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Le retour en classe des élèves est maintenu au 17 janvier au Québec

Le Dr Horacio Arruda et le ministre Roberge s'adressent aux médias.

Le ministre de l'Éducation du Québec, Jean-François Roberge, maintient au 17 janvier la rentrée en présence dans les écoles primaires et secondaires.

Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

Stéphane Bordeleau

Les élèves du primaire et du secondaire retourneront dans les classes le 17 janvier prochain, comme décrété par le gouvernement Legault le 30 décembre dernier (nouvelle fenêtre), a confirmé le ministre québécois de l’Éducation, Jean-François Roberge, en point de presse mercredi.

Accompagné du directeur national de santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, le ministre de l’Éducation a également promis la distribution prochaine de 7,2 millions de tests de dépistage rapide dans les écoles préscolaires et primaires de la province. Environ 3,6 millions seront distribués dès le 17 janvier et 3,6 millions de plus le seront en février.

Dès le 15 janvier, le personnel scolaire sera par ailleurs inscrit sur la liste des personnes prioritaires pour avoir accès à des tests PCR dans les centres de dépistage. Le personnel des écoles spécialisées sera, quant à lui, ajouté dès maintenant aux clientèles prioritaires pouvant recourir à ce type de tests, précise un communiqué du ministère de l'Éducation.

Dans la fameuse balance des inconvénients, garder toutes les écoles fermées, avec les problèmes que ça comporte, c’est plus dommageable que d’aller vers une réouverture.
Une citation de Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation du Québec

Rappelons que, depuis plusieurs semaines, les tests de dépistage rapide distribués gratuitement à la population sont très difficiles à trouver, sinon en rupture de stock, dans la majorité des pharmacies du Québec. Selon le gouvernement, la livraison de 3 millions de tests rapides (nouvelle fenêtre) est attendue au cours de la journée.

Mercredi matin, le gouvernement fédéral a également annoncé qu'il attendait la livraison plus de 140 millions de tests au cours du mois de janvier (nouvelle fenêtre).

Le port du masque sera également maintenu en tout temps dans les écoles et les transports scolaires, et des stocks de masques pourront permettre au personnel et aux élèves de les remplacer plus souvent.

Pour les élèves du préscolaire, le port du masque sera obligatoire seulement dans les transports scolaires.

Le reportage de Jean-Philippe Hughes.

Épreuves ministérielles et remise des bulletins

En ce qui a trait à la tenue des examens ministériels, ils seront reportés aux semaines du 24 et du 31 janvier, a également annoncé le ministre Roberge, qui promet la présentation d’un nouveau calendrier d’examens prochainement.

Annulées en 2020-2021, les épreuves ministérielles sont donc officiellement réintroduites en 2021-2022 avec une nouvelle pondération (nouvelle fenêtre).

La remise des bulletins se fera quant à elle le 11 février, mais les professeurs qui désirent les remettre avant cette date pourront le faire, a précisé le ministre.

Enseignement à distance

En ce qui concerne les modalités de l’enseignement à distance qui sera suivi au primaire et au secondaire jusqu’au 17 janvier, Jean-François Roberge rappelle que les services éducatifs sont maintenus selon le calendrier régulier, même si la rentrée est repoussée.

Les services offerts aux enfants à besoins spéciaux (orthopédagogues, orthophonistes, etc.) sont également maintenus à distance en attendant le retour en classe.

Les personnes qui fréquentent des centres de formation générale aux adultes et les centres de formation professionnelle devront également poursuivre l’enseignement à distance jusqu’à la rentrée en présence. Des exceptions seront toutefois possibles pour ceux et celles qui doivent être formés en laboratoire ou dans des ateliers.

Pour les élèves qui n’ont pas accès à une connexion Internet à la maison, le ministre affirme que des clés LTE pourront leur être fournies afin de pouvoir se connecter à partir de leur résidence.

En cas d’infection à la COVID-19 ou de la présence de symptômes s’y apparentant, autant le personnel que les élèves de 12 ans et plus – adéquatement vaccinés – seront soumis à une période d’isolement de cinq jours.

