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Pensionnats pour Autochtones : mea culpa de l’Église Unie du Canada

Une manifestante joue du tambour.

En juillet 2021, des manifestants se sont rassemblés devant le bureau du premier ministre et du Bureau du Conseil privé pour réclamer une enquête indépendante sur les pensionnats pour Autochtones.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Delphine Jung
Delphine Jung

L’Église Unie du Canada met officiellement à la disposition des communautés autochtones 3 millions de dollars pour soutenir la recherche de tombes anonymes et rapatrier les corps. Elle s’engage aussi à leur transmettre tous les documents concernant les pensionnats.

L’annonce a été faite jeudi après-midi par voie de communiqué de presse.

L’Église Unie envisage aussi de financer des cérémonies pour honorer la mémoire des enfants morts dans les 15 établissements dont elle avait la responsabilité.

Jusqu'à maintenant, une communauté est déjà entrée en discussion avec l'Église Unie pour bénéficier d'une partie de ces fonds. Toutefois, Richard Bott, modérateur de l'Église, n'a pas souhaité préciser de quelle communauté il s'agit tant que les discussions sont en cours.

Les élèves d'un pensionnat autochtone écrivent des chiffres sur un tableau noir.

Un pensionnat autochtone à Red Deer, en Alberta, au début du 20e siècle, qui était administré par l'Église Unie du Canada.

Photo : Archives de l’Église Unie du Canada

L'Église Unie du Canada a participé activement à un système qui a déchiré les familles autochtones en retirant de force les enfants de leur foyer, a-t-il admis.

Nous y avons joué un rôle important et, en tant qu'Église, nous devons axer davantage notre engagement à la réconciliation sur des actions concrètes.
Une citation de Richard Bott, modérateur de l'Église

Il estime que cette annonce fait partie du processus de réparation et des actions que doit prendre son Église pour reconnaître sa responsabilité dans la mise en place du système des pensionnats.

Un enfant et une femme dans un champ.

L’identification des restes d’enfants trouvés sur les sites des pensionnats sera longue et complexe, selon des experts.

Photo : AFP / Geoff Robins

En tant que personnes descendantes de l'immigration coloniale, nous avons acquis, au fil de notre histoire, une attitude du type "nous pouvons régler ce problème". De toute évidence, nous avions complètement tort, a déclaré le secrétaire général de l'Église Unie, le pasteur Michael Blair.

En juin dernier, l’exécutif du Conseil général avait approuvé l’allocation de cette somme pour financer les efforts menant au rapatriement des corps dans les communautés, dont la recherche dans les archives et la démarche pour assurer aux communautés un accès à des documents.

Deux personnes en pleurs qui portent un chandail orange.

À Montréal cet été, des milliers de personnes se sont rassemblées pour honorer la mémoire des victimes des pensionnats pour Autochtones.

Photo : AFP / Andrej Ivanov

L’Église Unie du Canada a présenté ses excuses officielles aux Autochtones en 1986. En essayant de vous modeler à notre image, nous avons contribué à détruire la vision à l’origine de votre spécificité. Nous demandons votre pardon, écrivait alors le Très Révérend Bob Smith.

Le Très Révérend Bill Phipps ajoutait une mention particulière pour les survivants des pensionnats en 1998 : À toutes ces personnes qui ont souffert d’abus physiques, sexuels et psychologiques alors qu’elles étaient élèves des pensionnats autochtones gérés par l’Église Unie du Canada, je veux offrir nos excuses les plus sincères. Vous n’avez rien fait de mal. Vous avez été, vous êtes encore les victimes d’actes abominables qui, d’aucune manière, ne peuvent être justifiés ou excusés.

Beaucoup d’Autochtones exigent des excuses de l’Église catholique romaine et attendent avec impatience la visite du pape François prévue cette année au Canada.

Delphine Jung
Delphine Jung

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