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Trois Autochtones superviseront le fonds de l’Église pour la réconciliation

Rosella Kinoshameg, Giselle Marion et Wilton Littlechild.

Les directeurs du fonds de réconciliation sont, de gauche à droite, Rosella Kinoshameg, Giselle Marion et Wilton Littlechild.

Photo : Radio-Canada

RCI

Pressée d'accélérer le pas dans sa collecte de fonds destinée aux survivants des pensionnats, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) nomme trois Autochtones pour superviser l'initiative dans une optique de « transparence ».

Le chef Wilton Littlechild, l'infirmière Rosella Kinoshameg et l'avocate Giselle Marion dirigeront le conseil d'administration du fonds, un nouvel organisme de bienfaisance enregistré dont la formation a été annoncée vendredi par communiqué.

Les évêques du Canada sont résolus à faire la lumière sur les traumatismes historiques et actuels causés par le système des pensionnats, a déclaré par ce même communiqué le président de la CECC, Raymond Poisson.

Le chef Wilton Littlechild, lui-même un survivant des pensionnats, est un avocat qui a été commissaire auprès de la Commission de vérité et réconciliation du Canada. Giselle Marion, elle aussi avocate, est directrice du service à la clientèle du gouvernement du Tłı̨chǫ. Rosella Kinoshameg, une infirmière odawa-ojibwée, fait quant à elle déjà partie du CECC.

Les évêques canadiens s'étaient engagés l'an dernier à amasser 30 millions de dollars (nouvelle fenêtre) d'ici cinq ans dans ses 73 diocèses du pays.

Selon la CECC, la création de cette nouvelle entité de gestion du fonds vise à assurer la transparence de son fonctionnement et sa bonne gouvernance.

Les administrateurs du fonds devront publier des rapports annuels et seront soumis à un audit par un cabinet comptable indépendant chaque année, a indiqué la CECC.

Nous nous engageons dans une démarche financière collective et nous nous laisserons guider par l'expérience et la sagesse des peuples autochtones du pays, a indiqué M. Poisson.

La CECC entrevoit quatre priorités à l'occasion de la distribution de l'argent : la guérison et la réconciliation des communautés et des familles; la revitalisation de la culture et de la langue; l'éducation et le développement communautaire; et le renforcement du dialogue pour promouvoir la spiritualité et la culture autochtones.

Une précédente campagne décevante

Dans le cadre de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens de 2006, des groupes catholiques avaient été tenus de verser des dizaines de millions de dollars, dont 29 millions  (nouvelle fenêtre)à la Fondation autochtone de guérison.

Ces groupes avaient aussi été tenus de collecter 25 millions sur sept ans (jusqu'en 2013) afin de financer des programmes de guérison. Or, une décision de justice controversée rendue en 2015 ne leur a permis de recueillir que 4 millions sur l'objectif initial de 25.

Dans le communiqué, les évêques reconnaissent que cette précédente campagne avait suscité beaucoup de déception. La CECC n'a pas été signataire de cette convention, mais reconnaît les lacunes de cette campagne et en tire d'importantes leçons.

Le rôle joué par l'Église catholique dans les pensionnats fédéraux pour Autochtones a resurgi l'année dernière après la découverte de tombes anonymes sur les terrains d'anciennes écoles.

On estime que 150 000 enfants autochtones et métis ont été forcés de fréquenter des pensionnats fédéraux. Plus de 60 % de ces écoles étaient tenues par des membres de l'Église catholique.

Avec les informations de La Presse canadienne.

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