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Dans l’objectif de Céline Galipeau

Céline Galipeau posant sur la place Rouge, à Moscou.

Céline Galipeau a consacré la plus grande partie de sa carrière à oeuvrer comme correspondante à l’étranger avant de devenir cheffe d'antenne du «Téléjournal» en 2009.

Photo : Radio-Canada

RCI

Céline Galipeau recevait récemment le prix Guy-Mauffette, la plus haute distinction attribuée à une personne pour sa contribution remarquable à l’excellence d’un média québécois. Nos archives nous permettent de retracer son parcours comme journaliste, correspondante, puis cheffe d’antenne à la télévision de Radio-Canada.

Céline Galipeau a amorcé sa carrière de journaliste à Radio-Canada en 1984.

Elle avait auparavant travaillé comme recherchiste pour une série documentaire à la télévision de Radio-Canada et on avait pu l’entendre sur les ondes de Cablevision, de Télé-Métropole et de CJMS, où elle a fait ses premières armes.

Céline Galipeau, reporter

 Ici Céline Galipeau au palais de justice de Montréal 

Ce soir, 19 avril 1985

Ce reportage au bulletin de nouvelles Ce soir du 19 avril 1985 animé par Marie-Claude Lavallée nous montre la journaliste à ses débuts.

Céline Galipeau est appelée à rendre compte des activités qui se déroulent au palais de justice de Montréal dans le cadre de la semaine de la justice.

Si le but de l'opération était de faire descendre dame Justice de son piédestal, de la montrer sous un jour plus rassurant à la population, eh bien, c'est réussi, conclut de façon imagée la jeune reporter pour cette affectation bien ancrée dans la métropole québécoise.

Céline Galipeau, souriante, posant les bras sur le dossier d'une chaise.

En 1987, Céline Galipeau prend la barre du bulletin de nouvelles «Première édition».

Photo : Radio-Canada

Au cours de son premier été à Radio-Canada, Céline Galipeau présente déjà occasionnellement le Téléjournal la fin de semaine en remplacement de l'animateur Jean Ducharme.

Puis, à l’automne 1987, on lui confie la barre de Première édition, le bulletin de nouvelles nationales et internationales programmé à l’heure du lunch. Elle animera aussi ponctuellement le bulletin Montréal ce soir de 18 h.

Céline Galipeau dans l'enceinte du Skydome.

La correspondante nationale à Toronto Céline Galipeau couvre l'inauguration du Skydome le 3 mars 1989.

Photo : Radio-Canada

Sa carrière en journalisme à peine entamée, Céline Galipeau souhaite cependant retourner sur le terrain.

Le poste de correspondante nationale à Toronto, qu’elle occupe de 1989 à 1992, lui permettra de rendre compte pour le Téléjournal des nouvelles de la Ville Reine.

Téléjournal, 28 octobre 1989

De Toronto, on connaît surtout l'abondance : Bay Street, les voitures de luxe, mais pas très loin existe une autre réalité.
Une citation de Céline Galipeau

Dans ce reportage au Téléjournal du 28 octobre 1989, on reconnaît l’approche humaniste et engagée qui a fait la marque de Céline Galipeau comme journaliste.

La reporter y soulève qu'à Toronto de plus en plus de travailleurs au salaire minimum et de prestataires de l’aide sociale doivent se tourner vers les banques alimentaires pour arriver à joindre les deux bouts.

Ici, dans la ville la plus riche du Canada, 84 000 personnes dépendent de la charité publique pour survivre, souligne Céline Galipeau en s’interrogeant sur les mesures prises par le gouvernement ontarien pour répondre à cette situation.

Céline Galipeau, assise à un pupitre de la salle des nouvelles.

Céline Galipeau participe à plusieurs émissions spéciales de l'information, dont la soirée électorale du 25 octobre 1993.

Photo : Radio-Canada / Robert Baron

Durant ses trois années à Toronto, Céline Galipeau participe à de nombreuses émissions spéciales, à l'animation ou en reportage, notamment lors de soirées électorales.

En 1990, elle couvre aussi comme envoyée spéciale à Londres un premier grand conflit : la guerre du Golfe.

Une expérience qui lui permettra de décrocher en 1992 un premier poste de correspondante à l’étranger dans la capitale britannique, un rêve qu’elle caressait depuis son entrée à Radio-Canada.

Céline Galipeau, correspondante à l’étranger

Céline Galipeau sur le métier de correspondant à l'étranger, 1997

J'ai grandi à l'étranger. J'ai vécu à l'étranger. Alors pour moi, c'était un objectif depuis longtemps.
Une citation de Céline Galipeau

Dès qu'il y a eu une possibilité pour moi de postuler à un poste à l'étranger, j'ai décidé de partir, raconte Céline Galipeau dans cet entretien tourné en 1997.

Interrogée sur ses motivations par la réalisatrice Christine Campestre, elle revient sur son enfance et son adolescence passées en Afrique et au Moyen-Orient avec des parents qu’elle décrit comme deux aventuriers.

Céline Galipeau a étudié à l’Université de Bir Zeit en Cisjordanie et à l’Université d’Amman en Jordanie avant de mener à terme une maîtrise en sciences politiques et en sociologie à l’Université McGill, à Montréal.

J'ai toujours eu soif de voir, de découvrir d'autres cultures, d'autres pays, d'autres gens en fait, confie la correspondante, alors basée en Russie.

