uns commencent à fleurir.

Le temps froid a été un défi, dit-il. Cela a vraiment retardé la croissance de toutes les plantes et cela a vraiment ralenti la saison pour nous.

L'excès de pluie a également rendu le travail dans les champs et les plantations plus difficile à cause de la boue.

Il y aura du soleil pendant un jour ou deux et une fois qu'on aura tout préparé avec les tracteurs, il pleuvra à nouveau, se désole M. Mandair.

Nous avons pris un peu de retard dans les plantations cette année, poursuit-il, mais nous devons mettre l'offre locale sur le marché. Si nous ne le faisons pas, il y a d'autres pays qui arrivent et qui sont capables de prendre cette part de marché.

Des températures plus fraîches

Le temps frais n'est que le dernier défi en date à surmonter par les agriculteurs de la région. Beaucoup d'entre eux ne se sont toujours pas remis des conséquences du dôme de chaleur (nouvelle fenêtre) et des inondations historiques (nouvelle fenêtre) de l'année dernière.

Par ailleurs, les prix exceptionnellement élevés du carburant (nouvelle fenêtre) font grimper les coûts d'exploitation.

Nous ne semblons pas avoir de répit, déplore Lenore Newman, directrice de l'Institut de l'alimentation et de l'agriculture de l’Université de la Vallée du Fraser. Cela a été constant avec le dôme de chaleur, les inondations et les incendies, et maintenant, il fait trop froid, nettement trop froid.

La Colombie-Britannique a établi des records pour les températures les plus basses et les plus tardives jamais enregistrées l'après-midi au courant du mois de mai, selon la météorologue de Canadian Broadcasting Corporation Johanna Wagstaffe.

Les perspectives pour la deuxième moitié du mois de mai sont encore fraîches. Nous sommes toujours sous l'influence de La Niña, et il est donc probable que nos températures moyennes seront inférieures à la normale au cours des prochaines semaines , précise Mme Wagstaffe.

Adaptation

Selon Lenore Newman, la saison agricole plus froide que la normale, associée aux catastrophes climatiques en cours, souligne la nécessité de cultiver davantage d'aliments en structures intérieures, dans des conditions plus prévisibles.

Ce n'est pas la panacée, mais comme le climat devient de plus en plus imprévisible, il y aura davantage de cultures à l'intérieur, ainsi que des cultures cultivées ici alors que nous avions l'habitude de les importer, explique-t-elle.

Selon Lenore Newman, la Californie perd des terres agricoles en raison de la sécheresse et de la chaleur, ce qui signifie que d'autres régions, comme la Colombie-Britannique, devront peut-être se charger de cultiver ce que cet État américain ne peut plus produire.

Des rangées de fraisiers.

Dans sa ferme, Sajan Mandai a investi dans des serres, afin de se prémunir des aléas de la météo.

Photo : ben nelms/cbc / Ben Nelms

Des agriculteurs comme Sajan Mandair investissent déjà dans des structures qui les aideront à produire dans des conditions plus imprévisibles. Il a notamment mis en place des serres de protection pour certaines de ses cultures.

Nous devons trouver un moyen de ne pas dépendre de tous ces autres éléments, dit-il. C'est pourquoi j'essaie de faire ces différentes serres à cerceaux, d'utiliser d'autres façons de produire et d'éliminer les variables.

En attendant, alors que de nombreux producteurs du sud de la Colombie-Britannique se remettent encore du dôme de chaleur et des inondations (nouvelle fenêtre), Sajan Mandair croit qu'il est plus important que jamais de soutenir les agriculteurs locaux pour assurer leurs revenus.

Nous, les agriculteurs, nous voulons approvisionner le marché : la population augmente, et nous devons produire de la nourriture pour tous ces gens, conclut-il.

Avec les informations de Jon Hernandez

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