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Facebook répand la haine, accuse la lanceuse d’alerte Frances Haugen

Frances Haugen face aux députés britanniques.

Devant des députés britanniques, Frances Haugen a critiqué, ce lundi, la politique de modération de Facebook.

Photo : AP / Annabel Moeller

Agence France-Presse

Publier du contenu haineux « est le meilleur moyen de croître » sur Facebook, a déclaré lundi l'ancienne employée du réseau social Frances Haugen devant des députés britanniques, avant d'appeler à un renforcement de la législation.

La lanceuse d'alerte, qui a fait fuiter des études montrant que Facebook a conscience de la nocivité de sa plateforme, sait sans conteste que le réseau social répand la haine en ligne.

L'informaticienne, qui a témoigné devant le Congrès américain (nouvelle fenêtre) ce mois-ci, a expliqué que Facebook utilise un système qui donne la priorité aux contenus qui font le plus de clics, invariablement ceux qui créent le plus d'opposition.

La colère et la haine sont la manière la plus facile de croître sur Facebook.
Une citation de Frances Haugen, ancienne employée de Facebook

Je suis profondément inquiète qu'il ne soit pas possible de rendre Instagram sûr pour des jeunes de 14 ans et je doute sincèrement qu'il soit possible de le rendre sûr pour quelqu'un de 10 ans, a-t-elle ajouté.

Dans l'éventail d'échecs dont elle accuse Facebook figure celui de réguler les groupes importants où prolifère la désinformation, ou encore le sous-investissement dans ses produits qui ne sont pas en anglais, mettant en danger des sociétés souffrant déjà de divisions ethniques et religieuses.

Durcir la législation

Selon elle, une législation flexible et à jour est nécessaire, alors que contenus et réseaux sociaux évoluent. Il nous faut des moyens de demander des comptes à ces entreprises, a-t-elle ajouté, appelant à davantage d'interventions humaines plutôt que des algorithmes et l'intelligence artificielle.

Dans le cadre de son projet de loi sur la sécurité en ligne, le gouvernement britannique envisage d'introduire des sanctions pénales contre les responsables des entreprises qui ne s'attaquent pas au contenu nuisible sur leurs plateformes.

Le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg et le réseau social se sont déjà élevés contre les accusations de Frances Haugen et mis en avant ses initiatives pour lutter contre la haine en ligne.

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