1. Accueil
  2. Politique
  3. Politique provinciale

Des chèques d’au moins 200 $ pour 3,3 millions de Québécois en janvier

Québec allège aussi la facture des nombreux parents qui envoient leurs enfants dans des services de garde privés non subventionnés.

Une cliente à la caisse d'une épicerie.

L'inflation annuelle a grimpé à 4,7 % en octobre, selon Statistique Canada. Il s'agit de la plus forte hausse d'une année à l'autre depuis février 2003.

Photo : getty images/istockphoto / Juanmonino

François Messier

Le gouvernement Legault sort le chéquier pour s'attaquer à la hausse du coût de la vie (nouvelle fenêtre), qui se traduit par l'augmentation des dépenses effectuées par les Québécois pour payer notamment leur épicerie et leur logement.

Dès janvier 2022, 3,3 millions de personnes dont le revenu est faible ou moyen recevront un chèque en vertu d'une nouvelle prestation exceptionnelle pour le coût de la vie annoncée par le ministre de l'Économie, Eric Girard.

Il s'agit plus précisément des personnes qui reçoivent en ce moment le crédit d'impôt remboursable pour la solidarité.

Chaque personne recevra un chèque de 200 $ (400 $ par couple), somme qui sera majorée de 75 $ pour les personnes seules, 275 $, ce qui entraînera une ponction de 740 millions de dollars dans les finances publiques.

Bien que le revenu disponible excède l’inflation pour la moyenne des Québécois, c’est sûr que [pour] la classe moyenne ou à faible revenu, […] c’est plus difficile. Les hausses de revenus disponibles sont plus élevées dans les tranches de revenu plus élevées.
Une citation de Eric Girard, ministre des Finances du Québec

Québec investit en outre 689 millions pour doubler le montant prévu au soutien des aînés de 70 ans et plus. Plus de 700 000 d'entre eux recevront au maximum 400 $.

En incluant les 275 $ versés en vertu de la prestation exceptionnelle, une personne âgée vivant seule pourra ainsi recevoir jusqu'à 675 $ de plus l'an prochain.

Québec anticipe que l'inflation atteindra 4 % pour l'année financière 2021-2022.

Le ministre Girard a indiqué qu'il n'escompte pas prolonger cette mesure pour le moment, puisque la Banque du Canada prévoit que le taux d'inflation reviendra aux alentours de la cible de 2 % au deuxième semestre de 2022.

C’est une compensation exceptionnelle pour une situation exceptionnelle. Si la prévision de la Banque du Canada ne se matérialise pas, on devra s’ajuster.
Une citation de Eric Girard, ministre des Finances du Québec

Québec n'a pas voulu verser cette prestation avant la période des fêtes pour donner le temps à Revenu Québec de se préparer, a précisé le ministre.

J’aurais pu [...] demander de la verser en décembre. Ça aurait été serré, difficile. On aurait risqué d’être déçu. En la mettant en janvier, je m’assure que la prestation sera là tel qu’attendu, a-t-il dit, en observant par ailleurs que l'argent serait peut-être plus épargné ainsi.

Si on l’avait donnée avant, peut-être qu’elle serait allée en consommation, tandis qu’en la donnant après, les gens pourront juger s’ils veulent consommer ou épargner.
Une citation de Eric Girard, ministre des Finances du Québec

Le ministre Girard annonce également qu'il indexe des mesures fiscales et des programmes d'assistance sociale de 2,64 %, soit deux fois plus que l'an dernier, ce qui coûtera 1 milliard de dollars au Trésor public en 2022-2023.

Trois exemples parmi d'autres de l'incidence de cette décision :

  • le montant personnel de base (exempt d'impôt) passera de 15 728 $ (montant de l'an dernier) à 16 143 $, ce qui entraînera une baisse d'impôt de 62,25 $;
  • le montant maximal de l'allocation familiale passera de 2547 $ à 2614 $, soit 67 $ de plus;
  • la prestation mensuelle d'aide sociale grimpera de 708 $ à 726 $, soit un gain annuel de 216 $.

Autre mesure visant à contrer le coût de la vie : Québec reconduit la bonification temporaire de l'aide financière aux études pour deux ans, ce qui coûtera 328,6 millions de dollars.

De l'aide pour les parents dont les enfants fréquentent des garderies privées

Comme cela était anticipé, Québec allège aussi la facture des nombreux parents qui envoient leurs enfants dans des services de garde privés non subventionnés.

Cela passera par la bonification du crédit d'impôt remboursable pour frais de garde, une mesure évaluée à 1,1 milliard de dollars d'ici 2025-2026. Quelque 385 000 familles en profiteront.

Selon le gouvernement, cette bonification fera en sorte qu'une famille envoyant son enfant dans un service de garde privé facturant 40 $ par jour finira par payer l'équivalent du tarif de 8,50 $ exigé par les centres de la petite enfance (CPE).

Pour une famille gagnant entre 60 000 et 100 000 $, l'économie pourra atteindre 1310 $ par année, selon le ministère des Finances.

En moyenne, le gain annuel des parents sera de 411 $, estime Québec. Les parents qui paient le plus cher – certaines garderies facturent jusqu'à 70 $ par jour – pourraient empocher jusqu'à 4381 $ de plus.

Les modalités de ce crédit d'impôt n'avaient pas varié depuis l'abolition de la contribution additionnelle imposée aux parents par le gouvernement Couillard.

Cela avait engendré une iniquité entre les parents, au désavantage de ceux qui confient leur progéniture aux garderies privées; une situation très fréquente en raison du manque de places dans le réseau public.

Le minibudget prévoit par ailleurs plus de 1,2 milliard de dollars d'ici 2025-2026 pour compléter le réseau de services de garde éducatifs à l'enfance (nouvelle fenêtre) en créant environ 37 000 places, actuellement manquantes.

D’autres investissements prévus dans le minibudget :

  • 304,4 M$ pour faciliter l'accès au logement, y compris la construction de 2200 logements abordables;
  • 232 M$ pour prévenir la violence conjugale et l’accompagnement des victimes;
  • 150 M$ pour lancer une stratégie québécoise de lutte contre la violence liée aux armes à feu et d’autres éléments de prévention;
  • 21 M$ pour lutter contre la discrimination et le racisme;
  • 17 M$ pour favoriser la pratique d’activités sportives et récréatives chez les jeunes.

Nouveau programme de bourses pour certains programmes

Québec investit par ailleurs 1,7 milliard de dollars dans un nouveau programme de bourses incitatives afin d'augmenter la diplomation au collégial et à l’université dans des disciplines qui conduisent à des secteurs d’activité souffrant d'une pénurie de main-d’œuvre.

Elles seront versées à des étudiants qui s'inscriront dans des programmes ciblés dans les secteurs de la santé et des services sociaux, de l’éducation, des services de garde à l’enfance, du génie et des technologies de l’information.

Les bourses, qui seront versées après chaque session à temps plein réussie, pourraient atteindre à terme 9000 $ pour un programme collégial de trois ans et 15 000 $ ou 20 000 $ pour un programme universitaire, selon qu'il dure trois ou quatre ans.

Tous les étudiants québécois inscrits dans les programmes ciblés seront admissibles à ces bourses, y compris ceux qui ont déjà fait une partie de leur scolarité, à partir de la session d’automne 2022.

François Messier

À la une