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Les victimes de la crise des opioïdes sont de plus en plus jeunes, selon une étude

Une seringue, des pilules et de la poudre sont disposés de façon aléatoire.

De 2003 à 2020, on a enregistré 11 633 décès liés aux opioïdes en Ontario, signale cette étude.

Photo : Shutterstock / Chirachai Phitayachamrat

Freddy Mata

La moyenne d'âge des personnes qui meurent à cause de la crise des opioïdes a diminué depuis 20 ans, selon une nouvelle étude.

Ses auteurs se sont penchés sur l'âge et sur le sexe des personnes dont la mort a été liée à la consommation d'opioïdes en Ontario entre 2003 et 2020. Ils ont conclu que l'âge moyen de ces victimes est de plus en plus bas.

De plus, entre 2003 et 2020 en Ontario, 72 % des victimes de la crise étaient des hommes, peut-on y lire.

La moyenne d'âge est passée dans la trentaine

En 2003, le plus haut taux de mortalité lié aux opioïdes oscillait autour de 44 ans chez les hommes et de 51 ans chez les femmes. Or, en 2020, les plus haut taux étaient passés à 35 ans chez les hommes et à 37 ans chez les femmes, peut-on lire dans la section des résultats de cette étude.

Cette étude s'intitule Identifying the Changing Age Distribution of Opioid-Related Mortality with High-Frequency Data [Évolution de la répartition par âge de la mortalité liée aux opioïdes avec des données à haute fréquence, traduction libre]. Elle a été publiée dans le journal Public Library of Science One (PLOS One) mercredi et a été évaluée par les pairs.

Pour en arriver à ces résultats, le groupe de chercheurs ontarien a utilisé des données sur la mortalité du Bureau du coroner en chef de l'Ontario.

Debout devant un fond noir, Patrick Brown fixe l'appareil photo.

Patrick Brown est également chercheur à l'Hôpital Saint Michel à Toronto.

Photo : Fournie par Patrick Brown

72 % d'hommes

D'après nos modèles statistiques, on peut estimer que la mortalité liée aux opioïdes parmi la population plus jeune continuera à augmenter et que la situation actuelle pourrait conduire à des taux de mortalité masculine quatre fois plus élevés que ceux des estimations pré-pandémiques, peut-on lire dans l'étude.

Au cours de la période couverte par cette étude, soit 18 ans, il y a eu un total de 11 633 décès en Ontario liés aux opioïdes qui répondaient aux critères d'inclusion, et 72 % d'entre eux étaient des hommes, y ajoute-t-on.

Patrick Brown, chercheur principal de cette étude et professeur à l’Université de Toronto, rappelle que la crise des opioïdes demeure un problème majeur de santé publique en Ontario. L’expert indique que les résultats de cette étude devraient interpeller les autorités.

La mortalité causée par les opioïdes en Ontario est un problème qui existe depuis longtemps, mais il s'aggrave, dit-il.

Maintenant, ça a changé : chez les hommes comme chez les femmes, c'est plutôt dans la tranche d’âge des plus jeunes dans la trentaine [qu'on a enregistré le plus grand nombre de décès dus aux opioïdes]. C'est donc un phénomène troublant non seulement pour les gens plus âgés mais aussi pour les plus jeunes.
Une citation de Patrick Brown, chercheur et professeur

Les auteurs de l'étude recommandent que les programmes et les politiques visant à réduire la mortalité liée aux opioïdes prennent en compte l'évolution de l'âge des victimes de cette crise. Toute stratégie devrait cibler les individus âgés de 25 à 44 ans, notent les chercheurs.

Ils ajoutent que des stratégies alternatives adaptées devraient aussi être élaborées en faveur des hommes de la tranche d’âge de 55 à 69 ans puisque ces personnes ont elles aussi connu des augmentations relatives des taux de mortalité liés aux opioïdes.

Freddy Mata

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