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Des gyms et salles d’entraînement défient Québec

Des poids et haltères alignés sur une tablette dans un centre d'entraînement.

Au Québec, le gouvernement a ordonné la fermeture des salles d'entraînement le 20 décembre.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Alain Rochefort
Camille Carpentier

Des propriétaires de salles d'entraînement font pression pour que le gouvernement Legault permette au plus vite la réouverture des gyms du Québec.

Pour ce faire, une journée de mobilisation se tiendra dimanche au cours de laquelle les propriétaires de salles d'entraînement, fermées depuis le 20 décembre dernier (nouvelle fenêtre), sont appelés à ouvrir leurs portes tout en respectant les mesures sanitaires.

Contrairement au sport parascolaire qui reprendra (nouvelle fenêtre) lundi, aucune date n’a été avancée pour le déconfinement du sport pour les adultes, ce que déplorent les gyms qui se sentent oubliés.

Image entachée par le Mega Fitness Gym

Pas question, toutefois, pour les instigateurs de la journée de dimanche d'être associés au Méga Fitness Gym 24 h de Daniel Marino, où une importante éclosion de COVID-19 (nouvelle fenêtre) est survenue en mars dernier.

La façade du Méga Fitness Gym de Québec.

La façade du Méga Fitness Gym de Québec

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Au contraire, Karim El Hlimi, qui a lancé le mouvement sur les réseaux sociaux mercredi, veut que cesse la mauvaise publicité à l’égard des salles d’entraînement.

On doit vivre avec les répercussions d’un exemple que tout le monde connaît, qui n’a pas respecté les règles sanitaires, déplore-t-il dans une vidéo publiée sur Facebook.

M. El Hlimi est aujourd'hui propriétaire du club Le vestiaire, à Montréal, anciennement connu sous le nom de gym Le vestiaire. Nous avons dû enlever ‘’gym’’ complètement de notre nom, car nous sommes constamment associés à des préjugés qui se réfèrent au terme "gym".

Pendant ce temps-là, tu peux facilement acheter du pot, acheter de l’alcool, manger du fast food. Ça n’a jamais été aussi facile de détruire sa santé physique et mentale, ça n’a jamais été aussi difficile de s’occuper de notre santé.
Une citation de Karim El Hlimi, propriétaire, club Le vestiaire
Un gym désert.

Les salles d'exercice et gyms sont fermés depuis le 20 décembre.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Le mouvement prend de l'ampleur

Le propriétaire de Crossfit Lac-Beauport, Mathieu Corriveau, participera au mouvement. Il ouvrira ses portes dimanche et offrira quelques cours à ses abonnés.

Il a avisé les policiers, car il veut éviter tout dérapage et respecter l'ensemble des mesures sanitaires.

Ce qu'on voit dans les dernières statistiques, c'est que 40 % des Canadiens ont pris du poids dans les deux dernières années. Et pour nous, notre mission, c'est de prendre ces gens-là et les mettre en santé pour ne pas engorger notre système de santé.

Mathieu Corriveau, propriétaire de Crossfit Lac-Beauport.

Mathieu Corriveau a l'intention d'ouvrir les portes de son gym dimanche, même si la santé publique n'a pas permis la reprise du sport en salle pour les adultes.

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

L’entrepreneur ne comprend pas pourquoi aucune date de réouverture n’a encore été avancée par le gouvernement.

C'est comme si le gouvernement ne comprend pas qu'on est la première ligne d'intervention pour remettre les gens en forme pour éviter d'engorger le système de santé.

Des professionnels désespérés

Le Conseil canadien de l'industrie du conditionnement physique n’encourage pas le mouvement de désobéissance civile qui se prépare dimanche. Son porte-parole, Gabriel Hardy, invite toutefois le gouvernement à être à l’écoute de la détresse des propriétaires de gym, qui ont été forcés de fermer les portes de leur commerce durant 14 des 22 derniers mois.

C'est un cri de cœur de gens désespérés au bout du rouleau, dit-il. Le gouvernement doit entamer des discussions avec nous pour qu'on puisse représenter nos membres et avoir des barèmes sur lesquels se baser.

Gabriel Hardy.

Le propriétaire du gym Le Chalet, Gabriel Hardy, est déçu de la décision du gouvernement d'ordonner la fermeture des salles de sport le 20 décembre dernier.

Photo : Radio-Canada

Il affirme que la forte majorité des propriétaires de salles d’entraînement ont mis en place des mesures sanitaires efficaces à l'intérieur de leur établissement. Selon lui, le gouvernement n’a pas de raison valable de prolonger la fermeture des gyms.

Ce n'est pas une raison scientifique, c'est une raison politique.
Une citation de Gabriel Hardy, porte-parole, Conseil canadien de l'industrie du conditionnement physique

Le gouvernement invite à la patience

Invité à commenter, le cabinet de la ministre déléguée à l'Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, affirme comprendre l’impatience de plusieurs Québécois à reprendre la pratique du sport.

Nous continuons notre collaboration avec la santé publique et les partenaires du milieu pour revenir progressivement à une pratique sportive la plus normale possible dans les meilleurs délais, indique l’attachée de presse de la ministre, Alice Bergeron. D’ici là, la façon de mettre en place les conditions gagnantes pour le retour du sport, c’est de continuer à suivre les consignes sanitaires et de respecter les recommandations de la santé publique.

Avec la collaboration d'Hadi Hassin

Alain Rochefort, journaliste à Radio-Canada.
Alain Rochefort
Camille Carpentier, journaliste à Radio-Canada.
Camille Carpentier

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