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Un nouveau groupe autochtone se forme pour investir dans Trans Mountain

Des travailleurs sur un chantier.

Le gouvernement fédéral a acheté le pipeline, et le projet d'agrandissement pour 4,5 milliards de dollars en 2019.

Photo : CBC

Tiphanie Roquette
Tiphanie Roquette

Les représentants d’une Première Nation albertaine et de trois Premières Nations de la Colombie-Britannique ont fondé une coalition appelée Nesika Services pour négocier une participation autochtone dans le projet d’agrandissement du pipeline Trans Mountain, selon leur communiqué.

Tony Alexis, le chef de la Nation sioux des Nakota d’Alexis, préside ce nouveau groupe. Il faisait précédemment partie d’un autre groupe intéressé par le rachat de l’oléoduc, appelé Iron Coalition et quia été démantelé en 2020 (nouvelle fenêtre).

Alice MacKay, la cheffe de la Première Nation Matsqui, Mark Peters, de la Première Nation Peters, et David Walkem, le conseiller de la communauté Cook’s Ferry, composent le reste des directeurs fondateurs de Nesika Services.

Le groupe se présente comme un groupe à but non lucratif et souligne qu’il n’est associé à aucune institution financière ni aucun membre de l’industrie pétrolière et gazière.

Au vu des avancées de Trans Mountain, nous préparons nos communautés à devenir bénéficiaires du plus gros projet d’infrastructure de cette génération. C’est la première fois de l’histoire que les peuples autochtones ont une occasion de cette ampleur, a indiqué Tony Alexis dans un communiqué.

Trois groupes intéressés

Le groupe ne précise pas s’il souhaite obtenir un rachat partiel ou intégral de Trans Mountain auprès du gouvernement fédéral qui est le propriétaire du pipeline et du projet d’agrandissement. L’approche de Nesika Services est de rassembler le plus grand nombre des 129 communautés identifiées pour explorer les possibilités de participation financière et de partage des revenus sans mise de fonds initiale de la part des participants, explique-t-on sur le site Internet du Nesika Services.

L'oléoduc Trans Mountain, qui transporte du pétrole du comté de Strathcona, près d’Edmonton,  à Burnaby, en Colombie-Britannique, a été acheté par le gouvernement fédéral pour 4,5 milliards de dollars en 2018, après que l'ancien propriétaire Kinder Morgan Canada a menacé d'abandonner son expansion en raison de l’opposition qu’il suscitait.

Il existe déjà un pipeline Trans Mountain qui est en fonction depuis 1953. L’agrandissement vise à construire un nouvel oléoduc à côté de celui existant pour tripler la capacité de l'infrastructure, la faisant passer de 300 000 à 890 000 barils par jour. Le projet est géré par la société de la Couronne, Trans Mountain Corp.

Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué qu’il est ouvert à l’idée que le projet soit racheté par des groupes autochtones.

Deux autres coalitions autochtones travaillent depuis plusieurs mois au rachat de Trans Mountain. Le groupe Western Indigenous Pipeline s’est associé à l’entreprise Pembina Pipeline pour obtenir un rachat complet de Trans Mountain. Project Reconciliation, qui regroupe des membres de Premières Nations et de l’industrie du pétrole, souhaite également acquérir le pipeline.

Ce qui distingue Nesika Services de ces autres propositions, selon Tony Alexis, est qu’il s’agit d’une organisation à but non lucratif non soutenue par l'industrie ou affiliée à des institutions financières.

Ces autres groupes sont à but lucratif, ce qui est un conflit majeur pour les communautés autochtones, dit-il.

Nesika nous offre la meilleure occasion de créer notre richesse et de développer nos communautés. Les communautés ont des besoins et Nesika nous offre des opportunités.

Tony Alexis précise que Nesika explore différentes formules pour investir dans le pipeline, incluant un partage des capitaux et des revenus de Trans Mountain sans exigence de capital initial de la part des groupes participants.

Il a refusé d’expliquer comment un achat potentiel serait financé, affirmant que cela sera déterminé une fois qu’Ottawa aura précisé les conditions potentielles d'une vente.

Le gouvernement fédéral n'a encore accepté aucune offre pour le pipeline, mais Tony Alexis dit qu'il s'attend à ce que les négociations avec les parties intéressées commencent d'ici un mois ou deux.

La mise en service du pipeline agrandi, racheté en 2018 par Ottawa (nouvelle fenêtre), est prévue à la fin de l’année. La dernière estimation de coûts les situe à 12,6 milliards de dollars.

Avec les informations de La Presse canadienne.
Tiphanie Roquette
Tiphanie Roquette

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