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Un nouveau médicament oral contre la COVID-19 élaboré en Alberta

Des pilules de différentes couleurs à côté d'une bouteille de médicaments renversée.

L’apabetalone est un traitement oral élaboré en Alberta qui agit sur les gènes pour limiter les aspects viraux et inflammatoires de la COVID-19.

Photo : iStock

Marc-Antoine Leblanc

L’entreprise de biotechnologie Resverlogix a commencé il y a quelques jours sa deuxième phase d’essais cliniques sur des patients pour un médicament contre la COVID-19. L’apabetalone est un traitement oral mis au point en Alberta.

Dans un communiqué de presse, l'entreprise affirme que le mécanisme épigénétique du médicament peut aider à arrêter la progression de [la COVID-19] en régulant l’expression des gènes responsables de la maladie et de l’inflammation.

Comme l’explique le président-directeur général de Resverlogix, Donald McCaffrey, le médicament agit sur les gènes pour limiter les aspects viraux et inflammatoires de la COVID-19.

L'ADN humain est considéré comme un ordinateur, c'est le matériel. L'épigénétique, c'est le logiciel, qui active ou désactive les gènes. Nous ne modifions donc pas les gènes humains, nous désactivons simplement le gène responsable de la maladie, précise-t-il.

Il estime que le traitement peut constituer une solution parallèle à la vaccination. La vaccination est très importante, certes [...] le vaccin a ralenti la COVID-19, mais il ne pourra pas stopper la COVID-19. La raison est qu’on devrait vacciner 7,5 milliards de personnes pour l’arrêter, estime-t-il.

Un résultat positif de cet essai nous permettra d'agir rapidement pour fournir l'apabetalone aux patients qui en ont besoin dans le monde entier.
Une citation de Donald McCaffrey, président-directeur général de Resverlogix

Professeur au département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal, Benoît Barbeau est d'accord pour dire qu’on a besoin d’autres outils, que la vaccination.

Les antiviraux et les immunomodulateurs sont de nouveaux outils qui seront utilisés chez les personnes à risque, souligne-t-il.

Le recrutement des patients et la mise au point des dosages ont ainsi commencé à l’Hôpital de l’Université de l’Alberta, à Edmonton, pour évaluer l'innocuité et l’efficacité du traitement.

Dans son communiqué de presse, l’entreprise indique que 100 patients atteints de la COVID-19 devraient être recrutés au cours des prochaines semaines, dans plusieurs lieux au Brésil et au Canada, dont Calgary et Toronto.

Si le médicament semble prometteur, Benoît Barbeau explique néanmoins qu’il sera nécessaire d’attendre la fin de tous les essais cliniques avant d’en arriver à une conclusion.

Il faut s’assurer justement que l’effet bénéfique observé au tout début en laboratoire se traduit également en une continuité au niveau de l’effet bénéfique chez la population, mais aussi en premier lieu être sûr que le composé est sécuritaire, précise-t-il.

Parfois, les composés sur lesquels on travaille pendant des mois [...] et même des années peuvent mener à un échec parce que l’efficacité n’est pas au rendez-vous , ajoute-t-il.

Le président-directeur général de Resverlogix indique que la troisième phase d'essais ne commencera pas avant juin.

Si tous les essais sont concluants, le médicament devra par la suite être approuvé par Santé Canada.

Marc-Antoine Leblanc

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