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COVID-19 : 11 % des malades retournent à l’hôpital moins d’un mois après leur congé

L'infirmière Ashley De Lumen s'occupe d'un patient branché à un respirateur.

Une infirmière à l'Hôpital Humber River de Toronto (archives)

Photo : CBC/Evan Mitsui

La Presse canadienne

Une nouvelle étude canadienne jette plus de lumière sur de possibles facteurs qui peuvent conduire à la réadmission à l'hôpital de certains patients atteints de la COVID qui avaient reçu leur congé moins d'un mois plus tôt.

Les chercheurs affirment que le taux de réadmission peut être similaire à celui observé pour d'autres affections, mais que les facteurs socio-économiques et le sexe semblent jouer un rôle plus important dans le profil des patients les plus susceptibles de souffrir d'une détérioration de leur état lorsqu'ils sont renvoyés chez eux.

L'étude publiée lundi dans le journal de l'Association médicale canadienne (AMC) s'est attardée à 46 412  adultes hospitalisés pour la COVID-19 en Alberta et en Ontario pendant la première partie de la pandémie.

  • Environ 18 % d'entre eux, soit 8496 patients, sont décédés à l'hôpital entre janvier 2020 et octobre 2021, ce qui était supérieur à la norme constatée dans les autres infections des voies respiratoires.
  • Parmi les personnes renvoyées chez elles, environ 9 % sont retournées à l'hôpital dans les 30 jours suivant leur départ, tandis que 2 % ont perdu la vie.
  • Le taux combiné de réadmission ou de décès était similaire dans chaque province, à 9,9 % ou 783 patients en Alberta et à 10,6 % ou 2390 patients en Ontario.
  • Environ la moitié des patients retournaient à l'hôpital en raison de difficultés respiratoires, soit la cause principale de réadmission.

Face à l'hypothèse que les patients soient sortis de l'hôpital trop tôt, le rapport a révélé que la plupart ont passé moins d'un mois à l'hôpital et que les patients qui sont restés plus longtemps ont en fait été réadmis à un taux légèrement plus élevé.

Nous nous sommes d'abord demandé : "Est-ce que les gens ont été renvoyés chez eux trop tôt?", et il n'y avait aucune association entre la durée du séjour à l'hôpital et les taux de réadmission, ce qui est rassurant, note le coauteur, le Dr Finlay McAlister, professeur de médecine interne générale à l'Université de l'Alberta, à Edmonton.

Il semblait donc que les cliniciens identifiaient les bons patients à renvoyer chez eux, ajoute-t-il.

Hommes et pauvreté

Le rapport a révélé que les patients réadmis étaient généralement des hommes plus âgés qui avaient de multiples comorbidités et des visites et admissions antérieures à l'hôpital. Ils étaient également plus susceptibles d'être renvoyés avec des soins à domicile ou dans un établissement de soins de longue durée.

Le Dr McAlister a également constaté que le statut socio-économique était un facteur, notant que les hôpitaux utilisent traditionnellement un système de notation pour prédire les résultats en examinant la durée du séjour, l'âge, les comorbidités et les visites passées aux urgences.

Il y a un message que nous voyons encore et encore avec la COVID-19 : le statut socio-économique plus difficile semble être encore plus important que pour d'autres problèmes de santé.
Une citation de Dr Finlay McAlister, coauteur de l'étude

Le professeur McAlister croit que des données de l'étude pourraient aider les médecins de famille à déterminer les patients qui ont besoin d'une aide supplémentaire lorsqu'ils quittent l'hôpital. Tout indique que de nombreuses personnes qui survivent à la COVID-19 ne sont pas en mesure de mettre complètement la maladie derrière elles.

Le Dr Amol Verma, médecin à l'Hôpital St. Michael's de Toronto et coauteur de l'étude, explique que les chercheurs n'ont pas mesuré l'ampleur de l'impact du statut socio-économique comme facteur de réadmission à l'hôpital.

Toutefois, ils ont analysé les codes postaux des patients. Ceux dont le code postal était associé à un bas niveau d'éducation et de revenus avaient plus de risque de retourner à l'hôpital, souligne le Dr Verma.

La période de recherche est antérieure à la poussée du variant Omicron qui est apparue à la fin de 2021, mais le Dr McAlister soutient qu'il n'y a aucune raison de soupçonner une grande différence avec les patients d'aujourd'hui.

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