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Possible pénurie de sapins de Noël en vue

Brad Clements montre un arbre de Noël dans sa grange.

Brad Clements produit des pins et des épinettes, mais doit commander ses sapins de l'extérieur.

Photo : CBC / Martin Trainor

RCI

La grange de Brad et Jo Anne Clements de Milton, en Ontario, est remplie de sapins Fraser et sapins baumiers, ce qui marque le début d’une « haute saison ». Cette année, les propriétaires de Clembrook Christmas Farm ont décidé d’ouvrir une semaine plus tard, parce qu’ils craignent de manquer d’arbres de Noël pour répondre à la demande élevée.

Si les sapins Fraser viennent à manquer, les clients devront se tourner vers les pins et les épinettes, qui sont moins populaires.

M. Clements a tenté sans succès de cultiver des sapins Fraser, mais le sol argileux de sa ferme ne convient pas. Il doit donc les commander du Nord de l’Ontario. Cette année, toutefois, une combinaison de facteurs a entraîné une pénurie qui a fait augmenter les prix de 20 %, affirme-t-il.

En Amérique du Nord, le problème remonte à une dizaine d’années, quand les sapins que nous achetons maintenant ont été plantés, expliquent des experts.

En sortant de la récession de 2011, les producteurs étaient peu enclins à augmenter la production et n’avaient pas prévu une augmentation de la demande pour les sapins de Noël naturels et plus particulièrement pour les sapins Fraser, explique Shirley Brennan, directrice générale de l’Association des producteurs de sapins de Noël de l’Ontario.

La demande a tellement augmenté; nous n’aurions pas pu prévoir ce qui allait arriver, a-t-elle commenté.

Au cours des cinq dernières années, les ventes au Canada seulement ont presque doublé, passant de 53 à 100 millions de dollars.

Le PDG de l’association Forests Ontario, Rob Keen, constate que la demande pour les sapins naturels augmente parce que les gens sont plus sensibilisés aux changements climatiques et à l’impact environnemental des arbres artificiels.

En raison de la pandémie, les familles se sont mises à chercher des sorties à l’extérieur comme la visite d’une pépinière ou d’une ferme pour choisir le plus bel arbre de Noël.

Les arbres naturels présentent plusieurs avantages : ils sentent bon, ils sont très beaux et ils sont complètement biodégradables , note-t-il.

Si la pandémie et les changements climatiques ont fait augmenter la demande, ils ont aussi réduit l’offre. Le gel tardif au printemps ces dernières années, de la Nouvelle-Écosse au Québec et jusqu’à la région d’Ottawa, a endommagé ou fait mourir des arbres de Noël de toutes tailles, raconte Mme Brennan.

La chaleur extrême causée par les feux de forêt a eu des conséquences en Alberta et en Colombie-Britannique. Les producteurs ontariens ont fait face à des printemps et des automnes plus secs que la normale.

Les États-Unis ont aussi été touchés par ces conditions difficiles et ont réduit leurs exportations au Canada.

Mère Nature n’a pas beaucoup coopéré ces dernières années , ajoute Shirley Brennan.

La pandémie a aussi entravé la chaîne d’approvisionnement et fait augmenter les coûts de transport, rappelle Rob Keen. Elle a aussi contribué à la pénurie de chauffeurs de camion.

Tout semble être en rupture de stock ces jours-ci , constate-t-il. Je présume qu’il y aura des répercussions sur le transport des arbres de Noël vers le marché.

D’après les informations de Samantha Beattie de CBC

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