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Steven Guilbeault lance une consultation nationale sur les changements climatiques

Steven Guilbeault prend la parole à la Chambre des communes à Ottawa.

Le ministre Guilbeault a souligné que le plan d'attaque de son gouvernement pour faire face aux changements climatiques se déploie sur deux fronts, l'un offensif, l'autre défensif.

Photo : La Presse canadienne / PATRICK DOYLE

La Presse canadienne

Le ministre fédéral de l'Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, souhaite doter les Canadiens d'une stratégie de résilience face aux changements climatiques. Il donnera le coup d'envoi d'une consultation nationale à ce sujet lundi à Montréal.

En entrevue avec La Presse canadienne, le ministre Guilbeault a souligné que le plan d'attaque de son gouvernement pour faire face aux changements climatiques se déploie sur deux fronts, l'un offensif, l'autre défensif.

L'ensemble des mesures, des investissements et de la réglementation qui figurent dans le plan de réduction des émissions de GES présenté au mois de mars dernier font partie du front offensif.

Le front défensif – ou la résilience face aux changements climatiques – représente la stratégie qu'il faut déployer pour limiter les dommages humains et financiers et pour anticiper les répercussions des changements climatiques.

Nous sommes déjà entrés dans l'ère du changement climatique, il y a déjà des impacts au Canada [...]. Sommes-nous prêts? Clairement, je pense qu'on peut convenir que nous sommes mal préparés.
Une citation de Steven Guilbeault, ministre fédéral de l'Environnement et du Changement climatique

Il faut qu'on puisse se doter d'objectifs clairs, a ajouté le ministre.

Les consultations publiques au sujet de la stratégie de résilience face aux changements climatiques débuteront en personne et en ligne la semaine prochaine et le gouvernement souhaite adopter la stratégie dès l'automne.

Mise à jour des données

Si on examine uniquement l'aspect financier, les dommages assurés attribuables à des phénomènes météorologiques extrêmes au Canada ont atteint une valeur de 2,4 milliards de dollars pour l'année 2020, selon la firme torontoise Catastrophe Indices and Quantification.

Pour déterminer combien de Canadiens vivent dans des zones inondables et combien sont à l'abri de catastrophes, encore faut-il travailler avec des données et des cartes qui sont à jour.

Un récent rapport commandé par Sécurité publique Canada au Conseil des académies canadiennes indique que les gouvernements canadiens prennent souvent des décisions basées sur des données météorologiques incomplètes et sur des cartes de zones inondables obsolètes.

Les conséquences de l'utilisation de données périmées peuvent être dramatiques. Par exemple, une municipalité pourrait décider de permettre la construction d'un quartier dans une zone inondable parce que les données qu'elle possède ne sont pas adaptées aux changements climatiques.

Les données sont un élément critique de toute stratégie solide sur l'adaptation aux changements climatiques, a indiqué le ministre Guilbeault en ajoutant qu'agir sans données, c'est [agir] comme une poule pas de tête.

L'importance d'une stratégie nationale

Le ministre Guilbeault a souligné que le gouvernement fédéral peut jouer un rôle en partenariat avec les provinces et avec les municipalités pour mettre à jour les nouvelles cartes de zones inondables, mais par la suite, l'information doit être communiquée aux municipalités et les municipalités doivent à leur tour transmettre l'information aux citoyens.

D'où l'importance que tous les ordres de gouvernement se présentent à la table pour participer à l'élaboration de la stratégie nationale d'adaptation aux changements climatiques, a fait valoir Steven Guilbeault en insistant sur le mot nationale.

On veut jeter les bases de cette stratégie-là, qui n'est pas une stratégie fédérale : c'est une stratégie nationale. Donc, on va travailler de concert avec les provinces, les territoires, les peuples autochtones, les municipalités et les autres intervenants.

Le rapport rédigé par le Conseil des académies canadiennes, qui a été publié en janvier dernier, soulignait d'ailleurs qu'une meilleure collaboration entre les municipalités, les provinces et le fédéral est nécessaire pour accroître la résilience aux catastrophes.

La communication des risques climatiques aux citoyens est également déficiente. Par exemple, le rapport Bâtir un Canada résilient souligne qu'un sondage réalisé en 2016 montrait que seulement 6 % des Canadiens vivant dans une zone désignée propice aux inondations étaient conscients de ce risque.

La défense par les milieux naturels

Une des façons de devenir plus résilient aux changements climatiques consiste à miser davantage sur des solutions basées sur la nature.

Le ministre Guilbeault a cité en exemple le grand parc de l'Ouest, sur l'île de Montréal, qui deviendra le plus grand parc urbain du pays.

Ce vaste parc qui a reçu un investissement de 50 millions de dollars du gouvernement fédéral sera situé à Pierrefonds-Roxboro et doit couvrir une superficie de 30 kilomètres carrés. Il serait alors 15 fois plus grand que le parc du Mont-Royal et huit fois plus grand que Central Park, à New York.

Une des fonctions je dirais presque premières du parc, c'est sa capacité à absorber les crues printanières, donc de limiter les problèmes d'inondations dans ce coin-là du pays, a expliqué le ministre en précisant que c'est beaucoup moins cher d'investir dans ces solutions-là que d'essayer d'investir dans des solutions techniques, technologiques.

C'est certainement ambitieux, mais en même temps, le temps joue contre nous : les catastrophes naturelles, il y en a de plus en plus, alors on a une responsabilité pour bien faire le travail, mais il faut aussi le faire rapidement, a résumé le ministre Guilbeault.

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