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Les nouvelles mesures bientôt en place dans tous les aéroports, assure Ottawa

Des voyageurs font la file près d'un employé de l'aéroport portant un masque, une visière et une tenue protectrice.

Il faudra encore compter quelques jours avant que les nouveaux contrôles sanitaires soient en place dans tous les aéroports du pays.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Stéphane Bordeleau
Jérôme Labbé

Les mesures de dépistage obligatoire de la COVID-19 dans les aéroports pour certains voyageurs dans le cadre de la lutte contre le variant Omicron seront entièrement déployées au cours des prochains jours, a assuré vendredi le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos.

Le gouvernement Trudeau, qui avait déjà annoncé une série de mesures touchant les voyageurs en provenance d’Afrique australe (nouvelle fenêtre), a décrété mardi que tous les voyageurs aériens arrivant au Canada devront subir un test de dépistage et se placer en isolement en attendant le résultat, sauf ceux en provenance des États-Unis (nouvelle fenêtre).

Or, ces annonces en cascade semblent avoir pris de court les services frontaliers et sanitaires, qui n’étaient pas en mesure, cette semaine, d’appliquer ces nouvelles directives à la lettre, faute de personnel et de matériel suffisant.

Cette situation a par ailleurs engendré une certaine confusion (nouvelle fenêtre) dans les aéroports, où les tests de dépistage n’étaient pas systématiquement exigés à tous les voyageurs ces derniers jours.

Le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, en conférence de presse.

Le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Conscient de la situation, Jean-Yves Duclos a expliqué qu’il était entendu que la mise en place de ces contrôles sanitaires allait nécessiter un certain temps.

Je l’ai dit mardi et je le répète aujourd’hui, nous ne pourrons pas cibler tous les voyageurs du jour au lendemain, a admis le ministre, tout en assurant que la situation progressait rapidement aux frontières.

Cela va prendre quelques jours, mais nous allons augmenter progressivement le nombre de voyageurs testés jusqu’à ce que les infrastructures nécessaires soient en place pour tester tous les voyageurs ciblés par les mesures annoncées, a-t-il ajouté.

Cette mesure fait l’objet d’une mise en œuvre progressive, mais soyons très clairs, tous les voyageurs doivent être prêts à être testés à l’arrivée.
Une citation de Jean-Yves Duclos, ministre fédéral de la Santé

Toutes les mesures de contrôle de la COVID-19 aux frontières devraient être pleinement en vigueur d’ici quelques jours, a assuré M. Duclos.

En ce qui a trait à la décision de son gouvernement de ne pas tester les voyageurs en provenance des États-Unis, le ministre a répondu que la transmission communautaire du variant Omicron actuellement observée dans le pays de l'Oncle Sam n'était pas d’une ampleur suffisante, aujourd'hui, pour justifier l’imposition d’un test à l’arrivée.

Cette exception pourrait toutefois changer si la situation s’aggravait chez nos voisins du Sud, a-t-il prévenu.

M. Duclos affirme par ailleurs être en contact quotidien, à ce sujet, avec ses homologues américains.

Il n’est pas exclu non plus, a-t-il souligné, que les Américains imposent de leur côté de nouvelles mesures sanitaires qui toucheraient les voyageurs canadiens à l'approche des Fêtes.

Le reportage de Louis Blouin

Les aéroports dans l'incertitude

Pendant ce temps, les autorités aéroportuaires du pays se demandent sur quel pied danser. Quelques jours après l'entrée en vigueur du nouveau test obligatoire à l'arrivée, le site web de Santé Canada n'en fait toujours aucune mention.

Nous demeurons préoccupés quant à la faisabilité de fournir à l’Agence de la santé publique du Canada les espaces requis pour dépister adéquatement et de façon sécuritaire l’ensemble des voyageurs internationaux à l’aéroport, admet Eric Forest, porte-parole d'Aéroports de Montréal.

Avec les volumes attendus pour la période des Fêtes, nous anticipons évidemment des délais de traitement important pour les passagers, qui devront attendre dans des espaces qui ne sont pas adaptés pour y installer des cliniques à haut volume, a-t-il fait savoir à Radio-Canada par courriel.

Nous sommes donc toujours en attente des alternatives qui seront mises en place pour atteindre l’objectif du gouvernement fédéral, a déclaré M. Forest. Par exemple, une combinaison de tests réalisés à l’aéroport et sur un site externe, ou des tests autoadministrés, pourrait être envisagée.

Pour Daniel-Robert Gooch, président du Conseil des aéroports du Canada, l'utilisation de tests hors site, tels que des tests à emporter, sera essentielle pour que [la nouvelle directive d'Ottawa] fonctionne.

Nos membres nous ont dit qu'il ne serait pas possible de traiter 100 % de tous les voyageurs internationaux non américains sur place.
Une citation de Daniel-Robert Gooch, président du Conseil des aéroports du Canada

À l'heure actuelle, tous les voyageurs doivent faire la démonstration à leur arrivée au Canada qu'ils n'ont pas la COVID-19 et qu'ils ont subi un test de dépistage négatif dans les dernières 72 heures. La seule exception concerne les Canadiens entièrement vaccinés de retour au pays après un bref séjour aux États-Unis (nouvelle fenêtre).

Tous les ressortissants étrangers doivent obligatoirement avoir été vaccinés contre la COVID-19 pour entrer au Canada. Les Canadiens non vaccinés, eux, sont acceptés, mais ils doivent, en sus de la procédure actuelle, passer un second test au huitième jour de la quarantaine qui leur est imposée.

Les étapes à franchir pour entrer au Canada

À son arrivée à la frontière, un voyageur subit tout de suite un test auprès d'une infirmière de la santé publique, sans quoi il se voit remettre un test à s'administrer à la maison.

Ce voyageur doit ensuite s'isoler chez lui ou dans une installation de quarantaine désignée (habituellement un hôtel) en attendant les résultats du test. Cette étape peut prendre jusqu'à trois jours.

Si ce voyageur obtient un résultat négatif, il est libre de se déplacer comme il le ferait normalement. Si le test est positif, il doit rester en quarantaine pendant 14 jours.

Si un passager doit prendre un vol de correspondance, il est testé à son aéroport d'arrivée (ou se voit remettre un test à emporter) avant de continuer vers sa destination finale.

Dans le cas d'un voyageur arrivant de Paris à Montréal pour prendre un vol de correspondance vers Vancouver, par exemple, c'est à Montréal que ce voyageur doit être testé (ou se voir remettre un test à emporter), mais c'est à Vancouver qu'il doit s'isoler en attendant les résultats de son test.

Les voyageurs qui subissent un test à emporter doivent se l'administrer eux-mêmes. Ce test doit être réalisé en visioconférence avec une infirmière d'une entreprise privée comme Dynacare, LifeLabs ou Switch Health, pour s'assurer qu'il est bien fait.

L'échantillon est ensuite envoyé par courrier à un laboratoire. Les instructions sont incluses dans la trousse du test, remise à l'aéroport.

Le gouvernement fédéral couvre tous les coûts associés aux tests à l'arrivée.

Pour l'instant, les voyageurs arrivant au Canada en provenance des États-Unis ne sont pas obligés de passer ce test. Il leur suffit de fournir la preuve qu'ils en ont passé un dans les dernières 72 heures.

Ce n'est toutefois pas le cas pour les voyageurs internationaux transitant par les États-Unis pour entrer au Canada. Le passager d'un vol Paris-Atlanta-Toronto, par exemple, est accueilli à Toronto comme s'il arrivait directement de Paris.

Avec les informations de CBC.
Stéphane Bordeleau
Jérôme Labbé

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