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Le pic de la 5e vague franchi au Canada, estime la santé publique

Theresa Tam s'adresse aux journalistes.

L'administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, estime que le pic de propagation de la vague Omicron serait derrière nous.

Photo : (Adrian Wyld/The Canadian Press)

Stéphane Bordeleau

Les plus récentes données recueillies par l'Agence de la santé publique du Canada suggèrent un recul de 28 % de la moyenne des nouveaux cas quotidiens de COVID-19 par rapport à la semaine dernière au pays. Cela permet de penser que le pic de la vague Omicron serait derrière nous, estime avec prudence l'administratrice en chef de la santé publique, la Dre Theresa Tam.

En point de presse, vendredi, en compagnie du ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, et de son collègue Howard Njoo, sous-administrateur en chef de l'Agence de la santé publique du Canada, la Dre Tam a expliqué que le nombre de cas signalés demeurait à des niveaux record.

Elle a aussi noté qu'il constitue toujours une sous-estimation du nombre réel d’infections, ajoutant que de multiples indicateurs suggèrent que les infections ont atteint un pic au niveau national, notamment le nombre de cas quotidiens, la positivité des tests, les taux de reproduction réels (RT), les tendances et la surveillance des eaux usées.

Selon les données du 26 janvier, le nombre moyen de cas quotidiens sur sept jours, qui est actuellement de plus de 19 000, a reculé de 28 % par rapport à la semaine précédente et l’incidence diminue dans tous les groupes d’âge, constate l'Agence de la santé publique.

Le taux moyen de positivité sur sept jours des tests de dépistage effectués en laboratoire, qui est toujours très élevé, à 19 %, continue néanmoins à baisser au Canada, accusant un recul de 14 % par rapport aux données de la semaine précédente.

Les hospitalisations et décès encore très élevés

Mais la partie est encore loin d'être gagnée, a prévenu la Dre Tam, notamment en raison des hospitalisations et des décès qui demeurent très élevés à travers tout le pays.

Ce qui lui fait dire que même si la courbe des cas redescend, le virus peut réserver encore bien des surprises aux Canadiens, notamment dans les hôpitaux qui sont surchargés.

Selon les données provinciales compilées, le 27 janvier, on comptait 10 570 personnes hospitalisées en raison de la COVID-19 au Canada, en baisse de 397 par rapport aux données de la veille qui affichaient un record pandémique de 10 967 hospitalisations au pays.

Toujours le 27 janvier, on comptait 1190 patients traités dans des unités de soins intensifs à travers le pays, soit 20 de moins que la veille.

Des données qui sont encore très élevées, soulignent les dirigeants de la santé publique, et qui peuvent encore augmenter, même si le nombre de cas quotidien est à la baisse, préviennent-ils.

Feu vert du Comité consultatif national de l'immunisation pour la double vaccination des enfants

Un enfant se fait vacciner.

Le CCNI recommande fortement que les enfants de 5 à 11 ans reçoivent deux doses du vaccin pédiatrique de Pfizer pour faire face à Omicron.

Photo : Reuters / Jonathan Cherry

Sur le front de la vaccination, qui demeure toujours l'arme la plus efficace pour combattre la COVID-19, souligne le Dr Howard Njoo, le Comité consultatif national du Canada (CCNI) a mis à jour mardi ses recommandations sur l’utilisation du vaccin à ARN messager pour les enfants de 5 à 11 ans et celles pour les adolescents de 12 à 17 ans aujourd’hui.

Selon le Comité consultatif national de l'immunisation, bien que les enfants et les adolescents courent un risque faible de subir des conséquences graves par rapport aux personnes plus âgées, les taux sensiblement plus élevés d’infection par le variant Omicron ont entraîné une hausse du nombre d'hospitalisations dans ce groupe d'âge.

Par conséquent, le Comité consultatif national de l'immunisation recommande désormais fortement que les enfants de 5 à 11 ans reçoivent une série complète de deux doses de 10 microgrammes du vaccin pédiatrique à ARN messager de Pfizer avec une période d’au moins huit semaines entre la première et la deuxième dose. Il recommande également une troisième dose pour les enfants de ce groupe d’âge ayant une immunodéficience modérée ou grave.

Pour les adolescents de 12 à 17 ans, le Comité consultatif national de l'immunisation recommande aussi fortement une série complète de vaccins à ARN messager, y compris une troisième dose pour les immunodéprimés.

Pour les adolescents plus susceptibles de développer des conséquences plus graves en raison de risques biologiques ou sociaux accrus, le Comité consultatif national de l'immunisation recommande une dose de rappel au moins six mois après la réception de la deuxième dose, a expliqué le Dr Howard Njoo.

Rappelons que seulement 53 % des enfants canadiens de 5 à 11 ans ont reçu une première dose alors que 82 % des 12 ans et plus ont eu leurs deux doses et 48 % leur troisième dose.

Le sous-variant BA.2 surveillé de près

En ce qui a trait à la prolifération du nouveau sous-variant BA.2 signalé au Canada (nouvelle fenêtre), une centaine de cas de cette nouvelle version d’Omicron ont déjà été identifiés au pays par le laboratoire de microbiologie national et les laboratoires associés, a confirmé la Dre Theresa Tam.

Nous savons que nous l’avons décelé depuis novembre 2021. Nous sommes l’un des premiers pays à l’avoir décelé, a souligné la Dre Tam, en précisant toutefois que les scientifiques doivent en apprendre encore sur l’impact de ce sous-variant.

Les données internationales laissent entendre qu’il a peut-être une prolifération plus facile, mais on ne dirait pas qu’il cause une augmentation des hospitalisations ou de la gravité des symptômes comparativement à BA.1. Mais nous suivons la situation de très près, a ajouté l'administratrice en chef de la santé publique.

De son côté, l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a confirmé jeudi que le sous-variant d'Omicron BA.2 avait été détecté par séquençage chez cinq voyageurs ayant transité par Montréal jusqu’à maintenant.

Stéphane Bordeleau

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