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La chasse à l’orignal pour favoriser la réconciliation

Deux jeunes Autochtones prennent une photo avec deux policiers en civil.

Deux agents de police en compagnie de deux des jeunes qui ont participé à un projet pilote axé sur la chasse.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Miguelle-Éloïse Lachance

Cet automne, cinq jeunes Autochtones et des agents du Service de police du Grand Sudbury (SPGS) ont participé à une chasse à l’orignal dans le cadre d’un projet pilote d’échange culturel et de rapprochement.

Le projet est né d’une initiative de l’agent Darrell Rivers, qui a contacté plusieurs organismes autochtones offrant des services aux jeunes Autochtones et à leurs familles.

Il nous a invités à participer à cette chasse à l’orignal, car notre territoire comprend aussi Sudbury, raconte Jim Fox, coordonnateur culturel pour Kina Gbezhgomi Child & Family Services, un organisme basé sur l’île Manitoulin.

M. Fox affirme que l’activité a été une occasion de mentorat pour les jeunes.

Jim Fox accorde une entrevue.

Jim Fox explique que l'activité a aussi permis d’encourager une bonne relation avec les services policiers.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Falcon Desmoulin est l’un des jeunes Autochtones qui ont pris part à la journée de chasse qui s'est déroulée en septembre, à la suggestion d’un de ses enseignants.

J’ai pensé que ce serait une expérience amusante, explique-t-il. Ça faisait longtemps que je n’avais pas été à la chasse. J’étais très jeune et je m’en souviens à peine.

La chasse a d’ailleurs été fructueuse, comme le raconte Kyle Chandler, un des agents du Service de police du Grand Sudbury qui s'implique dans le projet pilote.

On est sortis pour la chasse tôt le matin. Je pense que ça a pris 25 minutes et nous avions déjà tué un orignal. Nous avons dîné, puis en moins de 25 minutes nous avons récolté un deuxième orignal.

Kyle Chandler pose pour une photo.

Kyle Chandler, amateur de chasse, a sauté sur l'occasion de participer au projet pendant lequel il a beaucoup appris sur la culture autochtone.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Les jeunes et les policiers ont mangé des parties crues de l'orignal, dont le cœur, comme le font traditionnellement les Premières Nations.

Mardi soir, les participants ont souligné la fin de projet pour cette année en partageant un repas comprenant de la viande d'orignal.

La viande récoltée a aussi permis de garnir les tablettes d’une banque alimentaire autochtone.

Des rencontres bimensuelles entre les policiers et les adolescents avaient commencé dès le mois de juillet, explique Juanita Skruibis, directrice des services pour Nogdawindamin Family & Community Services.

Les sessions comprenaient des enseignements traditionnels et des occasions pour les jeunes et les agents d’aller dans la nature avant la chasse.
Une citation de Juanita Skruibis, directrice des services pour Nogdawindamin Family & Community Services

Elle note que le projet avait comme objectif de rebâtir la confiance entre les Autochtones et les policiers, et que ces derniers ont pu en apprendre plus sur la culture anichinabée.

Les adolescents ont aussi reçu des formations sur le maniement des armes à feu.

L'agent Chandler estime que l'activité a été une réussite.

Au début, tout le monde était timide, mais les langues ont fini par se délier. C’est bien que les jeunes puissent nous voir en dehors de notre uniforme.
Une citation de Kyle Chandler, agent du Service de police du Grand Sudbury

Je suis ravi que ça ait pu fonctionner, surtout avec la COVID-19 et toute la bureaucratie, ajoute Kyle Chandler.

Falcon Desmoulin affirme que cela lui a permis de se défaire de certains de ses préjugés. Je pensais que les policiers seraient très stricts, mais ils étaient vraiment cool. Ce sont des personnes normales.

Jim Fox et Juanita Skruibis affirment que l’initiative sera répétée en 2022, possiblement avec davantage de participants.

Miguelle-Éloïse Lachance

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