Sur le plan de l'information, c'est ce qui m'attirait le plus : le monde, les grands événements, les guerres. C'est ce que j'avais envie de couvrir.

C'est ça la vie, 6 avril 2011

Ce segment de l'émission C'est ça la vie du 6 avril 2011 nous montre la correspondante à l’étranger dans ses différentes affectations entre 1992 et 2003.

Céline Galipeau a été postée successivement à Londres, à Moscou, à Paris et à Pékin.

Tout en étant correspondante, elle se démarque par des reportages en zone de conflit, notamment en Tchétchénie, au Kosovo, en Irak et en Algérie.

Moi, je n'étais pas correspondante de guerre. J'étais correspondante à l'étranger pour Radio-Canada et j'ai couvert des guerres, clarifie-t-elle dans cet extrait.

J'y allais en pensant aux dangers, oui, mais en pensant au devoir que j'avais de couvrir, de donner une voix à ces victimes, d'être sur place, de raconter aux Canadiens qui étaient à des milliers de kilomètres ce qui se passait sur le terrain. C'est comme ça que je voyais mon rôle de journaliste.

Céline Galipeau séjournera également plusieurs fois en Afghanistan afin de proposer des reportages en profondeur sur cette région du monde, incluant le Pakistan et l’Inde.

Le Téléjournal/Le Point, 4 octobre 2001

Les téléspectateurs apprécient l’humanisme de Céline Galipeau et sa préoccupation pour le sort des populations les plus vulnérables.

Ses reportages les font réagir, réfléchir et leur permettent de découvrir des réalités et des enjeux dont ils ne connaissent pas toujours l’ampleur.

Lorsque Céline Galipeau apparaît à la télévision la tête recouverte d’un large foulard à l’automne 2001, ils sont nombreux à communiquer avec Radio-Canada pour mieux comprendre ce geste.

La correspondante produit alors une série de reportages sur la guerre au terrorisme en Afghanistan.

Si je n'avais pas porté le voile, je n'aurais pas pu faire d'entrevues, je n’aurais pas pu faire ma présentation à la caméra, déclare Céline Galipeau à l’animateur Stéphan Bureau au Téléjournal du 4 octobre 2001.

Les partisans des talibans sont nombreux dans cette région très conservatrice du Pakistan, explique la correspondante dans cet échange, et la présence d’une femme journaliste peut susciter une grande hostilité.

Ce que vous n'avez pas vu, c'est que, pour faire cette présentation, il a fallu que je sois protégée par un barrage policier afin d'éviter de susciter des réactions de colère.
Une citation de Céline Galipeau

Je le fais pour travailler en paix, précise Céline Galipeau. En effet, ce qui importe d’abord à la correspondante internationale, c’est de raconter le conflit, de rendre compte de ses effets et de montrer les conditions de vie difficiles qu’il engendre.

Céline Galipeau, cheffe d’antenne au Téléjournal

Céline Galipeau, au pupitre de la mezzanine de la salle des nouvelles.

Céline Galipeau revient à Montréal en mars 2003 pour animer quotidiennement «Bulletin de guerre».

Photo : Radio-Canada

Au printemps 2003, alors qu’éclate la guerre en Irak, la direction de l’information de Radio-Canada demande à Céline Galipeau de rentrer à Montréal afin d’y animer un bulletin de guerre quotidien pour la télévision.

Elle se rendra aussi en Irak au cours de la même année pour couvrir le conflit sur le terrain avant de se faire offrir de tenir la barre de l’édition du week-end du Téléjournal.

Après une douzaine d’années aux quatre coins de la planète, Céline Galipeau est fin prête à se poser, ce qui ne l’empêche pas de séjourner ponctuellement à l’étranger pour préparer des séries de reportages.

Téléjournal, 5 janvier 2009

En janvier 2009, Céline Galipeau devient la cheffe d’antenne du Téléjournal. Elle est la première femme à exercer ce rôle pour le bulletin de fin de soirée à la télévision de Radio-Canada, auquel elle donne sa couleur jusqu’à aujourd’hui.

Un mot d'abord pour vous dire que c'est un honneur pour moi de vous présenter dorénavant ce Téléjournal, exprime-t-elle en ouverture du bulletin de nouvelles du 5 janvier 2009.

C'est avec humilité, mais avec beaucoup de fierté, que je vais assurer avec toute l'équipe ici, avec tous mes collègues, la suite d'une longue tradition journalistique.

Téléjournal, 30 novembre 2009

La même année, Céline Galipeau est nommée parmi les 100 femmes les plus influentes du Canada par le Réseau des femmes exécutives de Toronto, comme en témoigne cet extrait du Téléjournal du 30 novembre 2009 animé par Christine Fournier.

Un autre honneur pour la cheffe d’antenne qui continue de cumuler les distinctions, dont le prix Guy-Mauffette qui lui a été remis en novembre dernier (nouvelle fenêtre).

Céline Galipeau, souriante, une lumière éblouissante derrière elle.

Céline Galipeau, cheffe d'antenne du «Téléjournal» de Radio-Canada depuis 2009

Photo : Radio-Canada / Jean Bernier

Modèle pour toute une génération de femmes qui aspirent à une carrière journalistique, Céline Galipeau tient toujours la barre du Téléjournal à l’antenne de la télévision de Radio-Canada du lundi au jeudi, à 22 h.

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