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Lumière sur cinq personnages autochtones méconnus avec Jocelyn Sioui

L'homme tient une photo en noir et blanc où l'on voit plusieurs personnes et il en montre une du doigt.

Jocelyn Sioui tenant une photo de son grand-oncle, Jules Sioui.

Photo : YouTube

Mylene Gagnon

Jules Sioui a contribué à fonder l'Assemblée des Premières Nations, et pourtant, son petit-neveu Jocelyn Sioui ne connaissait que peu de choses sur lui avant d’écrire l'essai Mononk Jules. L’auteur et comédien s’est donc donné pour mandat de nous en apprendre davantage sur cinq personnalités autochtones peu connues qui ont joué un rôle important dans notre Histoire.

Jules Sioui

Photo en noir et blanc du militant autochtone portant une coiffe en plumes traditionnelle.

Jules Sioui (1906-1990)

Photo : Avec la permission de Jocelyn Sioui

Jules Sioui a été l’un des premiers militants pour l’autodétermination des Autochtones. Dans les années 1940, il luttait contre la conscription des Autochtones et pour leur autonomie. En 1944, ce Huron-Wendat a réussi à rassembler 200 chefs à Ottawa, ce qui a donné naissance à l’actuelle Assemblée des Premières Nations. Emprisonné en 1949 pour sédition, il s'est lancé dans une grève de la faim de 72 jours en 1950 pour la reconnaissance des droits des Autochtones. Des accusations de pédophilie ont noirci son héritage, expliquant en partie pourquoi son nom a été oublié.

Gabriel Kurtness

Chef innu impliqué dans le mouvement d’autodétermination des Premières Nations, Gabriel Kurtness a été le bras droit de Jules Sioui. Il a travaillé fort pour sa nation dans les années 40 et 50 et était très engagé politiquement. Jocelyn Sioui dit de lui qu’il était un entêté qui ne lâchait pas l’os. Il explique que même si la nation innue reconnaît son travail, Gabriel Kurtness est peu connu, parce que les Autochtones n’ont pas le réflexe de parler de leurs héros du passé.

William Commanda

L'aîné autochtone porte la médaille de l'Ordre du Canada à son cou.

William Commanda est récipiendaire de l'Ordre du Canada.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

L’Anishinabe William Commanda a été le leader spirituel le plus important du 20e siècle, selon Jocelyn Sioui, qui déplore du même coup qu’il soit reconnu mondialement, mais pas chez lui. Il a participé à la Déclaration sur les droits des peuples autochtones, adoptée en 2007 par l’ONU. Grand rassembleur, il faisait partie du mouvement de Jules Sioui. Il prêchait la paix et l’amour, arguant que c'était la seule façon de se réconcilier.

Thérèse Vachon

Dans les années 1940, le gouvernement était déterminé à déplacer les réserves de Sept-Îles de Uashat à Maliotenam. Pour forcer la population innue à quitter son territoire, il a fait de Uashat un territoire ni autochtone ni canadien, et a fermé ses églises et ses écoles. C'était toutefois sans compter sur des activistes comme l’Innue Thérèse Vachon, arrêtée à de multiples reprises par la GRC pour avoir distribué des cartes du gouvernement autochtone stipulant que les Autochtones avaient droit de territoire. En 1963, le gouvernement a fait marche arrière et leur a redonné leur nationalité.

Les frères Sioui

Photo extérieure de l'homme, qui sourit à la caméra. Il porte une casquette et des lunettes fumées relevées sur sa casquette.

Konrad Sioui

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

En 1990, un jugement de la Cour suprême du Canada a transformé la façon d'interpréter les traités au Canada, résultat d’une longue bataille entre le gouvernement provincial et les frères hurons-wendat Georges, Régent, Konrad et Hugues Sioui. En 1982, le quatuor a campé dans le parc de la Jacques-Cartier, y faisant des feux et coupant des arbres. Arrêtés pour ces délits, les quatre frères affirmaient être dans leur droit en vertu d’un traité signé en 1760 par le général Murray. D'abord déboutés en cour, les frères se sont rendus jusqu'en Cour suprême, qui a tranché en leur faveur. Depuis, la justice prend en considération qu’un traité peut être autre chose qu’un papier signé solennellement.

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Mylene Gagnon

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