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Ottawa octroie 14 millions de dollars pour soutenir les femmes autochtones

La ministre des Femmes et de l’Égalité des genres et de la Jeunesse, Marci Ien, en Chambre.

La ministre des Femmes et de l’Égalité des genres et de la Jeunesse, Marci Ien

Photo : La Presse canadienne / Patrick Doyle

Philippe Granger

Ottawa versera plus de 14 millions de dollars à des organismes afin de soutenir des projets visant à stimuler la participation économique des femmes autochtones à travers le pays. La ministre des Femmes et de l’Égalité des genres et de la Jeunesse du Canada, Marci Ien, en a fait l'annonce, ajoutant que cette somme servira à prévenir et à éliminer la violence fondée sur le sexe.

L’annonce a été faite par diffusion directe sur la page Facebook du ministère. L’attachée de presse de la ministre a par ailleurs confirmé que ce déploiement financier s’inscrivait dans l’engagement de 601,3 millions de dollars sur cinq ans déjà prévu dans le budget 2021 afin de mettre fin à la violence fondée sur le genre.

La ministre a rappelé que vivre une vie sans violence est un droit humain fondamental, ajoutant que la violence basée sur le sexe continue à être un obstacle important à l’atteinte de l’égalité des genres au Canada.

Nous avons tous constaté que la pandémie de COVID-19 a amplifié ce problème et a créé des défis sans précédent pour les survivants et les victimes de violences basées sur le sexe.
Une citation de Marci Ien, ministre des Femmes et de l’Égalité des genres et de la Jeunesse du Canada

L’annonce était suivie d’une discussion avec l’Association nationale des sociétés autochtones de financement et la First Peoples House of Learning (Université Trent), toutes deux visées par ce soutien financier.

La majorité des organismes soutenus sont en Colombie-Britannique, au Manitoba et en Ontario. La British Columbia Association of Aboriginal Friendship Centres, et son projet pour renforcer la capacité de lutter contre la VFS [violence fondée sur le sexe] faite aux personnes autochtones, aura droit à la plus grosse enveloppe, bénéficiant ainsi d’un financement de 1 366 878 $.

L’octroi de 694 000 $ à la direction de la condition féminine du gouvernement du Yukon pour le financement du renforcement des capacités des organismes du territoire s’avère aussi être un des soutiens les plus importants.

La ministre Marci Ien a également profité de l’occasion pour annoncer un appel de proposition à hauteur de 55 millions de dollars en lien avec la prévention des violences à caractère sexuel, qui sera lancé ce jeudi.

Des projets soutenus au Québec

Deux des 34 projets soutenus sont ancrés au Québec. Basé à Gatineau, le Centre d’innovation des Premiers Peuples pourra développer son projet Femmes autochtones et compétences numériques : le concept ONAKI grâce à la somme de 434 396 $ qui lui sera octroyée.

Puakuteu, le comité de femmes de Mashteuiatsh, recevra quant à lui 281 136 $ pour mettre en œuvre son projet Femmes d’actions, femmes de décisions!. La directrice générale de l’organisme, Bernadette Girard, sait depuis décembre que son organisme sera soutenu. C’était un beau cadeau de Noël!, a-t-elle indiqué.

Quand on est une organisation communautaire, des demandes de financement, on en fait beaucoup, et il n’y en a pas beaucoup avec lesquelles on a du succès.
Une citation de Bernadette Girard, directrice générale de Puakuteu, le comité de femmes de Mashteuiatsh

Le projet soutenu se veut une relance féministe faisant suite à la pandémie de COVID-19. L’opération cherche à mettre en place un centre d’action pour répondre aux besoins des femmes par un organisme communautaire, et non pas par le réseau institutionnel, qui, selon Bernadette Girard, suscite de la méfiance chez de nombreuses femmes autochtones.

Toujours selon la directrice générale, cela s’expliquerait notamment par le fait que la plupart des femmes utilisant ces services sont des survivantes de pensionnats, faisant en sorte que l’organisme est parfois le premier appelé lors d’un drame auprès de familles. Nous, on est contentes comme administratrices, mais les femmes [desservies] sont encore plus contentes que nous, constate-t-elle.

Philippe Granger

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