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Ces femmes autochtones au pouvoir

Les quatre femmes lors d'une discussion publique.

De gauche à droite : l'entrepreneure Nadia Robertson, la cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations, RoseAnne Archibald, la grande cheffe du Conseil mohawk de Kahnawake, Kahsennenhawe Sky-Deer, et la grande cheffe du Grand Conseil des Cris, Mandy Gull-Masty.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Delphine Jung
Delphine Jung

L'année 2021 a été marquée par l’élection de plusieurs femmes autochtones à la tête d’organisations importantes. Ce tournant n’est peut-être qu’un simple retour aux sources pour ces communautés autrefois très matriarcales.

Avant la Loi sur les Indiens, les femmes jouaient déjà un rôle, a rappelé Kahsennenhawe Sky-Deer, la grande cheffe du Conseil mohawk de Kahnawake, en marge du Grand Cercle économique des Premières Nations et du Québec (nouvelle fenêtre).

C’est normal qu’il y ait des femmes à la tête de conseils, c’est la nouvelle norme, a ajouté la grande cheffe du Grand Conseil des Cris, Mandy Gull-Masty.

La grande cheffe Kahsennenhawe Sky-Deer au micro.

La grande cheffe Kahsennenhawe Sky-Deer fait partie de ces femmes leaders qui représentent les Autochtones.

Photo : Ivanoh Demers

Ces deux femmes ont été élues cette année, brisant ainsi le plafond de verre pour la première fois dans leurs organisations respectives. RoseAnne Archibald est pour sa part devenue la première femme à diriger l’Assemblée des Premières Nations.

Il y a un mouvement qui a commencé au cours de la dernière année. Je crois que c’est le temps pour les femmes de prendre leur place en tant que leaders. Les gens veulent du changement, a dit la cheffe nationale Archibald.

RoseAnne Archibald et Kahsennenhawe Sky-Deer.

La cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations, RoseAnne Archibald, croit que les gens sont prêts à ce que plus de femmes dirigent des organisations d'envergure.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Aujourd’hui, ces trois femmes tentent d’inspirer les plus jeunes grâce à leur leadership et à leur réussite. Notre position pourrait peut-être inspirer les jeunes filles qui estiment qu'elles peuvent jouer un rôle afin d'apporter des changements nécessaires dans leur communauté, a fait valoir Kahsennenhawe Sky-Deer.

L’idée derrière tout ça? Montrer qu'il est possible pour une femme de siéger parmi les décideurs en tant que décideuse. Selon la grande cheffe de Kahnawake, les femmes autochtones élues sont porteuses d’espoir. Elle a aussi souligné la solidarité et la sororité qui existent entre les élues.

Mandy Gull-Masty en tenue traditionnelle, assise dans un fauteuil.

Mandy Gull-Masty, grande cheffe du Grand Conseil des Cris, a participé au Grand Cercle économique des Premières Nations. Elle souhaite que les Autochtones diversifient leur économie.

Photo : Radio-Canada

RoseAnne Archibald croit très fort au pouvoir des femmes. Ce sont les femmes qui, selon elle, sont plongées dans l’action et vont de l’avant. Moins de blablabla, plus de gestes concrets. C’est d’ailleurs ce qu’elle a demandé au gouvernement Trudeau après le discours du Trône (nouvelle fenêtre).

Kahsennenhawe Sky-Deer a affirmé que les femmes autochtones au pouvoir ont largement gagné le respect de leurs homologues masculins et des conseillers de bande. Ils ne nous regardent pas comme si nous étions inférieures, a-t-elle dit à propos des cheffes qui siègent aux conseils de bande comme des femmes fortes. Au contraire, ils les admirent, a-t-elle ajouté.

De nombreux défis attendent ces trois personnalités imposantes et charismatiques. Elles en ont toutes bien conscience. La grande cheffe mohawk a expliqué que son principal défi consiste à gagner la confiance de la communauté, pas celle de ses collègues du conseil de bande.

Kahsennenhawe Sky-Deer avec une tunique traditionnelle, assise dans un fauteuil.

La grande cheffe mohawk Kahsennenhawe Sky-Deer estime qu'un travail de guérison reste à faire, mais qu'il faut aussi penser à regarder vers l'avenir.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Ce système électoral [qui sert à élire les conseils de bande] n’est pas notre manière de fonctionner à la base. On me verra toujours comme une arme du gouvernement fédéral, comme quelqu’un qui perpétue le colonialisme. Je suis là pour que les gens changent leur perception à ce sujet. Je suis convaincue de pouvoir créer un avenir qui va mieux représenter ce que nous sommes, a-t-elle assuré.

Les femmes ont aussi pour défi de montrer qu'elles peuvent avoir une poigne de fer et qu'elles savent affirmer leurs choix et leurs positions. RoseAnne Archibald le résume bien : Il faut être dure quand on doit être dure. On attend certaines choses de la part des femmes, mais il faut surmonter ça en traversant les murs, a-t-elle dit en sous-entendant qu'on ne s'attend pas forcément à ce qu'elles fassent preuve de fermeté.

Philosophe, Mandy Gull-Masty a ajouté qu’à la fin de leur journée, les femmes cheffes doivent se souvenir qu’elles sont humaines. Il faut prendre soin de soi, c’est un gros défi pour moi, a-t-elle écrit. Bref, il ne faut pas s’oublier.

Delphine Jung
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