1. Accueil
  2. Science
  3. Médecine

Des chercheurs de Québec auraient découvert comment la COVID affecte le cerveau

Illustration conceptuelle montrant le SRAS-CoV-2 dans le cerveau humain.

La COVID-19 peut provoquer des symptômes neurologiques, tels que le délire et la confusion.

Photo : iStock

Jean-François Nadeau, journaliste à Radio-Canada.
Jean-François Nadeau

Des chercheurs de l’Université Laval affirment avoir découvert le mécanisme qui fait en sorte que la COVID-19 provoque des problèmes au cerveau chez au moins 30 % des personnes hospitalisées.

Chez certains patients, le virus de la COVID, le SRAS-CoV-2, provoque des microlésions au cerveau. Les complications qui en découlent incluent la confusion, les troubles de la mémoire et, dans les cas les plus graves, des AVC.

Le Dr Ayman ElAli.

Le Dr Ayman ElAli

Photo : Radio-Canada

Une équipe de recherche, dirigée par le Dr Ayman ElAli, s’est penchée sur la question afin de découvrir le mécanisme en jeu.

Une bonne proportion de ces problèmes neurologiques sont causés par un dysfonctionnement du système vasculaire. Les vaisseaux du cerveau deviennent dysfonctionnels, explique-t-il.

Les chercheurs ont réalisé une série de tests dans des conditions reproduisant les symptômes d'une infection grave à la COVID-19.

Image montrant le SRAS-CoV-2 se développant à la surface de cellules (en bleu et en rose) cultivées en laboratoire.

Cette image montre le SRAS-CoV-2 (en jaune), le virus qui cause la COVID-19, se développant à la surface de cellules (en bleu et en rose) cultivées en laboratoire (archives).

Photo : NIAID-RML

Protéine S

Le mécanisme responsable de ces complications neurologiques serait étroitement lié à la protéine S du virus de la COVID-19, ont établi les scientifiques.

Les chercheurs ont donc exposé en laboratoire des cellules vasculaires à cette protéine.

On a constaté que ça induit des changements radicaux dans les cellules. Ça les rend très inflammées et dysfonctionnelles, souligne le Dr ElAli.

Oxygène

Les chercheurs ont aussi observé que, lorsque l’apport en oxygène est réduit, les effets de la protéine S sur les cellules du cerveau sont amplifiés.

C’est ce qui survient lors d’une infection grave à la COVID-19, surtout chez les patients présentant des facteurs de risque vasculaire, notamment l’obésité, le diabète ou l’hypertension. Cela augmente le risque de microlésions pouvant conduire à des problèmes neurologiques, souligne le chercheur au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval.

Lésions chez les asymptomatiques

Il n’y a pas que les personnes les plus à risque de complications qui peuvent développer des troubles au cerveau.

Notre étude suggère que certaines personnes asymptomatiques pourraient avoir ces microlésions dans le cerveau. Avec le temps, ça pourrait engendrer des problèmes beaucoup plus graves, affirme le Dr ElAli.

Vers un traitement

Les chercheurs vont maintenant analyser les impacts des mutations du virus sur leur découverte et, surtout, tenter de trouver une molécule qui permettrait de traiter les effets cérébraux de la COVID.

Une possibilité serait de neutraliser localement l'interaction entre la protéine S, qui se trouve dans le virus, et les récepteurs vasculaires. Ça pourrait être une avenue prometteuse pour prévenir ou réduire les complications attribuables au virus de la COVID-19, estime le titulaire de la Chaire de recherche du Canada en interactions neurovasculaires moléculaires et cellulaires.

Les détails de cette découverte viennent d’être publiés dans le numéro de décembre de la revue Neurobiology of Disease.

Jean-François Nadeau, journaliste à Radio-Canada.
Jean-François Nadeau

À la une