Dans les écoles, où l’enseignement à distance est une technique désormais bien implantée, on se dit prêt à commencer les cours.

Nos écoles sont prêtes pour basculer en enseignement virtuel, a assuré Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement, sur les ondes d’ICI RDI.

De plus, s’il y a des ajustements à faire, le ministère accorde aux écoles une journée pédagogique supplémentaire pour pouvoir garder les élèves à la maison et pouvoir se préparer adéquatement pour basculer en enseignement à distance, a expliqué M. Prévost.

Malgré la flexibilité qu’apporte l’enseignement à distance, souligne-t-il, rien ne peut cependant remplacer la présence en classe en termes d'efficacité de l'enseignement et de bien-être des élèves.

Cégeps et universités

La vague Omicron n’aura pas semé le doute que dans les écoles primaires et secondaires. Cette semaine, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) a annoncé qu’elle reportait la rentrée en présence au 24 janvier.

L’Université de Montréal, pour sa part, a choisi de la reporter au 31 janvier (nouvelle fenêtre), tout comme l'Université du Québec à Trois-Rivières.

Aucune annonce n’a été faite en ce qui a trait à la rentrée en présentiel au collégial, toujours prévue pour le 17 janvier, conformément aux directives émises par Québec le 30 décembre dernier.

Services de garde

Les services de garde en milieu scolaire demeureront quant à eux ouverts pour les parents qui occupent des emplois jugés essentiels, bien que le gouvernement recommande aux parents de garder leurs enfants à la maison, s’ils le peuvent, jusqu’à la rentrée en présentiel, le 17 janvier.

Si la situation sanitaire changeait d’ici là, les services de garde seraient maintenus pour les travailleurs prioritaires.

Qualité de l'air

Pour ce qui est de la question de la qualité de l’air dans les écoles du Québec, le ministre Roberge a annoncé que 50 000 lecteurs de CO2 seront distribués dans les écoles d’ici vendredi.

À cela s’ajouteront 40 000 autres appareils qui seront distribués au cours des mois de janvier et février.

Plus de 400 échangeurs d’air ont également été distribués dans les écoles qui en ont fait la demande, a déclaré Jean-François Roberge.

Réactions partagées du milieu syndical et de parents

À la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le président Éric Gingras salue certaines des mesures annoncées , mais demeure perplexe quant au portrait général de la situation.

Nous comprenons évidemment qu’il y a une réorganisation à faire en raison de la virulence du variant Omicron, mais pourquoi tenir cette conférence de presse le jour même où l’enseignement à distance reprend pour plusieurs? demande-t-il dans un communiqué.

Globalement, nous retenons que le Québec est en retard sur la ventilation, les autotests, les masques et la troisième dose de vaccin. Nous aurions aimé que certaines mesures soient implantées bien avant la venue d’Omicron. Nous n’en serions peut-être pas là aujourd’hui, poursuit le président de la Centrale des syndicats du Québec, qui représente 125 000 travailleurs de l’éducation.

J'arrive pas à être rassurée vraiment, dit Patricia Clermont, du mouvement Je protège mon école publique, qui regroupe des parents. Il y a des questions sur lesquelles on demande des réponses depuis trop longtemps, puis en fait, on n'a pas l'impression d'avoir accès au vrai portrait.

Pour la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), les mesures annoncées par le ministre de l’Éducation sont tout simplement en retard par rapport à la situation qui prévaut sur le terrain.

On nous parle encore d’ouvrir les fenêtres en plein hiver comme principale solution, deux ans plus tard.
Une citation de Léandre Lapointe, vice-président de la FNEEQ

Contrairement à l’expérience ontarienne, une forte majorité de nos écoles ne disposent toujours pas d’air filtré adéquatement et ne sont toujours pas munies de lecteurs de CO2. Les masques de type N95 ne sont toujours pas distribués au personnel enseignant, qui est laissé à lui-même pour préparer les cours en mode non présentiel, critique Léandre Lapointe.

La centrale syndicale déplore par ailleurs que la stratégie du ministère de l’Éducation soit essentiellement basée sur la distribution de tests rapides, qui accuse actuellement d’importants retards.

Stéphane Bordeleau

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