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Omicron présente un « risque très élevé », selon l’OMS

Des étudiants dessinent des affiches colorées.

Des étudiants de Mumbai en Inde mettent la touche finale à des affiches visant à sensibiliser la population contre l'émergence du nouveau variant Omicron, découvert d'abord en Afrique du Sud, mais qui se propage désormais à travers le monde.

Photo : Reuters / Niharika Kulkarni

Agence France-Presse

Le nouveau variant Omicron du coronavirus présente « un risque très élevé » au niveau mondial, a prévenu lundi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dans un contexte où de plus en plus de pays annoncent des mesures de restriction pour combattre sa propagation.

La liste des pays où Omicron est détecté ne cesse de s'allonger, notamment en Europe, après des premiers cas repérés en Afrique australe au courant du mois de novembre. Cela a poussé de nombreux États à suspendre les voyages vers cette région et à instaurer des restrictions préventives.

À ce jour, aucun décès associé au variant Omicron n'a été rapporté, souligne l'Organisation mondiale de la santé dans un document technique publié lundi. Mais étant donné les mutations qui pourraient conférer un potentiel d'échappement à la réponse immunitaire tout comme possiblement donner un avantage en termes de transmissibilité, la probabilité qu'Omicron se répande au niveau mondial est élevée.

L'organisation, qui craint de futurs pics de COVID-19, avait dès vendredi classé le variant préoccupant, les données préliminaires suggérant qu'il présente un risque accru de réinfection, ce qui prendra plusieurs semaines à vérifier.

La pandémie a fauché plus de 5,2 millions de vies dans le monde depuis son apparition fin 2019 en Chine.

Fermeture de frontières en série

Trois semaines après avoir assoupli certaines restrictions pour les voyageurs d'affaires, étudiants et stagiaires étrangers, Tokyo va interdire toutes les (nouvelles) entrées de ressortissants étrangers du monde entier à partir de mardi à cause d'Omicron, a déclaré le premier ministre japonais Fumio Kishida. Les Japonais revenant d'Afrique australe et de pays où des infections au nouveau variant ont été recensées devront se soumettre à de strictes mesures d'isolement.

L'Australie (cinq cas d'Omicron), qui devait rouvrir mercredi ses frontières aux étudiants étrangers et aux travailleurs qualifiés, va attendre encore au moins deux semaines. Ses frontières sont fermées aux étrangers depuis plus de 20 mois.

Les Philippines, qui devaient aussi rouvrir mercredi leurs frontières, mais aux touristes entièrement vaccinés, ont également suspendu leur projet et annoncé une intensification de la campagne de vaccination, peu avancée. Un coup dur pour le tourisme (13 % du PIB), dévasté par la chute du nombre de visiteurs internationaux depuis la fermeture des frontières en mars 2020.

L'Indonésie a déclaré indésirables sur son sol les personnes ayant été au cours des 15 derniers jours à Hong Kong, où Omicron a été signalé, tout comme celles venant de huit pays africains (Afrique du Sud, Botswana, Namibie, Zimbabwe, Lesotho, Mozambique, Eswatini, Nigeria).

Une femme assise par terre parle au téléphone, l'air découragé.

Une femme tente de trouver un vol pour sortir d'Afrique du Sud alors que de nombreuses compagnies aériennes ont cessé de faire la liaison.

Photo : Reuters / Sumaya Hisham

Israël, où un cas a été confirmé chez un voyageur revenu du Malawi, interdit depuis dimanche soir l'entrée des étrangers et va imposer un test PCR et une quarantaine même à ses ressortissants vaccinés.

Pas de mesures supplémentaires aux États-Unis, dit Biden

Les États-Unis, qui venaient de se rouvrir au monde début novembre, se ferment à partir de lundi aux voyageurs venant de huit pays d'Afrique australe. Le pays se trouve dans un état d'alerte avancée en raison d'Omicron, selon l'immunologue et conseiller de la Maison-Blanche Anthony Fauci.

Aucun cas n'y a encore été détecté, mais le Dr Fauci estime qu'il est inévitable que, tôt ou tard, Omicron se propage largement, car il semble être très contagieux. Mais il y a beaucoup de choses que nous ne savons pas, a-t-il rappelé.

Il y a des raisons d'être préoccupés face à ce nouveau variant, mais pas de raison de paniquer, a dit le président américain Joe Biden dans un discours à la Maison-Blanche.

Il a estimé que tôt ou tard ce nouveau variant apparaîtrait également aux États-Unis, mais n'a pas annoncé de mesures contraignantes supplémentaires dans l'immédiat, que ce soit aux frontières ou à l'intérieur du pays.

