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Des compagnies aériennes réclament la fin des tests de dépistage à l’arrivée

Un avion est sur le tarmac.

Un avion d’Air Canada est sur le tarmac de l’aéroport international Pearson, à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

La Presse canadienne

Les plus grandes compagnies aériennes du Canada et l'aéroport le plus achalandé du pays demandent au gouvernement fédéral d'abandonner sa règle exigeant que les voyageurs vaccinés passent un test de dépistage de la COVID-19 à leur arrivée. (nouvelle fenêtre)

Dans une lettre adressée aux gouvernements fédéral et ontarien, Air Canada, WestJet et l'aéroport Pearson de Toronto demandent un transfert de la capacité de test des aéroports vers la communauté.

Depuis que le gouvernement a intensifié les tests dans les aéroports pour les arrivées internationales, nous avons constaté que les travailleurs de première ligne ont de la difficulté à obtenir des tests PCR et que la capacité d'analyse en laboratoire a considérablement diminué, indique la lettre, tout en identifiant les écoles, les hôpitaux et les foyers de soins de longue durée comme des priorités particulières.

Il y a un écart grandissant entre les ressources allouées aux voyageurs asymptomatiques et celles allouées à ceux qui en ont le plus besoin.

Alors que les cas de COVID-19 ont augmenté ces dernières semaines, de nombreuses provinces ont décidé de restreindre l'accès aux tests PCR aux personnes présentant un risque plus élevé d'être hospitalisées à cause de la COVID-19, ou qui se trouvent dans des environnements où le virus pourrait se propager plus rapidement.

Les voyageurs qui arrivent au Canada doivent avoir un résultat de test moléculaire négatif avant l'arrivée pour la COVID-19. Une fois arrivés, ceux qui viennent de n'importe quel pays autre que les États-Unis sont soumis à un nouveau test et doivent s'isoler jusqu'à ce qu'ils obtiennent leur résultat. Ceux qui viennent des États-Unis sont choisis aléatoirement pour subir un tel test.

Les compagnies aériennes et l'aéroport affirment que les tests de dépistage imposés aux voyageurs en provenance de l'étranger ne permettent pas d'utiliser au mieux les ressources limitées du Canada, et citent le Royaume-Uni et Israël comme des exemples à imiter, bien qu'Israël exige toujours des tests à l'arrivée des passagers vaccinés, contrairement au Royaume-Uni.

Environ 1,08 % des voyageurs aériens entièrement vaccinés en provenance de l'étranger qui ont été dépistés entre le 28 novembre et le 25 décembre ont obtenu un résultat positif au test de la COVID-19, selon l'Agence de la santé publique du Canada.

Même si le taux de positivité a atteint un peu plus de 2 % la semaine précédant Noël, ce chiffre restait bien en deçà du taux de positivité moyen national de 28 % mis en évidence par l'agence vendredi.

Revenir aux tests aléatoires

Air Canada, WestJet et Pearson veulent que le gouvernement revienne aux tests d'arrivée aléatoires des voyageurs internationaux et n'exige l'isolement, pour les voyageurs internationaux, que pour ceux qui présentent des symptômes ou qui reçoivent un résultat positif après un test aléatoire.

La Table ronde canadienne du voyage et du tourisme a également exhorté vendredi le gouvernement fédéral à redéployer sa capacité de dépistage et à revenir aux tests aléatoires pour les passagers internationaux.

Plusieurs de ces tests sont envoyés dans d'autres provinces pour leur traitement. Et le temps de traitement, qui devrait être une livraison standard de trois jours, dépasse cela, a affirmé la présidente de l'Association de l'industrie touristique du Canada, Beth Potter, lors d'un entretien téléphonique.

Les voyageurs regardent cela et disent : "je ne veux pas passer 7 de mes 10 jours de vacances dans une chambre d'hôtel à attendre les résultats des tests".

En conférence de presse lundi, le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, a indiqué qu’il n’était pas question de cesser de demander des tests PCR à l’arrivée, compte tenu du niveau élevé de contaminations à la COVID-19 au Canada et à l’étranger.

Détecter de nouveaux variants

La Dre Lynora Saxinger, spécialiste des maladies infectieuses à l'Université de l'Alberta, a insisté sur la valeur des tests comme moyen de surveiller les nouveaux variants.

Essentiellement, les voyageurs échantillonnent le monde pour nous. Et pour les cas positifs parmi les voyageurs, nous voudrions pouvoir faire effectuer un séquençage génomique, a-t-elle expliqué lors d'un entretien téléphonique.

S'il y avait un nouveau variant, plus transmissible ou pire de toute autre manière, il est assez probable que les voyageurs entrants seraient le prélude à une autre étape.

Néanmoins, les tests obligatoires dans les aéroports n'ajoutent que peu de valeur immédiate à la prévention de la propagation d'Omicron, a ajouté Mme Saxinger.

L'administratrice en chef de la santé publique, la Dre Theresa Tam, a indiqué vendredi que la politique serait évaluée.

Le suivi de chaque cas n'est pas vraiment nécessaire dans une perspective de surveillance, a-t-elle affirmé aux journalistes à Ottawa.

Quand le monde entier a Omicron, notre voisin d'à côté a Omicron. [...] Nous pourrions faire un échantillonnage pour les tests au lieu de tester peut-être chaque individu vacciné.

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