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Vendredi fou : des alternatives existent, comme le Vendredi bleu

Selon Moneris, le principal fournisseur de solutions de paiement au Canada, 942 000 transactions avaient déjà été effectuées au Canada entre minuit à 7 h 30.

Deux femmes tenant des sacs de magasinage à l'extérieur d'un centre commercial.

Le Canada connaît officiellement le Vendredi fou depuis la crise de 2008 aux États-Unis (archives).

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Audrey Simon

Chaque année, le dernier vendredi du mois de novembre est synonyme d’aubaines à ne pas manquer et lance la période agitée des achats de cadeaux pour les festivités de fin d’année. Des citoyens préoccupés par cette frénésie d'achat qu'ils jugent trop polluante proposent une alternative pour assainir les océans.

Blue Friday, une association britanno-colombienne, met en place des projets de protection de l’océan.

Le principe consiste, pour l’association de Tofino, à créer des partenariats avec des commerces qui partagent leur philosophie : agir pour protéger l'océan. Ces derniers acceptent de verser un pourcentage situé entre 15 et 50 % de leur chiffre d’affaires du dernier vendredi du mois de novembre.

L’argent récolté a permis d’acheter des sea bins, caissons qui collectent le microplastique dispersé dans l’océan. Cette année, l’objectif est de remplacer le quai de chargement de First Street Dock à Tofino pour un nouveau quai sans polystyrène, qui contamine l'eau de petites billes flottantes lorsqu'il se dégrade.

Quatre hommes posent un «sea bin» dans la mer.

Un «sea bin» permet de récolter le microplastique présent dans l'océan.

Photo : Fournie par Blue Friday

En 2019, les quatre fondateurs ont réuni 7 entreprises et collecté presque 16 000 $. En 2020, en pleine pandémie, 9 commerçants ont accepté de se joindre à l’initiative et ont fait don de plus de 9000 $.

Cette année, 44 entreprises ont répondu à l’appel. C’est très excitant cette année, s'enthousiasme Maya Bellay, responsable des relations publiques de Blue Friday.

Un événement marketing polluant

Selon la directrice des campagnes Océans et Plastiques de Greenpeace Canada, Sarah King, le Vendredi fou est essentiellement alimenté par les entreprises qui entretiennent la consommation et le consumérisme pour des produits superflus.

Ce qui résulte à beaucoup de gâchis et de pertes, , explique celle qui travaille au siège de Vancouver.

D’après Sarah King, la production de plastique grimpe en flèche à l’approche du Vendredi fou. La production de déchets, elle, augmente à compter du Vendredi fou jusqu’à la période des Fêtes car plusieurs objets du quotidien contiennent du plastique (emballages, jouets, produits électroniques, vêtements).

L’organisation environnementale encourage les consommateurs à réfléchir à deux fois avant de dépenser pendant le Vendredi fou, événement importé des États-Unis et largement adopté au Canada.

Selon Moneris, le principal fournisseur de solutions de paiement au Canada, 942 000 transactions avaient déjà été effectuées au Canada entre minuit à 7 h 30, en ce Vendredi fou.

Contrer la tendance

Pensez aux choix alternatifs comme l'achat de produits déjà utilisés, ou réutilisez ce que vous possédez déjà. Ou encore optez pour la réparation pour éviter de consommer inutilement , conseille Sarah King.

La plupart des vêtements, des objets électroniques, des jouets, des emballages finissent à la poubelle ou à la décharge ou sont brûlés, explique la directrice des campagnes Océans et Plastiques de Greenpeace Canada. Peu de ce que nous consommons est recyclé ou réutilisé.

Selon Sarah King, plus de 300 millions de tonnes de plastique ont été produites en 2020.

Parcs Canada dit pour sa part que plus de 8 millions de tonnes de plastique sont jetées dans l’océan chaque année.

À écouter :

Une chronique de Sophie Delaigue à propos du minimalisme durable et responsable (nouvelle fenêtre) à l’émission Phare Ouest

Audrey Simon

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