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Tests obligatoires à la frontière : un demi-milliard versé à Dynacare

Les résultats de ces tests de dépistage, désormais obligatoires pour les voyageurs arrivant au Canada, peuvent prendre une semaine avant d'être connus.

Une pancarte indiquant où se trouve le comptoir pour effectuer un test.

De retour au Canada, les voyageurs doivent désormais subir un nouveau test PCR.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Romain Schué
Romain Schué

Pour répondre à « l’évolution des exigences en matière de dépistage à la frontière », Ottawa a revu à la hausse la valeur de ses contrats avec les laboratoires privés présents dans les aéroports canadiens.

Radio-Canada a appris que l'entreprise Dynacare, que l'on trouve à Montréal et à Winnipeg, a conclu en fin d'année, avec le gouvernement fédéral, une entente pouvant atteindre 448 millions de dollars pour réaliser les tests de dépistage imposés aux voyageurs.

Le précédent contrat, signé l'été dernier, prévoyait un montant maximal de 80 millions de dollars.

Ce nouvel accord est en vigueur jusqu'au 30 avril. Outre les tests réalisés dans les aéroports, il couvre également ceux aux points d’entrée terrestres du Québec, ainsi qu’à tous les points d’entrée aériens et terrestres du Manitoba, précise une porte-parole de Services publics et Approvisionnement Canada.

Dynacare n'est pas le seul laboratoire privé à réaliser ces tests. D'autres, à l'instar de Switch Health, LifeLabs et Biron, ont aussi signé des contrats avec Ottawa, mais Radio-Canada n'a pas été en mesure d'en obtenir les détails.

De longs délais décriés

Un temps aléatoires, ces tests PCR sont désormais obligatoires, selon Ottawa, pour tous les voyageurs arrivant au Canada, qui doivent déjà être doublement vaccinés et obtenir un premier test PCR négatif pour embarquer. Seuls ceux qui viennent des États-Unis sont testés de manière aléatoire, précise-t-on.

Cela représente environ 26 000 tests quotidiens dans les aéroports partout au pays.

L'utilité de ces tests PCR est pourtant remise en question (nouvelle fenêtre) par des experts, dont Mona Nemer, la conseillère scientifique en chef de Justin Trudeau. En raison de la forte circulation du variant Omicron au Canada, elle estime qu'une souplesse devrait être envisagée à la frontière, avec la possibilité d'élargir la distribution de tests rapides.

À l'heure actuelle, les laboratoires présents aux aéroports sont également débordés. Les résultats de ces tests PCR peuvent prendre une semaine avant d'être envoyés, comme c'est le cas avec Dynacare à Montréal, au grand dam des familles et voyageurs (nouvelle fenêtre) déjà doublement vaccinés qui, durant cette attente, doivent s'isoler.

Le gouvernement du Canada sait que les voyageurs ont subi des retards par rapport à leurs rendez-vous virtuels et qu’ils ont eu de la difficulté à joindre le service à la clientèle.
Une citation de Stéfanie Hamel, porte-parole de Services publics et Approvisionnement Canada

Ottawa assure être en discussion avec Dynacare pour corriger rapidement la situation et réduire les délais d'attente. Selon les modalités du contrat, l'entreprise est également tenue de communiquer les résultats des tests aux voyageurs dans les 48 à 72 heures.

Aucun assouplissement en vue

Alors que les compagnies aériennes pressent le gouvernement Trudeau d'assouplir ses règles à la frontière, le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos, a fermement rejeté cette éventualité.

Présentement, ce n'est pas ce qui va se passer, a-t-il clamé, évoquant la situation épidémiologique au Canada et ailleurs dans le monde [qui] se détériore.

Quand on regarde en dehors du pays, on s'aperçoit que la situation dans beaucoup de pays est de plus en plus grave.
Une citation de Jean-Yves Duclos, ministre de la Santé

Le Canada, a-t-il ajouté, n'a pas encore atteint le pic des infections. On va continuer d'ajuster nos mesures en fonction de l'évolution de la situation, a-t-il précisé.

Avec la collaboration d'Aude Garachon

Romain Schué
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