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Écoles : des noms autochtones pour remplacer ceux de Julie Payette et John A. Macdonald

Biidassige (Josephine) Mandamin regarde vers le ciel.

Biidassige (Josephine) Mandamin a franchi cumulativement plus de 25 000 kilomètres à pied entre 2003 et 2017 pour sensibiliser la population à propos de la pollution des Grands Lacs.

Photo : Mother Earth Water Walk

Pascale Bréniel

Le conseil scolaire public de la région de Durham, à l’est de Toronto, doit statuer lundi sur le changement de nom de ses écoles Julie Payette et Sir John A. Macdonald.

Lors d’une réunion en soirée, les conseillers scolaires vont recevoir les propositions de comités qui ont recueilli des suggestions de noms, procédé à des consultations et arrêté leurs choix.

Pour l’École publique Sir John A. Macdonald de Pickering, le comité recommande le nom de Biidassige Mandamin, une militante autochtone pour la protection des Grands Lacs. Mme Mandamin, qui était originaire du territoire non cédé de Wiikwemkoong, dans l’île Manitoulin, a marché le long des rives des cinq Grands Lacs pour sensibiliser les résidents sur leur détérioration environnementale.

À la demande de la famille, le comité a retenu le nom autochtone de Mme Mandamin, Biidassige qui peut se traduire par phare, plutôt que celui de Josephine sous lequel elle était également connue.

Les noms Bay Ridges et Balaton Avenue, du nom du quartier et de l’avenue où se trouve l’école, se sont classés deuxième et quatrième. Celui de l'ancien juge et sénateur Murray Sinclair (nouvelle fenêtre) est arrivé troisième.

Une statue de l'ancien premier ministre Sir John A. Macdonald a été retirée l'été dernier d'un parc de Kingston.

Une statue de l'ancien premier ministre Sir John A. Macdonald a été retirée l'été dernier d'un parc de Kingston.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Dans un esprit de réconciliation avec les Premières Nations, des statues de Sir John A. Macdonald ont été enlevées et des démarches pour changer le nom de certains établissements ont été entreprises, en raison de son rôle dans la création des pensionnats pour Autochtones.

La démission en janvier 2021 de la gouverneure générale Julie Payette (nouvelle fenêtre), dans la foulée d’allégations de climat de travail toxique à Rideau Hall, a elle aussi enclenché le processus de changement de nom (nouvelle fenêtre) pour l’école d’immersion française de Whitby qui porte son nom.

L'ex-gouverneure générale Julie Payette salue de la main après la lecture du discours du Trône en septembre 2020.

L'ex-gouverneure générale Julie Payette après la lecture du discours du Trône en septembre 2020.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Ici encore, dans un esprit de réconciliation, le comité a retenu des noms en lien avec les Autochtones. Celui qui est proposé aux conseillers scolaires est Michi Saagiig (pour les Mississauga Anishinaabeg), dont le territoire traditionnel couvrait de grandes étendues du Sud de l’Ontario. Si ce nom est retenu lundi soir, la proposition devra être approuvée par les chefs des Mississauga.

Le nom d’Elsie Charles Basque, une éducatrice et aînée mi’kmaw originaire de la Nouvelle-Écosse, s’est classé deuxième.

Le nom du musicien Gord Downie, qui a profité de sa renommée pour attirer l’attention sur les enjeux autochtones (nouvelle fenêtre), est arrivé troisième.

Le coût du changement du nom d’une école (enseignes, etc.) est de l’ordre de 25 000 $ à 35 000 $, selon une évaluation des comités du conseil scolaire de Durham.

Une école du Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario à Ottawa porte également le nom de Julie Payette (nouvelle fenêtre). À la suite d’un sondage auprès des parents et du personnel de l’école, le conseil scolaire a décidé de choisir un nouveau nom. Un groupe de travail mènera des consultations au cours de l’hiver.

Pascale Bréniel

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