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OTAN : après la Finlande, la Suède annonce sa candidature pour une « nouvelle ère »

Le président turc Recep Tayyip Erdogan maintient la ligne dure envers les deux pays. « Nous ne cèderons pas sur l'adhésion à l'OTAN de ceux qui appliquent des sanctions envers la Turquie », assure-t-il.

Des représentants des membres de l'OTAN assis à une énorme table sur laquelle le logo de l'organisation est mis à l'honneur.

La Finlande et la Suède étaient jusqu'ici neutres, mais la guerre en Ukraine a changé la donne (archives).

Photo : Getty Images / Mandel Ngan

Agence France-Presse

Emboîtant le pas à la Finlande, la Suède a officialisé lundi sa candidature à l'entrée dans l'OTAN, un revirement historique de ces deux pays nordiques naguère non-alignés qui est une conséquence directe de l'invasion russe de l'Ukraine.

Après près de deux siècles de neutralité puis de non-alignement militaire, nous quittons une ère pour entrer dans une nouvelle, a souligné la première ministre suédoise Magdalena Andersson au cours d'une conférence de presse.

La Suède s'attend, a-t-elle déclaré, à être d'ici un an maximum membre de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, qui, quant à elle, tente de calmer l'hostilité de dernière minute affichée par la Turquie qui ne cèdera pas sur son refus d'une adhésion de ces deux pays nordiques à l'Alliance, a martelé lundi son président Recep Tayyip Erdogan.

Comment allons-nous leur faire confiance? La Suède est la pépinière des organisations terroristes [...]. Nous ne cèderons pas sur l'adhésion à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord de ceux qui appliquent des sanctions envers la Turquie, a martelé le chef de l'État turc, accusant de nouveau aux deux pays nordiques de faire preuve de mansuétude envers les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) considéré comme une organisation terroriste.

L'unanimité et la ratification parlementaire des trente membres actuels de l'Alliance atlantique est nécessaire pour faire entrer un nouveau membre.

La première ministre de la Suède, Magdalena Andersson, en conférence de presseé

La première ministre de la Suède, Magdalena Andersson, annonce que son gouvernement soumettra sa candidature de son pays à l'OTAN. Voici le compte-rendu d'Anyck Béraud.

Photo : Reuters / TT NEWS AGENCY

La perspective d'une intégration de la Suède et de la Finlande à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord ne constitue pas une menace immédiate, a commenté lundi Vladimir Poutine, après plusieurs déclarations exprimant l'irritation de Moscou ces derniers jours.

Mais la Russie réagirait à des déploiements d'infrastructures militaires dans ces deux pays, a-t-il averti.

La première ministre suédoise avait eu lundi matin des discussions avec les chefs de partis au Parlement, pour constater qu'elle y disposait d'une large majorité.

Avec la volte-face historique dimanche du parti social-démocrate au pouvoir, six des huit partis au Parlement suédois sont désormais en faveur d'une adhésion, représentant une majorité théorique de 304 députés sur 349, soit de plus de 85 %.

Ottawa en faveur d'une accession « rapide »

Lors d'une conférence téléphonique avec la presse depuis Bruxelles, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a affirmé lundi que son gouvernement est en faveur d'une accession rapide de la Suède et de la Finlande à l'OTAN.

Nous pensons que ces deux pays sont des gains nets [pour] l’OTAN. Mais aussi, bien entendu, nous avons des valeurs en commun. Ils ont certainement des armées fortes et nous participons à plusieurs exercices militaires chaque année avec la Suède et la Finlande, a-t-elle déclaré.

Après avoir discuté avec les porte-parole des partis d'opposition, Mélanie Joly affirme qu'il existe un consensus très large sur la question et soutient d'ailleurs que le gouvernement a pour objectif d'être l'un des premiers pays à ratifier l'accession des deux pays. Cela pourrait se faire au cours des prochains jours.

Sources : Radio-Canada et La Presse canadienne

Une position vulnérable

Depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine, la Finlande a été à l'initiative concernant une adhésion à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, avec une Suède plus suiviste.

Seuls les membres de cette organisation bénéficient de son parapluie, pas les candidats, ce qui a poussé Stockholm et Helsinki à demander des assurances de sécurité à plusieurs pays de l'Alliance.

La Suède va se retrouver dans une position vulnérable pendant la période d'adhésion.
Une citation de Magdalena Andersson, première ministre de la Suède

Les pays nordiques voisins – Norvège, Danemark et Islande, tous trois déjà dans l'Organisation du traité de l'Atlantique nord – ont promis lundi d'assister la Suède et la Finlande par tous les moyens nécessaires en cas d'agression.

Nous sommes voisins, nous sommes amis. Nous sommes impatients de devenir alliés au sein de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, a déclaré la dirigeante danoise, Mette Frederiksen.

Il faut que ces deux pays soient intégrés dès que possible, a estimé lundi le Royaume-Uni qui est prêt à leur offrir toute (son) assistance pendant le processus d'adhésion.

La France assure pour sa part qu'elle se tiendra aux côtés de la Finlande et de la Suède en cas d'agression.

Pour le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, en revanche, la décision de la Suède et de la Finlande constitue une grave erreur dont les conséquences auront une portée considérable.

Alors que le Kremlin a expliqué son invasion de l'Ukraine par le risque d'une expansion de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord à ses portes, une adhésion de la Finlande rallongera de quelque 1300 kilomètres les frontières terrestres entre la Russie et les États de l'alliance.

Avec la Suède en plus, la mer Baltique deviendrait un lac Organisation du traité de l'Atlantique nord, en dehors des eaux russes au large de l'enclave russe de Kaliningrad et de Saint-Pétersbourg.

Notre dossier Guerre en Ukraine

L'environnement de sécurité n'est plus le même

L'Eduskunta, le Parlement finlandais, examinait lundi la candidature présentée officiellement dimanche par l'exécutif, avant un vote qui interviendra au plus tôt mardi.

Selon les derniers pointages des médias finlandais, au moins 85 % des 200 élus vont voter oui.

Le seul pays qui menace la sécurité européenne, et mène ouvertement une guerre d'agression, c'est la Russie, a clamé la première ministre finlandaise Sanna Marin en ouvrant les débats. Notre environnement de sécurité a fondamentalement changé.

Les candidatures officielles doivent être transmises au siège de l'Alliance atlantique à Bruxelles plus tard dans la semaine, Stockholm et Helsinki prévoyant de le faire simultanément, sans doute mercredi.

L'Organisation du traité de l'Atlantique nord avait assuré que les deux pays seraient accueillis à bras ouverts, mais le président turc Recep Tayyip Erdogan est venu brouiller la perspective d'une unanimité sans difficulté, en se disant hostile à leur arrivée.

Une délégation diplomatique suédoise va être envoyée pour voir comment la question peut être résolue, a annoncé lundi le ministre suédois de la Défense Peter Hultqvist.

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