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Les cas de COVID largement sous-estimés au Québec, indique une étude

Il y aurait eu cinq fois plus de cas sur une période d'une semaine à la mi-janvier que le bilan officiel.

Une personne entre dans une clinique de dépistage de la COVID-19.

Depuis le 4 janvier, les tests PCR au Québec sont réservés à certaines clientèles prioritaires.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Frédérik-Xavier Duhamel

Il y aurait eu au moins cinq fois plus de cas de COVID-19 sur une période d’une semaine à la mi-janvier au Québec que ce que laissent croire les chiffres officiels, selon une étude exploratoire du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO).

Le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations estime (nouvelle fenêtre) qu’il y aurait eu entre 231 967 et 407 430 cas de COVID-19 dans la province sur une période d’une semaine se terminant entre le 13 et le 18 janvier.

Une estimation qui varie, si l'on compte les personnes qui se sont autodiagnostiquées, donc qui ont eu des symptômes, ou si on ne compte uniquement que les tests test d'amplification en chaîne par polymérase et les tests rapides positifs, a expliqué Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal et coautrice de l’étude, au micro de Tout un matin vendredi.

Les données officielles, quant à elles, font état de 48 815 cas positifs sur la base de tests test d'amplification en chaîne par polymérase sur la même période. C’est environ de cinq à huit fois moins que le nombre de cas réels estimés par le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations.

Depuis le 4 janvier, les tests test d'amplification en chaîne par polymérase au Québec sont réservés à certaines clientèles prioritaires, telles que les travailleurs de la santé et les patients hospitalisés.

C’est en réaction à cette directive que la professeure Borgès Da Silva et son équipe ont eu l’idée de se pencher sur l’estimation du nombre de cas réels. C’est une donnée importante pour pouvoir faire des projections sur les hospitalisations, mais aussi savoir où on s’en va avec la pandémie, a-t-elle soutenu. Et peut-être même dans le futur voir si on relâche [les restrictions sanitaires] ou pas.

Il faut prendre ces chiffres avec précaution, mais ces chiffres nous indiquent quand même qu’il faut faire attention, a-t-elle poursuivi.

L’enquête du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations sera répétée sur quatre semaines consécutives, ce qui va nous permettre d’évaluer la tendance, donc on aura plus d’informations que seulement les hospitalisations pour pouvoir éclairer la décision publique, a conclu la professeure Borgès Da Silva.

Frédérik-Xavier Duhamel

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