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Menacée d’expulsion, la famille Rodriguez-Flores se réfugie dans une église de Sherbrooke

Claudia, Georgina, Manuel et Manolo dans leur salle à manger.

La famille Rodriguez-Flores devait quitter le pays le 8 novembre, à 20 h 30.

Photo : Radio-Canada / Emy Lafortune

RCI

La famille Rodriguez-Flores, qui devait être expulsée vers le Mexique (nouvelle fenêtre), a trouvé refuge dans l'église unie Plymouth-Trinity de Sherbrooke.

La famille a appris lundi matin que sa demande d'appel pour éviter l'expulsion a été rejetée, et qu'elle devait quitter le Canada à 20 h 30. Désespérée, elle a tenté une autre option pour rester au pays.

Une amie de famille, Anne Saint Pierre, a fait une demande de sanctuaire auprès de l'Église unie, qui a accepté d'accueillir la famille au sein de l'établissement de la rue Dufferin, à Sherbrooke. Anne Saint Pierre a rappelé que la famille faisait face à des menaces de mort très concrètes si elle retournait dans son pays d'origine.

Le pasteur de l'église, Samuel Vauvert Dansokho, a expliqué que l'Église ne souhaitait pas enfreindre les lois de l'immigration, mais plutôt participer à la pratique ancienne de répondre à cette requête de sanctuaire.

Le droit au sanctuaire, qui est le droit que nous appliquons, est quelque chose de très ancien et de canonique. Nous nous plaçons ailleurs. Nous ne sommes pas une institution qui va trancher pour la légalité ou non, c'est plutôt une question de légitimité, souligne-t-il.

Nous sommes entre deux eaux. Nous sommes tolérés, parce que l'État reconnaît la validité des communautés de foi [...] C'est une détresse humaine à laquelle nous répondons, et c'est une décision qui était lourde de conséquences. Nous l'avons fait parce que nous avons l'intime conviction que le droit du Canada, que nous respectons, devrait écouter davantage cette famille.
Une citation de Samuel Vauvert Dansokho, pasteur de l'église unie Plymouth-Trinity
Adriana Herrera Duarte, Anne Saint Pierre, le pasteur Samuel V. Dansokho et Shanna Bernier.

Adriana Herrera Duarte, Anne Saint Pierre, le pasteur Samuel V. Dansokho et Shanna Bernier ont parlé brièvement à la presse pour expliquer l'action entreprise.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Proulx

Le pasteur soutient que ce que demande la famille est parfaitement légitime, et représente une question de vie ou de mort pour elle. Si on se donne le temps de voir toutes les preuves et de donner à cette famille la chance de présenter son cas, il n'est pas possible que sa demande ne soit pas accordée.

L'église offrira un refuge à la famille le temps que sa demande soit traitée pour qu'elle puisse rester au pays de manière légale. Anne Saint Pierre a toutefois demandé de respecter l'intimité de la famille, qui veut demeurer à l'écart des projecteurs.

L'église où s'est réfugiée la famille Rodriguez-Flores.

L'église où s'est réfugiée la famille Rodriguez-Flores.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Proulx

En raison d'irrégularités dans son dossier, la famille Rodriguez-Flores n'a pas pu demander l'asile à son arrivée au pays en 2018. Elle est donc restée au Canada grâce à des permis de travail et a soumis une demande d'ERAR, ou examen des risques avant renvoi, qui a été refusée.

Le cas des Rodriguez-Flores n'est pas une première en Estrie. En 2003, deux ressortissants colombiens avaient trouvé refuge dans une église de North Hatley (nouvelle fenêtre) pour se soustraire à un avis d'expulsion à la suite du rejet de leur demande de réfugié.

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