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Le G7 soutiendra l’Ukraine « jusqu’à la victoire », l’UE bonifie son aide militaire

La ministre des Affaires étrangères du Canada, Mélanie Joly, et son homologue ukrainien Dmytro Kuleba, marchent côte à côte.

La ministre des Affaires étrangères du Canada, Mélanie Joly, s'entretient avec son homologue ukrainien Dmytro Kuleba lors d'une réunion du G7 à Wangels, dans le nord de l’Allemagne.

Photo : Reuters

RCI

Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 affirment qu'ils soutiendront l'Ukraine « jusqu'à la victoire » contre la Russie, tandis que l'Union européenne (UE) promet une aide militaire supplémentaire de 500 millions d'euros à Kiev.

Nous allons continuer dans la durée à soutenir le combat de l’Ukraine pour sa souveraineté, jusqu’à la victoire de l’Ukraine, a lancé le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, en marge d’une réunion avec ses homologues du G7 à Wangels dans le nord de l’Allemagne.

Nous ne sommes pas en guerre contre la Russie, c’est la Russie qui est en guerre contre l’Ukraine : il y a un agresseur et un agressé et nous soutenons l’agressé.
Une citation de Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères

La cheffe de la diplomatie britannique, Liz Truss, a pour sa part plaidé en faveur d'une bonification de l'aide militaire pour l'Ukraine et de nouvelles sanctions contre la Russie. L’unité du G7 a été vitale pendant cette crise pour protéger la liberté et la démocratie, et nous continuerons à travailler ensemble pour y parvenir, a-t-elle insisté.

Elle a d'ailleurs annoncé que le Royaume-Uni appliquerait de nouvelles sanctions contre 12 proches et financiers du président russe Vladimir Poutine. Parmi les personnes visées figurent son ex-épouse, Lyudmila Ocheretnaya, de même qu'Alina Kabaeva, une ancienne gymnaste olympique qui, selon les rumeurs, serait l'actuelle compagne de Poutine, précise un communiqué.

Nous exposons au grand jour et ciblons le réseau occulte qui soutient le train de vie luxueux de Poutine et resserrons l'étau sur sa garde rapprochée, a déclaré Liz Truss dans le communiqué.

Nous continuerons à appliquer des sanctions sur tous ceux qui aident et sont complices de l'agression de Poutine jusqu'à ce que l'Ukraine l'emporte, a ajouté la ministre britannique.

Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7, qui doivent se réunir jusqu'à samedi, discutent également de l'enjeu de la sécurité alimentaire, alors que le blocus russe sur les principaux ports de l'Ukraine réduit les voix d'exportations (nouvelle fenêtre) pour cet important producteur céréalier.

Les ministres des Affaires étrangères du G7, assis et discutant autour d'une table.

Les ministres des Affaires étrangères du G7 lors d'une séance de travail, à Wangels, dans le nord de l’Allemagne.

Photo : Reuters / POOL

Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a rappelé à Vladimir Poutine la responsabilité particulière de la Russie dans l'approvisionnement alimentaire mondial lors d'un appel téléphonique de 75 minutes.

Le ministre allemand de l'Agriculture a pour sa part condamné les vols de céréales dont sont accusées les troupes russes en Ukraine. La Russie vole et confisque les biens et les céréales dans l'est de l'Ukraine, a déclaré Cem Özdemir aux côtés de son homologue ukrainien, estimant que c'est une manière particulièrement répugnante de mener la guerre.

L'UE promet 500 millions

Également présent à cette réunion du G7, le chef de la diplomatie européenne, Joseph Borrell, a annoncé une aide militaire additionnelle de 500 millions d'euros à l'Ukraine. Cela porte à 2 milliards le financement de l’Union européenne pour soutenir l’effort militaire ukrainien depuis le début de l'offensive russe le 24 février.

M. Borrell a également dit avoir bon espoir que les 27 membres du bloc européen arriveront à s'entendre sur un embargo du pétrole russe au cours des prochains jours.

Invité à la rencontre du G7, le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Dmytro Kuleba, a estimé que l'absence d'un embargo sur le pétrole dans le prochain paquet de sanctions contre Moscou constituerait une rupture de l'unité européenne dans son soutien à Kiev.

Si ce paquet est adopté sans un embargo sur le pétrole, je crois que le président Poutine pourra faire la fête, parce que cela sera la première fois que l'unité de l'Union européenne sera rompue à cause de la position d'un seul pays, la Hongrie.
Une citation de Dmytro Kuleba, ministre ukrainien des Affaires étrangères

La Hongrie, très dépendante de la Russie pour son approvisionnement en énergie, a récemment bloqué un projet d'embargo européen sur le pétrole russe (nouvelle fenêtre). Son premier ministre, Viktor Orban, a qualifié toute tentative en ce sens de ligne rouge à ne pas franchir.

Dmytro Kouleba a également réclamé des pays industrialisés du G7 qu'ils confisquent des avoirs russes. Aujourd'hui, j'ai demandé aux États du G7 d'adopter des législations et de mettre en place toutes les procédures nécessaires afin de saisir des avoirs russes et les donner à l'Ukraine pour la reconstruction du pays.

Le Canada l'a déjà fait (nouvelle fenêtre) et j'ai l'impression que les autres vont le faire aussi tôt au tard, a-t-il ajouté.

L'UE belliqueuse, selon la Russie

Le chef de la diplomatie russe a tiré à boulets rouges sur l’Union européenne, en marge d’un voyage à l’étranger.

L’Union européenne est passée d’une plateforme économique constructive, telle qu’elle a été créée, à un acteur agressif et belliqueux qui affiche déjà ses ambitions bien au-delà du continent européen, a déclaré Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse à Douchanbé, au Tadjikistan.

Il a accusé les Européens de se précipiter exactement sur la voie que l’Organisation du traité de l'Atlantique nord a déjà tracée, confirmant ainsi la tendance à la fusion avec l’Alliance nord-atlantique et serviront, en fait, d’appendice à celle-ci, a ajouté M. Lavrov.

À ce titre, il a jugé que le désir de Kiev devenir membre de l’Union européenne n’est pas anodin.

Sergueï Lavrov assiste à une réunion.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, participe à une réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de la Communauté des États indépendants (CEI) à Douchanbé, au Tadjikistan.

Photo : Reuters / Ministre russe des Affaires étrangères

Par ailleurs, Moscou a recommandé à ses ressortissants de ne pas se rendre au Royaume-Uni en raison de l'évolution extrêmement inamicale des relations entre les deux pays.

De plus, le gouvernement a annoncé durcir les conditions d'obtention d'un visa russe pour les Britanniques, évoquant la difficulté rencontrée par certains Russes pour obtenir un visa britannique.

La Russie a également annoncé l'expulsion de 10 diplomates roumains en représailles à une mesure similaire prise par Bucarest le mois dernier.

Avec les informations de Agence France-Presse et Reuters.

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