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Une campagne de « main tendue » pour rejoindre les non-vaccinés au Québec

Le déploiement de cliniques éphémères utilisant une « approche positive » démarrera à Montréal.

Trois personnes attendent près d'une pancarte où on peut lire : « Bravo, vous êtes maintenant vacciné! »

Québec mise sur une « approche positive » pour convaincre les non-vaccinés.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Jérôme Labbé porte une chemise bleu clair à motifs.
Jérôme Labbé

Le gouvernement Legault s'est doté d'une stratégie pour convaincre les adultes qui ne sont pas encore vaccinés contre la COVID-19 de se rendre dans les cliniques prévues à cet effet, mais n'entend pas pour l'instant contacter individuellement les plus récalcitrants pour les affronter.

Au contraire, Québec poursuivra sa politique de la main tendue, ont fait savoir lundi le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux du Québec, Lionel Carmant, et le directeur de la campagne de vaccination québécoise, Daniel Paré, lors d'une conférence de presse tenue à Montréal.

On veut aller à la rencontre des gens sur le terrain, leur expliquer les bienfaits de la vaccination en utilisant une approche positive.
Une citation de Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux du Québec

La campagne débutera dans la métropole – et particulièrement dans les quartiers à faible couverture vaccinale – avant d'être étendue au reste du Québec d'ici le 31 mars. Et si ça marche super bien, on prolongera, a mentionné le ministre.

Ainsi, une clinique éphémère ouvrira dès jeudi au CLSC Sainte-Catherine, dans le Quartier des spectacles. D'autres seront mises en place par la suite. Lionel Carmant aimerait qu'une dizaine de cliniques [soient ouvertes] à la fois pour une durée d'une ou deux semaines.

Le ministre met beaucoup d'espoir dans cette initiative. Quand on a fait des cliniques éphémères, l'été dernier, on est passé de 1,2 million à 600 000 personnes non vaccinées à peu près – et en plus, c'était des cliniques ponctuelles, a-t-il souligné.

Interrogé sur les endroits qui mériteraient d'accueillir de telles cliniques, Lionel Carmant est demeuré flou, tout comme Daniel Paré, qui s'est contenté d'évoquer des régions comme Chaudière-Appalaches et l'Estrie.

Un « Je contribue universitaire »

Le gouvernement Legault a annoncé par ailleurs avoir conclu un partenariat avec l'Université de Montréal pour mobiliser des étudiants en médecine et en soins infirmiers grâce à un système baptisé « Je contribue universitaire ». Environ 2000 invitations seront envoyées.

Les étudiants qui participeront à ce programme seront rémunérés pour faire de la sensibilisation sur le terrain, mais aussi pour agir comme vaccinateur ou évaluateur dans les cliniques. D'autres universités seront également approchées pour conclure des partenariats similaires.

En outre, une ligne téléphonique sera mise à la disposition des Québécois qui souhaiteraient discuter avec un professionnel de la santé de leurs hésitations et de leurs craintes par rapport à la vaccination.

Les mesures présentées lundi n'ont pas été chiffrées.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, en conférence de presse.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a élaboré un plan à la demande du premier ministre François Legault pour vacciner les adultes qui ne le sont pas encore.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Rejoindre les antivaccins, mais pas seulement

À l'heure actuelle, 92 % de la population adulte du Québec a reçu une première dose de vaccin contre la COVID-19. Cependant, environ 540 000 personnes âgées de 18 ans et plus n'en ont reçu aucune.

Mais il faut faire attention aux amalgames, car plusieurs raisons font que des personnes ne vont pas aller chercher le vaccin, a soutenu le ministre Carmant, lundi.

Si certains adultes résistent à la vaccination, d'autres n'ont tout simplement pas accès à toute l'information nécessaire en raison de la barrière de la langue. Dans certains quartiers de Montréal, par exemple, les non-vaccinés sont plus nombreux que la moyenne.

Pour cette raison, le gouvernement Legault tentera de se rapprocher des différentes communautés plutôt que d'entrer dans une logique d'affrontement individuel avec les plus récalcitrants, a expliqué lundi le ministre Carmant, qui a confié ne pas avoir de plan B par rapport à la stratégie présentée lundi.

On va travailler avec les leaders locaux [ainsi que] les organismes communautaires et passer par des gens significatifs et issus du milieu, a-t-il illustré, ajoutant que plusieurs actions prévues dans le plan étaient déjà en cours et que celles-ci se poursuivront dans les prochaines semaines.

Nous, ce qu'on vient [faire], c'est ajouter de l'intensité à quelque chose qui marchait déjà, a fait valoir le ministre, lundi. Mon but, ce n'est pas de réinventer la roue : c'est de rendre plus efficace des mesures qui existent déjà.

Treize mois de vaccination

La campagne de vaccination du gouvernement québécois s'est amorcée en décembre 2020. Depuis, plus de 17 millions de doses ont été injectées.

Les mesures présentées lundi permettront d'ailleurs de sensibiliser un maximum de Québécois à l'importance des deuxième et troisième doses de vaccin anti-COVID, ont fait remarquer lundi MM. Carmant et Paré.

Le premier ministre Legault avait annoncé la semaine dernière (nouvelle fenêtre) avoir confié à Lionel Carmant la mission de rejoindre les adultes québécois qui ne sont pas encore vaccinés contre la COVID-19.

Le ministre dit avoir accepté ce mandat avec plaisir. Mais il a refusé lundi de quantifier ses objectifs. J'ai un chiffre en tête, mais je vais me garder la réserve de ne pas le partager, a-t-il tranché.

Chaque dose qu'on va chercher, c'est un gain, a résumé le ministre, lundi. C'est comme ça qu'on veut approcher la situation, la campagne qu'on veut mettre sur pied. Et ceux qui ne voudront pas se faire vacciner, ils ne le seront pas.

La carotte ou le bâton

Cela dit, le gouvernement Legault n'a pas hésité, dans les derniers mois, à utiliser des moyens punitifs pour amener les Québécois à accepter de se faire vacciner contre la COVID-19.

Même si leurs activités sont paralysées depuis décembre, les gestionnaires de restaurants, de bars, de salles de sports et de lieux de divertissement – musées, cinémas, théâtres, etc. – doivent obligatoirement demander à leurs clients de présenter un passeport vaccinal à leur arrivée.

Cette preuve est également exigée dans les succursales de la Société des alcools du Québec et de la Société québécoise du cannabis depuis la semaine dernière, ainsi que dans les magasins de détail à grande surface, comme Walmart et Costco (nouvelle fenêtre), depuis lundi.

Enfin, le gouvernement Legault a annoncé son intention d'imposer une « contribution santé » significative (nouvelle fenêtre) aux adultes qui refusent le vaccin sans raison médicale – une mesure qui sera étudiée à l'Assemblée nationale lorsque les parlementaires seront de retour à Québec, la semaine prochaine.

Avec les informations de La Presse canadienne.
Jérôme Labbé porte une chemise bleu clair à motifs.
Jérôme Labbé

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