Je n'anticipe pas cela à ce stade, a-t-il dit en réponse à une question sur des restrictions supplémentaires. Joe Biden a déclaré par ailleurs que si les gens sont vaccinés et portent un masque, il n'y a pas besoin de confinement.

Interrogé sur une éventuelle obligation de vaccin ou de test pour prendre des vols intérieurs aux États-Unis, le président démocrate a répondu : À ce stade, ce n'est pas une recommandation de la communauté scientifique.

Le Canada a quant à lui annoncé une série de mesures (nouvelle fenêtre) vendredi, dont l'interdiction d'entrer au pays pour les ressortissants étrangers qui arrivent d’Afrique du Sud, du Mozambique, du Botswana, du Zimbabwe, du Lesotho, de l’Eswatini et de la Namibie, ou qui ont transité par ces pays.

Le monde est face à un nouveau variant de la COVID, appelé Omicron. On en discute avec Joanne Liu, pédiatre au CHU Sainte-Justine et spécialiste des urgences pandémiques et sanitaires à l'Université McGill.

Multiplication des cas hors de l'Afrique

Au-delà de l'Afrique australe, des cas liés à la nouvelle souche ont été détectés dans les pays du G7, du Canada (nouvelle fenêtre) à l'Italie, en passant par l'Allemagne et le Royaume-Uni, où 11 cas, dont 6 en Écosse, ont été confirmés lundi. Certains ne sont pas liés à des voyages.

Une situation qui a conduit les ministres de la Santé de la France, des États-Unis, du Canada, d'Allemagne, d'Italie, du Japon et du Royaume-Uni à se retrouver lundi à Londres « pour discuter de l'évolution de la situation relativement à Omicron » (nouvelle fenêtre), lors d'une réunion d'urgence.

En France, où huit cas suspects sont signalés, mais non confirmés, la détection du variant Omicron est très probablement une question d'heures, d'après le ministre de la Santé Olivier Véran.

Au Portugal, 13 cas de COVID-19 identifiés chez les footballeurs du club portugais Belenenses SAD sont les premiers à être liés au variant, selon l'Institut national de santé (Insa).

Aux Pays-Bas, un nouveau cas du variant Omicron a été détecté parmi les passagers partis d'Afrique du Sud et positifs à la COVID-19 vendredi à leur arrivée à Amsterdam (nouvelle fenêtre). Ils sont désormais 14 à être porteurs du variant, a déclaré lundi le ministre néerlandais de la Santé.

Le variant a aussi été signalé en Autriche chez une personne ayant récemment voyagé en Afrique du Sud, selon le gouvernement autrichien.

Un premier cas du variant Omicron a aussi été détecté en Espagne, a annoncé lundi l'hôpital Gregorio Marañon de Madrid, en précisant qu'il s'agissait d'un voyageur provenant d'Afrique du Sud.

Pour autant, l'Organisation mondiale de la santé plaide pour un maintien de l'ouverture des frontières.

Le Malawi a dénoncé des restrictions de voyage relevant de l'afrophobie. Se jugeant déjà « punie » (nouvelle fenêtre) pour avoir révélé l'existence du variant, l'Afrique du Sud a pour sa part demandé la levée immédiate et urgente des restrictions de voyage.

L'épidémiologiste sud-africain Salim Abdool Karim estime que le pays devrait dépasser les 10 000 contaminations quotidiennes cette semaine, ce qui devrait causer une pression accrue sur le système de santé dans les deux ou trois semaines à venir. Le pays de 59 millions d'habitants a déjà constaté ces dernières semaines une hausse rapide des contaminations : quelque 2800 nouveaux cas ont été enregistrés dimanche, contre seulement 500 la semaine précédente et 275 auparavant. Au plus fort de la pandémie, en juillet et août dernier, l'Afrique du Sud recensait plus de 25 000 nouveaux cas par jour. Environ 24 % de la population sud-africaine est adéquatement vacciné, ce qui en fait tout de même le pays d'Afrique avec le plus haut taux de vaccination.

Un nombre élevé de mutations

L'hôpital Bambino Gesù de Rome a publié une première image du nouveau variant montrant qu'il présente beaucoup plus de mutations que le variant Delta actuellement dominant. D'autres études nous diront si cette adaptation est neutre, moins dangereuse ou plus dangereuse, ont précisé les chercheurs.

Jamais un variant n'avait provoqué autant d'inquiétude dans le monde depuis l'émergence de Delta, déjà très contagieux.

Du côté des fabricants de vaccins, AstraZeneca comme Pfizer-BioNTech, Moderna et Novavax se sont déclarés confiants dans leur capacité à combattre la souche Omicron.

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