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[Reportage] Le FMA de Montréal revient en mode majoritairement présentiel

Des spectateurs assis en face d'une scène avec un orchestre de musique.

Soirée d'ouverture de la 22e édition du Festival du monde arabe de Montréal à la Cinquième Salle de la Place des Arts, le 29 octobre 2021.

Photo : Radio Canada International / Samir Bendjafer

Samir Bendjafer

Les activités de la 22e édition du Festival du monde arabe (FMA) de Montréal se poursuivent jusqu’au 13 novembre en formule hybride, où se côtoient présentiel et virtuel, après une programmation complètement virtuelle l'année dernière en raison de la pandémie de COVID-19.

La levée des restrictions imposées au nombre de spectateurs dans les salles de spectacle par le gouvernement du Québec a permis, sans trop de difficultés, la présence de 300 personnes dans la Cinquième Salle de la Place des Arts le soir de la cérémonie d'ouverture, le 29 octobre dernier.

Ce soir-là, la cantatrice d’origine syrienne Lubana Al-Quntar a donné son concert Damas, du Nil à l’Euphrate.

Une file d’attente s’était formée à l’entrée de la salle à l’approche de l’heure de début du concert. Le personnel vérifiait les passeports vaccinaux des membres du public sur leurs téléphones portables.

Dans une entrevue accordée à Radio Canada International (RCI) lors de la soirée d’ouverture, la directrice des communications du FMA, Emily Aouad, a déclaré que 80 % des activités de l’édition de cette année se déroulent en mode présentiel et que certaines activités du salon de la culture seront en mode virtuel, car certains conférenciers résident à l’extérieur du Canada.

Quant aux spectacles, ils seront tous en mode présentiel à l’exception de celui de la chanteuse tunisienne Meherzia Touil.

En ce qui concerne la portion cinématographique du festival, tous les films seront projetés dans des salles de cinéma à Montréal, a ajouté Mme Aouad.

Des personnes attendent devant la porte ouverte d’une salle.

Vérification du passeport vaccinal pour chaque spectateur à la soirée d'ouverture du Festival du monde arabe de Montréal, le 29 octobre 2021

Photo : Radio Canada International / Samir Bendjafer

Entracte

Les organisateurs du FMA de Montréal ont choisi Entracte comme titre de la 22e édition de ce festival qui a vu le jour au début du siècle.

Ce choix indique l’état d’esprit dans lequel se déroule l’édition 2021, car celle-ci représente un entracte entre la pandémie de COVID-19 et la période à venir au cours de laquelle cette pandémie deviendra un souvenir, espèrent les organisateurs.

La 22e édition est spéciale, affirme la directrice des relations publiques du FMA, Leila Mahiout.

L’ouverture du FMA ce soir est très spéciale. Elle marque la fin de deux années d’interruption forcée de la vie au cours desquelles toute célébration, toute discussion intellectuelle ou toute créativité est devenue inutile.
Une citation de Leila Mahiout, directrice des relations publiques du FMA
Une femme portant des lunettes.

Leila Mahiout

Photo : Radio Canada International / Samir Bendjafer

Enfin, le festival est de retour... avec enthousiasme et énergie pour le public, a lancé Mme Mahiout le soir de la cérémonie d’ouverture, s’exprimant depuis la scène où se trouvait l’orchestre accompagnant Lubana Al-Quntar.

Ce spectacle d’ouverture est une épopée musicale en l’honneur de la diversité syrienne, à travers laquelle le public explorera l’immense richesse de cette région du monde. À travers la voix d’or de la chanteuse Lubana Al-Quntar, le public appréciera des chants araméens et soufis et des chansons arméniennes, kurdes et turques, en plus des morceaux musicaux classiques, a dit Mme Mahiout.

Leila Mahiout a souligné l’importance de la rencontre entre les artistes et le public et a évoqué la magie des salles de spectacle, leur odeur et leur lumière. Tous ces plaisirs oubliés reviennent.

Le public vacciné et masqué a apprécié la performance de Lubana Al-Quntar, qui lui a offert un florilège de chansons arabes classiques, dont certaines d’Asmahan et d’Oum Kalthoum.

