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Blaine Higgs veut revisiter le moratoire sur le gaz de schiste

Des travailleurs creusent un puit.

Un moratoire sur la fracturation hydraulique existe au Nouveau-Brunswick depuis 2014. Sur l'image, des travailleurs de la Pensylvannie travaillent sur le site d'un puit de la compagnie Chesapeake Energy, près de Burlington.

Photo : The Associated Press / Ralph Wilson

RCI

La demande mondiale pour le gaz naturel non russe ravive l’intérêt du Nouveau-Brunswick pour le développement de projets liés à son exploitation.

Le premier ministre Blaine Higgs a indiqué mercredi qu’il n'exclut pas de lever le moratoire sur le gaz de schiste.

Blaine Higgs.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick dit depuis longtemps qu'il est en faveur du développement de l'industrie gazière dans la province.

Photo : Radio-Canada

Il faut avoir les consultations, rencontrer les Premières Nations et les communautés. Il faut regarder ça de façon réaliste en fonction de nouveaux critères, a-t-il affirmé en mêlée de presse.

Il existe un moratoire sur la fracturation hydraulique (nouvelle fenêtre) depuis décembre 2014 au Nouveau-Brunswick, après des émeutes causées par l’exploration d’entreprises, notamment dans le comté de Kent.

Manifestation contre le gaz de schiste au Nouveau-Brunswick

Une importante mobilisation populaire en 2013 a freiné la prospection gazière au Nouveau-Brunswick. Le moratoire sur la fracturation hydraulique a été imposé l'année suivante.

Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau

Mais selon Blaine Higgs, les conditions ont changé et il est temps de revisiter le moratoire. Il cite entre autres le prix du gaz naturel qui a explosé et les besoins nationaux et internationaux en matière de sécurité énergétique. 

Nous pourrions être des leaders mondiaux, croit le premier ministre, qui évoquait déjà en 2018 son désir de lever le moratoire (nouvelle fenêtre).

Avancées pour le terminal de GNL

Outre la reprise de l’exploration et de l’exploitation du gaz de schiste, Blaine Higgs, un ancien cadre chez Irving Oil, se réjouit de l’avancée des discussions entre le gouvernement fédéral et l’Espagnole Repsol, qui souhaite faire avancer le projet de terminal de gaz naturel liquéfié à Saint-Jean.

Le terminal Canaport LNG à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick.

L'ancien terminal Canaport LNG à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick a été racheté par l'entreprise espagnole Repsol (archives).

Photo : Radio-Canada

L’Agence Reuters rapportait la semaine dernière qu’Ottawa est en discussion avec des compagnies pour faire avancer des projets de gaz naturel liquéfié sur la côte est (nouvelle fenêtre).

Blaine Higgs dit avoir eu lui aussi des conversations avec la compagnie et trouve que tout cela est très encourageant.

Le premier ministre dit que la balle est maintenant dans le camp du gouvernement fédéral, mais il pense que l’approbation de projets énergétiques, comme celui de Bay du Nord (nouvelle fenêtre) à Terre-Neuve-et-Labrador, montre que le gouvernement de Justin Trudeau comprend l’urgence de trouver des solutions à la crise énergétique.

Cette crise va se poursuivre si nous ne trouvons pas un moyen d’exploiter les ressources qui sont disponibles chez nous, pour nous-mêmes et pour nos alliés de l’OTAN, pense Blaine Higgs.

L’opposition s’insurge

Les propos de Blaine Higgs ont fait sursauter l’opposition.

Kevin Arseneau, le député de Kent-Nord, où se sont déroulées en 2014 de nombreuses manifestations, est déçu.

Kevin Arseneau.

Le député vert de Kent Nord Kevin Arseneau pense que la province doit explorer le développement d'énergies vertes avant de se tourner vers l'exploitation du gaz de schiste.

Photo : Radio-Canada

C’est un déni environnemental face à la crise climatique et finalement ce qu’on voit c’est probablement un ego désinvolte face aux communautés qui ont déjà clairement fait part de leur désaccord , a-t-il exprimé au micro de l’émission La matinale jeudi.

Le chef libéral par intérim Roger Melanson pense que le premier ministre doit être plus clair sur ses intentions relatives au moratoire.

Il y a clairement des conditions avant de lever le moratoire et là il utilise le contexte d’une guerre en Ukraine pour réanimer le développement du gaz de schiste au Nouveau-Brunswick, a indiqué M. Melanson.

Deux ans après l’imposition d’un moratoire, celui-ci avait été prolongé après la publication d’un rapport qui nommait quelles seraient les conditions d’une levée éventuelle. Parmi celles-ci, le gouvernement devrait obtenir l'acceptation sociale, effectuer des études sur la santé et l’environnement, consulter les Premières Nations et créer une structure de redevances appropriées.

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