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Des techniciens de laboratoire se sentent peu estimés au Nunavut

L'Hôpital général Qikiqtani d'Iqaluit sous la neige.

Les cinq techniciens de laboratoires qui ont démissionné travaillaient à l'Hôpital général Qikiqtani d'Iqaluit.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

RCI

Selon l’organisme qui certifie les techniciens de laboratoire, les raisons qui ont conduit cinq d’entre eux à quitter leur fonction à l'Hôpital d’Iqaluit sont liées au manque de reconnaissance du gouvernement du Nunavut.

La semaine dernière, le Globe and Mail a rapporté que cinq des huit techniciens de laboratoire de l'Hôpital général Qikiqtani d'Iqaluit ont démissionné en novembre et en décembre.

Ces professionnels de la santé sont notamment chargés de tester les prélèvements de dépistage du SRAS-CoV-2 pour la population de la région de Qikiqtaaluk.

Trois techniciens de laboratoire continuent de travailler à l’hôpital, alors qu’un quatrième arrivera bientôt pour grossir les rangs.

La Société canadienne de science de laboratoire médical (SCSLM), qui représente 14 000 techniciens de laboratoire au pays, a fait parvenir à CBC/Radio-Canada une lettre envoyée par l’équipe de l'Hôpital d’Iqaluit à la sous-ministre de la Santé, Colleen Stockley.

La lettre a été envoyée en septembre en réponse à une prime de maintien en poste de 10 000 $ offerte aux infirmières du territoire par le ministère de la Santé du Nunavut.

À l’époque, la ministre Colleen Stockley, a décrit la prime comme une expression de gratitude pour le travail des infirmières durant la pandémie, selon une note de service du 14 septembre, également envoyée à CBC/Radio-Canada par la Société canadienne de science de laboratoire médical .

Cinq jours plus tard, l’équipe du laboratoire a écrit à la sous-ministre affirmant ne pas pouvoir s’empêcher de se sentir insultée d’avoir été exclue de cette indemnisation, au même titre que d’autres professionnels de la santé, mais ajoutant qu’elle était heureuse que les infirmières soient récompensées.

Les techniciens de laboratoire ont alors demandé que la prime leur soit également accordée, ainsi qu’à d’autres professionnels de la santé.

Selon Christine Nielsen, la directrice générale de la Société canadienne de science de laboratoire médical , l’équipe était hors d’elle. Qui sont ceux qui font tous les tests pour la COVID-19? Même si nous ne voyons pas directement les patients, nous manipulons les spécimens les plus infectieux que nous ayons jamais eus à manipuler.

Maintenir ouverts les centres de santé

Colleen Stockley a répondu à la lettre trois semaines plus tard : Les primes n’étaient pas destinées à créer une division au sein des professionnels de la santé ni à reconnaître le dur labeur d'un seul groupe parmi ces derniers.

Sans répondre à la demande d’étendre la prime aux membres de l'équipe du laboratoire et aux autres professionnels de santé, la sous-ministre l’a mise en contexte, affirmant qu’elle faisait partie d'une stratégie visant à éviter les fermetures de centres de santé ou les réductions de services (nouvelle fenêtre), à travers le Nunavut, liés à un manque de personnel.

Comme les centres de santé sont la seule option pour que les Nunavummiut aient accès à des soins dans nos communautés, en dehors des centres régionaux, le ministère de la Santé a dû prendre des mesures rapides pour empêcher leur fermeture et atténuer les risques pour la sécurité.

L'entrée du centre de santé Ste Therese, à Kugaaruk.

Le centre de santé Ste Therese, à Kugaaruk, fait partie des centres de santé temporaires fermés au cours de l'été 2021 en raison de la pénurie d'infirmières à l'échelle du territoire. À l'époque, cinq d'entre eux étaient ouverts que pour les urgences, tandis que deux autres étaient fermés.

Photo : John Last / CBC

Christine Nielsen souhaite que le gouvernement reconnaisse financièrement le travail des techniciens de laboratoire, sans quoi il risque de les perdre.

Elle affirme que le refus de leur accorder la prime a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, expliquant que d’autres problèmes liés aux conditions de travail (le manque de personnel, les longs quarts de travail, la difficulté de travailler dans un endroit reculé) ont aussi joué un rôle dans les démissions.

Les techniciens de laboratoire étaient aussi bien au courant de l’abondance d’emplois ailleurs au Canada.

Dans une entrevue, le ministre de la Santé, John Main, affirme que les techniciens de laboratoire du Nunavut sont extrêmement précieux ces temps-ci, étant donné la pression de travailler pendant une pandémie. Il affirme que le Ministère accorde de l’importance à tous ses employés.

Bien qu'il n’ait pas dit si le refus d’accorder des primes à d'autres travailleurs de la santé était la bonne décision ou non, il affirme qu'il accorde la priorité au recrutement et à la rétention du personnel.

Avec des informations de Nick Murray

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