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La lutte contre l’homophobie et la transphobie n’est pas encore gagnée

Une partie d'un trottoir peint aux couleurs du drapeau arc-en-ciel des communautés LGBTQ+ sur lequel marche des passants.

Pour souligner la Journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie, la Ville de Québec a peint quatre trottoirs, comme ici dans la rue Saint-Jean, aux couleurs du drapeau arc-en-ciel des communautés LGBTQ+.

Photo : Radio-Canada / Vincent Pichard

Vincent Pichard, journaliste à Radio-Canada.
Vincent Pichard

Oui, en 2022, souligner la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, le 17 mai, près de 20 ans après sa création par la fondation montréalaise Émergence, demeure nécessaire. C’est ce qu’affirment des personnes impliquées pour les droits des communautés LGBTQ+.

Des exemples de discrimination, de violences, d’intimidation…, les gens nous en parlent pratiquement toutes les semaines, se désole la directrice générale de l’organisme Alliance Arc-en-ciel, à Québec.

La directrice générale de l’organisme Alliance Arc-en-ciel, à Québec, Julie Dubois en entrevue avec l'animateur du Téléjournal Québec, Bruno Savard.

La directrice générale de l’organisme Alliance Arc-en-ciel, à Québec, Julie Dubois en entrevue à Radio-Canada, à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie.

Photo : Radio-Canada

Julie Dubois rapporte que cela s’observe aussi bien dans les milieux de travail qu’à l’école ou dans des résidences pour aînés.

L’inclusion n’est pas acquise partout. On entend parfois que c’est accepté. Mais il y a une différence entre accepter et accueillir.

Et selon elle, ce combat est l’affaire de tous, pas seulement des membres des communautés concernées.

Le drapeau de la fierté gaie flotte dans un ciel sans aucun nuage.

Le drapeau arc-en-ciel flottera au sommet de l'hôtel de ville de Québec, le 17 mai.

Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère

On a besoin d’alliés. C’est important que les gens qui entendent des propos désobligeants, ces petites blagues qui se veulent anodines, prennent position et disent que c’est intolérable. Ça peut aider si tout le monde se mobilise.

Pas de quoi rire

La députée et porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, en appelle également à l’unité.

Il n'y a pas de petites blagues sur l’identité de genres de quelqu’un, sur sa différence. Non, il n'y a pas de sujets à blagues là-dedans parce qu’il y a des gens que ça blesse à un point où ils sont prêts à s’enlever la vie.

Une femme aux cheveux rattachés vers l'arrière regarde droit devant elle.

Il est important de ne tenir aucun droit pour acquis, indique Manon Massé. « Les droits des minorités sont souvent des droits qu’on perd lorsque des droites conservatrices prennent le pouvoir. »

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Dans le même ordre d’idées, l’élue de Sainte-Marie-Saint-Jacques à Montréal prône pour un changement des mentalités dans le système de santé.

Elle constate qu’il y règne toujours beaucoup de préjugés et d’incompréhension de la part de membres du personnel médical envers les personnes transgenres notamment.

Des médecins leur disent qu’ils ne peuvent pas les soigner parce qu’ils n’ont pas la connaissance sur les personnes trans.

Une attitude illogique et inadmissible, d’après la députée.

Ce n’est pas parce que tu es une personne trans que tu ne peux pas recevoir de soins.
Une citation de Manon Massé, députée et porte-parole de Québec solidaire

Si tu te casses une jambe, ça n’a rien à voir que tu sois une personne trans ou non. Même chose si tu as un cancer. Il faut s’assurer que les services de soins soient accessibles à tous.

La province n’a pourtant pas à rougir de son action envers les personnes issues des minorités sexuelles et de genres, pense-t-elle.

Dans ce domaine, le Québec est un leader mondial. Mais justement, parce qu’on est un leader mondial, on doit continuer à tenir notre rôle.

Québec, ville sécuritaire et accueillante pour la communauté

Julie Dubois admet se sentir en sécurité quand elle se balade à Québec en famille. Je n’ai pas nécessairement peur de me promener dans ma ville avec ma femme et mon fils. Il y a quand même une très grande ouverture d'esprit ici.

Pour sa part, le service de police de la Capitale-Nationale déclare prendre très au sérieux les crimes et délits en lien avec l’orientation sexuelle et l’identité de genres.

Cela vaut autant pour les agressions physiques ou verbales que pour les graffitis sur les murs.

Le maire de Québec Bruno Marchand en train de discuter dans un salon.

Pour Bruno Marchand, l'homophobie et la transphobie sont « des gestes immondes ».

Photo : Radio-Canada

Ces gestes immondes, ainsi les décrit le maire Bruno Marchand, sont traités par la structure des crimes à caractère haineux, qui incluent aussi les infractions racistes, antisémites et autres.

Cette cellule du Service de police de la Ville de Québec existe depuis 2017 et est composée d’enquêteurs en formation continue pour répondre aux mieux aux besoins des victimes et élucider au plus vite ces affaires.

À l’occasion du 17 mai, le drapeau arc-en-ciel sera hissé pour la première fois à l’hôtel de ville de Québec et il y restera accroché toute la journée.

Notre ville a fait des progrès depuis les dernières années. Bien sûr, il reste du chemin à parcourir, mais je suis à l’aise pour dire que notre ville est sécuritaire et accueillante pour la communauté, commente le maire, Bruno Marchand.

Les quatre tronçons de trottoirs peints aux couleurs de l’arc-en-ciel ont également pour but de mettre les communautés LGBTQ+ en lumière.

Ils sont situés rue Saint-Jean, à l’entrée des jardins de l’hôtel de ville, rue Saint-Joseph et chemin Sainte-Foy, près de l’Université Laval.

Vincent Pichard, journaliste à Radio-Canada.
Vincent Pichard

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