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Steven Guilbeault à l’Environnement ne laisse personne indifférent

Steven Guilbeault.

Le reportage de Pasquale Harrison-Julien

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

RCI

La nomination de Steven Guilbeault à la tête du ministère de l’Environnement et du Changement climatique quelques jours avant la Conférence de Glasgow (nouvelle fenêtre) sur les changements climatiques (COP26) ne passe pas inaperçue. Elle suscite beaucoup d’attentes, notamment parmi les écologistes. Pour d’autres, l’image d’un militant au Conseil des ministres, même en costume-cravate, fait peur.

Une première salve est venue de l’Alberta. Le premier ministre Jason Kenney n’a pas tardé à exprimer sa méfiance en qualifiant cette nomination de problématique (nouvelle fenêtre).

S’il suit les politiques qu’il appuyait en tant que militant, ce serait un désastre pour l’économie canadienne, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

Invité d'En direct avec Patrice Roy, M. Guilbeaut a dit qu’il serait très heureux de collaborer avec M. Kenney et son gouvernement en matière de lutte aux changements climatiques, si tel est leur désir.

Steven Guilbeault a cofondé l’organisme Équiterre, a travaillé au sein de l’organisme Greenpeace et a agi à titre de conseiller auprès de nombreuses organisations en matière d’environnement.

Un très bon signal

Si cette nomination inquiète M. Kenney, elle réjouit Karel Mayrand, président-directeur général de la Fondation du Grand Montréal.

En entrevue à ICI RDI, M. Mayrand reconnaît à Steven Guilbault beaucoup d’efforts pour la cause au sein même du gouvernement avant de se voir confier le portefeuille de l’Environnement.

Il a prouvé qu’il était capable de travailler avec les gens d’un bout à l’autre du pays et non seulement avec les écologistes.
Une citation de Karel Mayrand, président-directeur général la Fondation du Grand Montréal

D'après M. Mayrand, cette fois-ci, en le nommant là, le gouvernement a vraiment l’intention d’accélérer la cadence. En arrivant à la conférence de l’ONU Glasgow, on doit rehausser les engagements, dit-il, tout en rappelant la réputation de M. Guilbeault.

Au sein de la société civile internationale, Steven est une célébrité, un militant de longue date, très crédible, affirme-t-il. M. Mayrand y voit un allié à la lutte contre les changements climatiques, qui connaît son dossier sur le bout des doigts.

Logique et positive, c’est en ces termes que le directeur général du Conseil régional de l'environnement et du développement durable (CREDD) du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Tommy Tremblay, a accueilli l’arrivée de M. Guilbeault au ministère de l’Environnement.

Plus tôt lors de sa première conférence de presse comme responsable de l’environnement, M. Guilbeault a tenu à rappeler que son gouvernement a déjà fait beaucoup plus contre le dérèglement climatique que tout autre gouvernement précédent.

Il a évoqué de nouveaux engagements ambitieux afin de stopper les émissions des secteurs gazier et pétrolier pour en arriver à la carboneutralité en 2050.

Cela permettrait au Canada de se retirer progressivement deux années avant nos partenaires du G20 des subventions aux secteurs du pétrole et du gaz.

On a besoin de décisions courageuses

Ne reniant rien de son passé militant, M. Guilbeault estime qu'on a besoin dans nos gouvernements de gens qui sont prêts à prendre des décisions peut-être plus courageuses que celles qu’on était prêts à prendre auparavant. Et c’est le choix que j’ai fait, a-t-il dit à En direct avec Patrice Roy.

Nous n’avons pas le luxe du temps, reconnaît-il. Une grande partie de la population canadienne, particulièrement chez les jeunes, nous demande de ''faire plus, plus vite'' dans la lutte aux changements climatiques. C’est une préoccupation ressentie à l’échelle du pays, répète-t-il.

Si nous ne faisons rien, le prix à payer de l’inaction climatique sera très élevé. On le voit avec les catastrophes naturelles […] qui, selon les scientifiques, s’accélèrent.
Une citation de Steven Guilbeault, ministre de l’Environnement et du Changement climatique

Steven Guilbeault en profite pour louer le système canadien de la tarification du carbone, qui consiste à retourner l’argent aux Canadiens en fonction de leurs émissions de gaz à effet de serre.

Mais ira-t-il jusqu’à démissionner si les actions du gouvernement ne concordent pas avec les objectifs annoncés, comme l'a fait l’ancien ministre français de l'Environnement Nicolas Hulot (nouvelle fenêtre)?

M. Guilbeault préfère rappeler que, depuis son entrée au gouvernement, aux commandes d’un autre secteur, il a travaillé main dans la main avec ses collègues pour faire avancer le dossier des changements climatiques.

Pour le dernier Cabinet de M. Trudeau, et je soupçonne que ce sera la même chose cette fois-ci, la responsabilité de la lutte aux changements climatiques était commune à tout le monde. C’est un effort collectif, réplique Steven Guilbeault.

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