Une femme chante sur scène avec un orchestre.

La chanteuse d’origine syrienne Lubana Al-Quntar a ouvert la 22e édition du Festival du monde arabe de Montréal le 29 octobre 2021.

Photo : Radio Canada International / Samir Bendjafer

Un festival important

Le FMA de Montréal est pertinent depuis sa première édition, estime la directrice des communications du FMA Emily Aouad.

C’est un festival ancré dans le paysage culturel à Montréal, il y a sa place et ses adeptes l’attendent chaque année. Le festival est également une plateforme pour des artistes du monde arabe et du Canada, a expliqué Mme Aouad à RCI.

En outre, le FMA ne se contente pas de programmer des œuvres, il produit également les siennes, a ajouté la directrice des communications.

Compte tenu des restrictions imposées aux voyageurs étrangers au Canada en raison de la COVID-19, l’équipe de programmation du FMA a préféré inviter des artistes qui ont satisfait aux exigences de vaccination avec des vaccins approuvés au Canada et qui peuvent entrer au pays sans visa.

Cela a réduit dans une certaine mesure le nombre d’artistes non canadiens participant au festival, mais n’a en rien affecté la qualité de la programmation ni le nombre de spectateurs, a précisé Emily Aouad.

Nous avons été agréablement surpris par la taille du public et le nombre de billets vendus et sommes désolés pour les personnes non vaccinées qui ne peuvent pas venir au festival, a ajouté Mme Aouad.

Un homme et une femme debout devant une affiche de spectacle

Ahmad et Randa Al-Masry, un couple d'origine libanaise de Montréal, assistent pour la première fois à un événement du Festival du monde arabe à la Place des Arts, le 29 octobre 2021.

Photo : Radio Canada International

Ahmed et Randa Al-Masry, un couple d’origine libanaise qui vit au Canada depuis une quarantaine d’années, ont assisté à la soirée d’ouverture du FMA.

Ils disent que la pandémie les a empêchés de sortir pendant longtemps et que c’est la première fois depuis plusieurs mois qu’ils ont pu assister à un concert.

Ce spectacle de Lubana Al-Quntar était un cadeau de leurs enfants et leur a permis de replonger dans les traditions du tarab [chant] arabe.

Nous sommes venus par amour des traditions. Mon mari aime beaucoup Oum Kalthoum et elle [Lubana Al-Quntar] chantera Oum Kalthoum.
Une citation de Randa Al-Masry, spectatrice du FMA

La programmation

Le dénominateur commun de la programmation diversifiée, cette année, c’est les valeurs bien établies du tarab arabe classique et le retour aux sources. Et nous n’avons pas oublié les artistes contemporains, bien sûr, a mentionné Emily Aouad.

Cette programmation est appréciée de beaucoup de gens, parmi eux Sherwan Ali, un immigrant kurde, et son ami canadien, Andrew Martin, tous deux résidents de Montréal.

Deux hommes debout dans le hall d’une salle de spectacle

Sherwan Ali (à gauche), immigrant kurde d’Irak, dit avoir facilement convaincu son ami canadien Andrew Martin de l’accompagner au Festival du monde arabe de Montréal, le 29 octobre 2021.

Photo : Radio Canada International / Samir Bendjafer

M. Martin dit que son ami l’a facilement convaincu de venir au FMA. Je suis très intéressé par la musique et le monde arabe. Ma mère est d’origine arménienne du Liban, mais je n’ai jamais assisté à un spectacle arabe avec elle.

Quant à M. Ali, il est natif de Bagdad et est venu poursuivre ses études au Canada il y a trois ans. Il attend les documents pour sa résidence permanente.

Je sens que les gens ici au Canada sont plus ouverts à l’interaction avec les choses qui viennent de l’extérieur, dit le jeune homme qui a passé la majeure partie de sa vie dans la capitale irakienne avant de déménager au Kurdistan irakien pour faire ses études universitaires.

Sherwan Ali ajoute aussi qu’il est venu au festival parce qu’il est un habitué de ce genre de musique et que le FMA est le seul véritable festival arabe au Québec.

Note : ce reportage est également disponible en arabe et a été traduit en français par Fadi Harouny

Samir Bendjafer

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