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Justin Trudeau annonce de nouvelles sanctions contre la Russie

Justin Trudeau s'adresse aux médias.

Le premier ministre Justin Trudeau en point de presse, jeudi

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

RCI

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé de nouvelles sanctions contre la Russie à la suite de l'attaque contre l'Ukraine.

Aujourd’hui, suite à la frappe militaire irresponsable et dangereuse de la Russie, on impose d’autres sanctions sévères, a déclaré le premier ministre en point de presse jeudi.

Ces sanctions visent 62 personnes et organisations, y compris des membres de l'élite russe et leur famille, de même que le Groupe Wagner et de grandes banques russes. Le Canada sanctionnera également des membres du Conseil de sécurité russe, dont les ministres de la Défense, des Finances et de la Justice.

Tous les permis d'exportation vers la Russie existants ont aussi été annulés, et de tels permis ne seront plus délivrés. Aucun bien lié aux secteurs de l’aérospatiale, de la technologie, ou encore des minéraux ne pourra être exporté vers la Russie, a précisé la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, pendant le même point de presse.

Elle a précisé que cette mesure représente un impact de plus de 700 millions de dollars.

Questionnée pour savoir si la réponse de la communauté internationale, qui a réagi en bloc jeudi (nouvelle fenêtre), ne risquait pas de s'effriter avec le temps en fonction des intérêts commerciaux que certains États entretiennent avec la Russie, la ministre Joly a soutenu en entrevue à ICI RDI que le prix d'une guerre est beaucoup plus grand pour la communauté des affaires au niveau international que le prix des sanctions.

Dans les prochains jours, d'autres sanctions vont être ajoutées, a-t-elle promis.

Ces sanctions ont une grande portée, a quant à lui assuré le premier ministre en point de presse. Elles vont entraîner de grands coûts aux élites russes ayant des liens de complicité et elles vont limiter la capacité du président Poutine à continuer de financer cette invasion injustifiée.

L’attaque de la Russie contre l’Ukraine est aussi une attaque contre la démocratie, la loi internationale et la liberté.
Une citation de Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Notre dispute n'est pas avec le peuple russe, a dit M. Trudeau. Elle est avec le président Poutine et le leadership russe qui ont permis et soutenu cette invasion de l'Ukraine.

La vérité, c’est que la Russie viole la souveraineté de l’Ukraine depuis des années, a-t-il ajouté, en rappelant l'annexion de la Crimée en 2014.

Chrystia Freeland prend la parole entourée de Justin Trudeau et de Mélanie Joly.

Le reportage de Christian Noël

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Les coûts humains terribles de cette invasion cruelle relèvent de la responsabilité directe et personnelle de Vladimir Poutine, a déclaré la vice-première ministre Chrystia Freeland lors du point de presse, et elle a qualifié le président russe de dictateur.

Nous savons que le peuple ukrainien, en se battant pour leur vie, pour leur souveraineté, se battent pour nous aussi. Il se bat pour la démocratie, et nous sommes avec eux, a-t-elle ajouté.

Des mesures pour le rapatriement et l'immigration

La santé et la sécurité des Canadiens et des résidents permanents qui se trouvent en Ukraine sont notre priorité absolue, a assuré le premier ministre Trudeau. On a pris des mesures pour que vous et votre famille puissiez traverser en toute sécurité les frontières avec la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie et la Moldavie, a-t-il indiqué.

Des documents de voyage sont délivrés de toute urgence à ces derniers et aux membres de leur famille, a ajouté M. Trudeau. Les demandes d'immigration provenant d'Ukrainiens qui souhaitent venir au Canada sont aussi traitées en priorité, a-t-il assuré. Une ligne téléphonique pour répondre aux questions en lien avec l'immigration ukrainienne sera également mise sur pied.

Le délai pourrait être d'aussi peu que 24 heures, a indiqué Nicole Giles, la sous-ministre adjointe des opérations chez Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Et les autres types de demandes d'immigration sont placées en tête de liste afin d'être traitées plus rapidement.

Au cours des dernières semaines, 2000 demandes d'asile ont été approuvées, a indiqué la haute fonctionnaire, qui a refusé de révéler si le gouvernement a fourni à son ministère une cible à atteindre.

Le premier ministre s'est aussi entretenu jeudi avec le président de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky. Lors de cette conversation, il a réaffirmé le soutien indéfectible du Canada à l’égard de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, a-t-on indiqué par communiqué. Le président Zelensky a de son côté remercié le premier ministre Trudeau d'avoir annoncé des sanctions concrètes et punitives.

Entrevue avec la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly

De nombreuses réactions

Quelques heures avant l'annonce d'Ottawa, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a appelé à des sanctions immédiates les plus sévères imaginables pour arrêter les violences menées par le président Vladimir Poutine.

Il faut étouffer l'économie russe carrément; sans cela, il ne reculera pas. Il faut le faire au point où son amitié toute récente et probablement éphémère avec la Chine ne suffira pas à compenser, parce que sur une base purement militaire, il n'y a jamais d'avenir, a déclaré M. Blanchet, de passage à Québec pour rencontrer le maire Bruno Marchand.

Selon le chef bloquiste, il faut d'abord sortir les Russes de l'Ukraine avant d'envisager d'accueillir des réfugiés ukrainiens au Canada.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a plutôt invité Ottawa à faire tout son possible pour accueillir ceux qui tentent de fuir la zone de conflit.

On doit éviter ce qui s'est passé avec l'Afghanistan, où les gens ont essayé de partir du pays, mais ils n'ont pas eu les moyens d'arriver parce que le système était trop compliqué. On doit avoir un système simple pour accueillir les gens qui veulent quitter [l'Ukraine] en ce moment terrible, a-t-il dit au cours d'un point de presse.

Le reportage de Christian Noël

De leur côté, les conservateurs ont diffusé une déclaration écrite de leur cheffe intérimaire, Candice Bergen, qui condamne l'agression méprisable menée par Vladimir Poutine.

Les autocrates comme Poutine doivent être et seront jugés sévèrement. Les conservateurs sont prêts à défendre l'ordre international fondé sur des règles contre ces graves violations du droit international, a ajouté Mme Bergen.

Les réactions ne sont pas seulement venues de la part des partis d'opposition aux Communes.

L'ambassadeur canadien aux Nations unies, Bob Rae, a également qualifié les récentes actions de Moscou de crimes de guerre grotesques.

Le Canada compte une importante diaspora ukrainienne et plusieurs personnes sont inquiètes de leurs proches dans leur pays d'origine.

L'ancien premier ministre du Canada Stephen Harper a lui aussi publié un message sur Twitter. Il a ainsi écrit qu'il priait pour le peuple de l'Ukraine et a rappelé que le conflit était prévisible, car la guerre du président Poutine en Ukraine a débuté en 2014.

Avec les informations de La Presse canadienne.

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