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L’Ontario est la première province à autoriser les casinos privés en ligne

Des cartes et des jetons de poker sont posés sur un clavier d'ordinateur.

Les sites existants fonctionneront légalement en Ontario mais devront verser 20 % de leurs profits au gouvernement.

Photo : iStock

RCI

Trois ans après avoir annoncé son intention de légaliser les casinos en ligne, l'Ontario ouvre finalement son marché. Dès le 4 avril, les exploitants privés qui se sont inscrits auprès de la province vont verser des redevances en échange d'un accès légal.

L'industrie estime que les Ontariens dépensent quelque 500 millions de dollars par an en jeux d'argent sur Internet, dont la quasi-totalité auprès de sociétés basées à l'étranger, qui ne paient donc pas d'impôts en Ontario. Le gouvernement provincial estime ce chiffre à un milliard de dollars.

La Société des loteries et des jeux (OLG), la seule entité autorisée à offrir officiellement ces jeux jusqu'à maintenant, ne récolte qu’une petite partie de cette somme avec PlayOLG, son propre casino en ligne.

« Jeux en ligne Ontario », l'agence qui va réglementer ce marché, promet qu'il y aura des normes rigoureuses et une meilleure offre pour les consommateurs. Les nouveaux revenus serviront à financer des programmes et des services, écrit sa directrice générale, Martha Otton, dans un communiqué.

L’interdiction d’accès aux personnes mineures, le respect des lois applicables, y compris des règles et des règlements en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, et l'adoption de mesures pour favoriser le jeu responsable ne sont que quelques exemples de ce à quoi peuvent s’attendre les consommateurs sur le nouveau marché.

20 % des profits à l'Ontario

Un homme porte des lunettes sur lesquelles se reflètent un écran d'ordinateur et un site de jeu.

Des centaines de milliers d'Ontariens jouent à des jeux de hasard en ligne qui ne sont pas légaux, selon les estimations du gouvernement.

Photo : getty images/istockphoto / Tero Vesalainen

Des sites tels que PokerStars, JackpotCity et Bet99 font beaucoup de publicité auprès du public ontarien et rien n'empêchait jusqu'à maintenant les résidents de l'Ontario de jouer en ligne sur des sites basés dans d'autres pays.

À partir du 4 avril, toutefois, ils pourront fonctionner en toute légalité à la condition de verser 20 % de leurs profits à la province, ont confié des sources de l'industrie à CBC News.

À titre de comparaison, l'Ontario récolte 55 % des profits des casinos établis sur son territoire.

Le nouveau marché ontarien ne plaît d'ailleurs pas à tous. Plus tôt ce mois-ci, un rapport confidentiel obtenu par CBC et par d'autres médias (nouvelle fenêtre) évaluait que la province pourrait perdre des revenus de 2,8 milliards de dollars en cinq ans puisque les casinos en ligne seraient moins imposés et grugeraient les parts de marché.

Ce rapport a été commandé par Great Canadian Gaming, la société qui détient la plus grande part du marché des casinos en présentiel en Ontario. Son PDG, Tony Rodio, s'est dit déçu par l'annonce de vendredi, qui met à risque des milliers d'emplois bien payés et des milliards de dollars en revenus publics, selon lui.

Great Canadian Gaming favorise des règles du jeu justes et compétitives, mais malheureusement, c'est loin d'être le cas avec le cadre légal actuel de Jeu en ligne Ontario, écrit Tony Rodio dans un communiqué.

La province devient la première au pays à légaliser ces plateformes privées. À l'opposé, le Québec tient mordicus (nouvelle fenêtre) à son monopole et l'Alberta a préféré lancer sa propre plateforme.

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