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Jason Kenney démet son ministre de la Justice à la suite d’une controverse

Jason Kenney parle dans un micro.

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney

Photo : La Presse canadienne / Larry MacDougal

La Presse canadienne

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, a annoncé lundi soir avoir démis de ses fonctions le ministre de la Justice Kaycee Madu en raison d'une controverse liée à une contravention.

CBC/Radio-Canada a révélé lundi que M. Madu a appelé le chef de police d'Edmonton (nouvelle fenêtre) après avoir reçu une contravention pour une infraction au code de la sécurité routière.

Dans un message publié en soirée sur Twitter, Jason Kenney dit avoir demandé à son ministre de se retirer pendant qu'une enquête indépendante se charge de déterminer si son geste constitue de l'ingérence dans l'administration de la justice.

Le premier ministre a toutefois insisté sur le fait que toutes les parties impliquées dans l'affaire ont assuré que M. Madu n'a pas demandé au chef de police Dale McFee d'annuler sa contravention.

Jason Kenney dit toutefois qu'il faut à tout prix protéger l'intégrité du système judiciaire.

Pour le moment, c'est la ministre de l'Énergie, Sonya Savage, qui va prendre en charge les responsabilités de M. Madu.

Les faits en cause

Kaycee Madu a été intercepté par un policier et a reçu une contravention pour distraction au volant alors qu'il utilisait son téléphone cellulaire, le matin du 10 mars 2021.

Kaycee Madu répond à une question à un podium.

Kaycee Madu

Photo : Peter Evans

M. Madu, un homme noir, affirme avoir appelé le chef de police Dale McFee uniquement pour s'assurer qu'il n'avait pas été victime de profilage racial ou encore visé en raison de son rôle politique.

Le service de police a confirmé l'appel de M. Madu au sujet de la contravention, mais a assuré qu'il n'avait pas demandé à ce qu'elle soit annulée. Le corps de police a d'ailleurs confirmé que la contravention était bien valide.

M. Madu a payé sa contravention de 300 $.

L'élu représente la circonscription d'Edmonton-Sud Ouest pour le Parti conservateur uni. Il occupait la fonction de ministre de la Justice depuis août 2020.

Les oppositions entendues

Dans les heures qui ont précédé l'annonce du retrait de M. Madu, les partis d'opposition réclamaient sa démission.

Le porte-parole du NPD en matière de justice, Irfan Sabir, dénonçait le fait que peu importe l'intention du ministre, son geste constituait de l'abus de pouvoir. Il a décrit le geste comme une ingérence dans le processus judiciaire à ses fins personnelles.

Les automobilistes albertains ordinaires n'ont pas la possibilité d'appeler leur chef de police local pour discuter de leur contravention, a noté M. Sabir.

M. Madu s'est servi de sa position de ministre pour amorcer cette conversation et, peu importe s'il a demandé ou non une annulation de sa contravention, c'est de l'ingérence politique d'en avoir discuté tout court, a-t-il conclu.

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