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Un projet pour maintenir la biodiversité et améliorer la santé des Autochtones

Une femme jette des semences dans un champ.

En Thaïlande, les femmes jouent un rôle important en s'occupant des semences dans le cadre de l'agriculture tournante.

Photo : Gracieuseté : Boonsri Chalakkanok

RCI

Un projet de l'Université de l'Alberta propose de suivre le conseil d'un aîné cri Whapmagoostui du Québec : si la terre n'est pas saine, comment pouvons-nous l'être?

Pour freiner le déclin de la biodiversité et améliorer la santé des peuples autochtones, le projet Ărramăt est une collaboration de plus de 150 organisations et gouvernements autochtones du monde entier.

Il est dirigé par des Autochtones, combinant les connaissances traditionnelles et les disciplines scientifiques occidentales. Le gouvernement fédéral a récemment accordé au projet de six ans un financement de 24 millions de dollars.

Souvent, les Autochtones du monde entier sont considérés comme des militants ou des détenteurs de connaissances traditionnelles, mais ils ne font pas partie intégrante de l'équipe de recherche, a indiqué Kim Tallbear, professeure à la Faculté des Études autochtones de l'Université de l'Alberta et collaboratrice de l'étude.

Kim Tallbear.

Kim TallBear, professeure agrégée à la faculté des études autochtones de l'Université de l'Alberta, collabore au projet Ărramăt visant à freiner le déclin de la biodiversité et améliorer la santé des peuples autochtones.

Photo : Photo fournie par Kim TallBear

Je pense que cela incitera davantage à recruter des Autochtones pour la recherche, a ajouté Mme Tallbear à l'émission Radio Active de CBC Edmonton.

Mme Tallbear organise des stages d'été pour les Autochtones en génomique, qui est l'étude des gènes d'une personne.

Avec le projet Ărramăt, elle espère étendre son programme de formation à des communautés plus éloignées, pour que les étudiants autochtones puissent apprendre la science en laboratoire, rendant ainsi la science plus accessible.

Les Autochtones sont liés à un lieu, et nous n'avons pas toujours envie de nous déplacer dans le monde entier.
Une citation de Kim Tallbear, professeure à la Faculté des Études autochtones de l'Université de l'Alberta

Une santé liée à la terre

Le terme Ărramăt décrit un état de bien-être partagé par l'environnement, les animaux et les humains.

Il vient du tamasheq, une langue autochtone parlée par le peuple touareg, dont les terres ancestrales comprennent des régions d'Algérie, du Burkina Faso, de Libye, du Mali et du Niger.

Selon Mme Tallbear, la biodiversité et la santé des peuples autochtones vont de pair, car de nombreuses cultures dépendent de la terre pour survivre.

Environ un million d'espèces animales et végétales sont menacées d'extinction, dont beaucoup devraient disparaître d'ici quelques décennies, selon un rapport de 2019 utilisé par les Nations unies.

Alors que les peuples autochtones représentent moins de 5 % de la population mondiale, environ 80 % de la biodiversité sur Terre se trouve sur les territoires autochtones traditionnels, selon un communiqué de l'Université de l'Alberta.

Le rétablissement de l'autorité réglementaire et du contrôle scientifique des peuples autochtones sur leurs territoires traditionnels n'aide pas seulement les écosystèmes, a affirmé Mme Tallbear, mais rétablit également l'autorité culturelle et le dynamisme des communautés autochtones.

La santé autochtone n'est pas seulement la santé du corps à laquelle nous pensons habituellement, mais aussi la santé émotionnelle et la santé culturelle.
Une citation de Kim Tallbear, professeure à la Faculté des études autochtones de l'Université de l'Alberta

Une collaboration mondiale

Les autres recherches menées dans le cadre de ce projet mondial sont celles du Parc de la pomme de terre du Pérou, qui s'appuie sur les connaissances ancestrales des agriculteurs pour identifier les souches génétiques qui pourraient aider la culture à survivre aux sécheresses, aux inondations et aux gelées intenses. Jusqu'à 4000 variétés de ce tubercule poussent dans le pays.

La pomme de terre a été domestiquée il y a environ 7000 ans par les populations autochtones du Pérou et de la Bolivie.

Un autre projet permet la collaboration avec des chercheurs en Ouganda, qui travaillent avec la communauté batwa pour l'aider à récupérer ses droits et ses possibilités de récolte dans le Parc national de la forêt impénétrable de Bwindi, qui a été créé dans les années 1990 pour protéger les gorilles menacés.

Mais ce faisant, ils ont effectivement exclu ou déplacé les Batwas, qui font partie des peuples autochtones les plus pauvres au monde, a dit Brenda Parlee, l'une des principales chercheuses du projet Ărramăt, et professeure associée en sociologie environnementale à l'Université de l'Alberta.

Selon Mme Tallbear, le projet Ărramăt renforce la capacité des peuples autochtones à faire de la science, tout en aidant les non-Autochtones à comprendre, à apprendre et à respecter la culture et les traditions autochtones.

Il y a une sorte d'apprentissage à double sens qui va se produire ici, a conclu Mme Tallbear.

D'après un texte de Liam Harrap de CBC Indigenous

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