1. Accueil
  2. Science
  3. Santé

Aucun danger à reprendre l’activité physique 72 h après une commotion cérébrale

On voit un cerveau humain affecté par une commotion.

Pas moins de 456 jeunes répartis ont participé à l'essai clinique.

Photo : iStock

RCI

Non seulement il n’est pas dangereux de reprendre l’activité physique sans contact trois jours après avoir subi une commotion cérébrale, mais cette reprise peut également réduire les symptômes et le risque de retard dans le rétablissement, montre une étude de l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO), associé à l’Université d’Ottawa.

Fini les jours de repos dans une pièce sombre, estime Andrée‑Anne Ledoux, de l’Université d’Ottawa.

Ces résultats ont été obtenus à la suite du premier et plus grand essai clinique randomisé effectué dans le monde réel sur le sujet, chez les enfants et les adolescents de 10 à 18 ans.

Repères

  • Lorsqu’une personne reçoit un coup à la tête ou au corps, son cerveau bouge à l’intérieur de son crâne. Ce mouvement peut causer un traumatisme crânien léger appelé commotion cérébrale.
  • Les symptômes varient d’une personne à l’autre. Ils comprennent des maux de tête, des étourdissements, des troubles de la concentration et de la vision, ainsi qu’une certaine confusion.
  • De la fatigue et des nausées sont aussi courantes. De la sensibilité à la lumière et au bruit est également observée.
  • Dans les cas plus graves, une perte de connaissance de quelques minutes et une amnésie peuvent aussi survenir.
  • Certaines personnes peuvent être complètement asymptomatiques ou ressentir de premiers symptômes quelques jours après l’impact.

Pas moins de 456 jeunes répartis en deux groupes ont participé à cet essai clinique. Un premier groupe s’est reposé jusqu’à la résolution des symptômes après sa commotion cérébrale, alors que le deuxième a commencé à réintroduire l’activité physique 72 heures après la commotion, selon un protocole établi.

Pendant l'étude, les participants ont répondu régulièrement à un sondage concernant leurs symptômes. Leurs niveaux d’activité ont été enregistrés à l’aide d’un accéléromètre.

Deux semaines après la commotion, les symptômes des jeunes étaient comparables entre les deux groupes. Selon les chercheurs, cela indique que l’activité physique précoce n’était pas nocive.

Toutefois, les chercheurs ont découvert que ceux qui ont réintroduit l’activité physique tôt ont montré une amélioration des symptômes et un taux réduit de retard de rétablissement, comparativement à ceux qui se sont reposés jusqu’à ce qu’ils soient exempts de symptômes.

Les résultats de cette étude devraient donner à chaque professionnel de la santé qui s’occupe d'enfants atteints de commotions la confiance de prescrire un retour rapide et contrôlé à l’activité physique, même s’ils présentent des symptômes, affirme Andrée‑Anne Ledoux dans un communiqué publié par l’Institut.

Cette étude a aussi permis d’établir des lignes directrices pour réintroduire progressivement l’activité physique dans la routine quotidienne d’un enfant ou d’un adolescent. Ainsi, 72 heures après la blessure, le jeune devrait commencer à marcher pendant 15 minutes à un niveau modéré. Ensuite, si les symptômes demeurent tolérables, il devrait augmenter l'intensité de son activité physique le lendemain, par exemple, en effectuant un jogging léger.

Les autres essais cliniques randomisés menés sur le sujet étaient plus restreints et effectués en laboratoire ou n’ont utilisé qu’une population sportive, notent les auteurs de ces travaux publiés dans le British Journal of Sports Medicine (nouvelle fenêtre) (en anglais).

Si les symptômes ne sont pas tolérables pendant l’activité physique ou après l’activité physique, le lendemain, l’enfant ou le jeune devrait revenir à la dernière intensité d’activité physique bien tolérée et réessayer de progresser après 24 heures, note le communiqué.

Il est important que le jeune reçoive l'autorisation d'un médecin avant de retourner à des sports de contact.

À la une