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Un déconfinement progressif envisagé avant la mi-février, selon le Dr Boileau

Luc Boileau parle assis à la table de presse.

Le Dr Luc Boileau est le nouveau directeur de santé publique du Québec.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Frédérik-Xavier Duhamel

Le nouveau directeur national de santé publique, le Dr Luc Boileau, envisage un déconfinement progressif avant la mi-février au Québec. En attendant, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) s'impatiente et exige un plan de relance, quitte à ce qu'il soit ajusté en chemin.

Je pense que le déconfinement pourrait commencer avant [la mi-février]. Je crois que nous avons une capacité de lever quelques restrictions avant, a déclaré le Dr Boileau au micro de Tout un matin, vendredi.

Mais je devrai en parler avec mes collègues et regarder comme il faut la situation avant de recommander ça à mon ministre et au premier ministre, a-t-il pris soin d’ajouter.

Le nombre de patients hospitalisés en raison de la COVID-19 au Québec a plafonné, puis a entrepris une légère baisse mercredi, passant de 3425 à 3411, d’après les données de l’Institut national de santé publique du Québec (nouvelle fenêtre) (Institut national de santé publique du Québec).

Cette tendance se poursuit alors que le bilan de vendredi fait état de 60 lits libérés (nouvelle fenêtre) (20 aux soins intensifs et 40 en ce qui concerne les hospitalisations de courte durée), pour un total de 3351 patients hospitalisés en lien avec la maladie.

Des données réconfortantes, selon le Dr Boileau. Il faut suivre ça pendant les quelques prochains jours et, après ça, je suis assez sûr qu’on va être capables de proposer un plan qui va, j’imagine, être satisfaisant, a-t-il assuré.

Un plan de relance exigé

En conférence de presse jeudi, le premier ministre, François Legault, a déclaré ne pas avoir l’intention d’assouplir les restrictions sanitaires (nouvelle fenêtre) pour l’instant, estimant que le risque de faire grimper à nouveau les hospitalisations serait trop grand.

Mais il y a un ras-le-bol chez les commerçants, selon Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Les commerçants sont en détresse depuis très longtemps et risquent des dommages irréparables, a-t-il soutenu en entrevue sur les ondes d'ICI RDI, vendredi.

Les fédérations sportives du Québec piaffent également d’impatience (nouvelle fenêtre) en attendant la reprise de leurs activités.

On demande au gouvernement de faire un exercice en toute transparence : planifiez la relance, la reprise, exactement comme on le fait dans d’autres juridictions, a réclamé M. Leblanc. Si vous avez peur de vous tromper, bien, admettez-le, mais faites des plans, communiquez ces plans, et aidez les entreprises, les commerçants et les employés à voir venir les prochaines semaines.

En Ontario, le premier ministre Doug Ford a annoncé jeudi (nouvelle fenêtre) que les salles à manger des restaurants, les gyms et les bars rouvriront à la fin de janvier, mais avec un nombre limité de clients. Des restrictions seront aussi levées en Angleterre (nouvelle fenêtre) et en France (nouvelle fenêtre), a-t-on annoncé cette semaine.

Pour le Dr Boileau, cependant, il faut vraiment regarder notre propre situation, a-t-il insisté en entrevue à Midi Info plus tard dans la journée. L'Ontario, par exemple, a eu une vague un petit peu avant nous, estime-t-il.

Les données officielles montrent pourtant que, dans les deux provinces, les cas ont commencé à grimper rapidement un peu avant la mi-décembre. La journée du 15 décembre, par exemple, 1808 nouveaux cas ont été détectés en Ontario, selon le gouvernement provincial (nouvelle fenêtre), par rapport à 3416 nouveaux cas au Québec, selon les données de l'Institut national de santé publique du Québec.

Le pic des nouvelles infections dépistées quotidiennement a d'ailleurs eu lieu au Québec d'abord, avec un sommet de 18 342 nouveaux cas identifiés le 29 décembre, peu de temps avant que les tests test d'amplification en chaîne par polymérase ne soient réservés qu'à certaines clientèles prioritaires, comme les travailleurs de la santé et les patients hospitalisés.

En Ontario, le sommet a été atteint le 1er janvier, avec 18 445 nouveaux cas détectés, dans une province qui compte au-delà de 6 millions d'habitants de plus que le Québec, mais qui a également restreint l'accès aux tests test d'amplification en chaîne par polymérase.

Quoi qu'il en soit, le problème de santé publique numéro un, c’est vraiment de stabiliser nos capacités hospitalières, a soutenu le Dr Boileau.

Nous comprenons qu’il y a une fatigue, a-t-il admis. C’est une variable très importante pour décider des mesures de santé publique, mais je demanderais un peu de patience encore à tout le monde.

Avec des informations de Thomas Gerbet

Frédérik-Xavier Duhamel

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