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COVID-19 : où en sont les essais cliniques des vaccins au Canada?

Une femme masquée reçoit un vaccin d'une infirmière.

Des milliers de volontaires dans le monde entier ont participé aux essais cliniques de phase 3 du laboratoire Medicago.

Photo : Courtoisie / Medicago

RCI

Alors que des millions de Canadiens sont déjà vaccinés contre la COVID-19, des projets sont toujours en développement pour fabriquer un vaccin au pays. Certains ne sont qu’au début de leurs recherches, d’autres sont dans la dernière ligne droite avant une approbation par Santé Canada.

Medicago à Québec

Le vaccin élaboré par le laboratoire Medicago, au Québec, semble faire partie des projets les plus aboutis. Le laboratoire finalise ses essais cliniques de phase 3. Une fois cette étape terminée, les données seront soumises à Santé Canada dans le but d’une approbation.

Medicago explique qu’il vise toujours l’obtention d’une homologation d’ici la fin de l'année .

Toutes les énergies sont actuellement tournées vers la finalisation de la phase 3.
Une citation de Medicago
Un homme protégé travaille avec des plantes dans une usine.

Le prototype de vaccin COVID-19 de Medicago est développé à partir de plantes.

Photo : Gracieuseté : Medicago

Les essais cliniques du vaccin ont été fortement ralentis depuis le printemps dernier, notamment en raison d’un manque de candidats au Canada et aux États-Unis.  (nouvelle fenêtre)

Pour contourner le problème, les efforts ont plutôt été concentrés sur une demi-dizaine de pays, dont le Royaume-Uni, le Mexique et le Brésil.

Pour tester des vaccins, il faut des personnes non vaccinées. Alors, c’est difficile de trouver des volontaires pour les essais cliniques dans un contexte où les gens au Canada sont déjà fortement vaccinés, explique Alain Lamarre expert en immunologie et virologie à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS).

Medicago cherche à devenir la première entreprise à commercialiser un vaccin contre la COVID-19 à base de plantes. Le laboratoire a déjà reçu la promesse d'Ottawa d'une commande de 20 millions de doses de vaccins, une fois celui-ci approuvé.

AbCellera à Vancouver

Plutôt qu’un vaccin, le laboratoire AbCellera, en Colombie-Britannique, s’est lancé dans des recherches d'anticorps pouvant être utilisés pour fabriquer des médicaments.

Selon le laboratoire, l’anticorps monoclonal Bamlanivimab a déjà été administré plus de 600 000 fois à travers le monde. Cela a permis d'éviter l'hôpital à des dizaines de milliers de personnes et de sauver plus de 10 000 vies, explique le directeur et président d’AbCellera, Carl Hansen.

L’an passé, Santé Canada a approuvé cet anticorps, mais la Colombie-Britannique s’est opposée à sa distribution à grande échelle (nouvelle fenêtre).

En ce moment, AbCellera travaille sur le développement d’un deuxième anticorps thérapeutique, connu sous le nom de Bebtelovimab.

Les essais cliniques de phase 2 sont en cours, et les essais précliniques auraient montré que l’anticorps neutralise tous les variants connus à ce jour, selon l’entreprise. Cet anticorps pourrait aussi potentiellement être administré par injection.

Les différentes étapes de fabrication d’un vaccin :

  • L'évaluation préclinique : quand un vaccin semble prometteur en laboratoire, il est d'abord testé sur des animaux afin de s'assurer qu'il est sans danger et de déterminer la dose nécessaire pour déclencher une réponse immunitaire.
  • L'étape 1 des essais cliniques : on commence les tests sur 10 à 100 volontaires en bonne santé. L'objectif est de détecter les effets secondaires potentiels et d'ajuster les dosages.
  • L'étape 2 : le vaccin est maintenant testé sur plusieurs centaines de volontaires en bonne santé. On cherche à détecter les effets secondaires à court terme, la réaction du système immunitaire, la dose optimale et le meilleur moment pour l'injecter.
  • L'étape 3 : les tests se font sur des milliers de personnes susceptibles d'être infectées. Lors de cette ultime vérification, en plus de vérifier que le vaccin est sécuritaire, on s'assure qu'il est efficace chez les personnes susceptibles de tomber malades. On trouve aussi les patients pour lesquels le vaccin serait déconseillé.
  • L'approbation : au Canada, les fabricants doivent fournir les preuves scientifiques quant à la sécurité, l'efficacité et la qualité de leur vaccin. Ils doivent aussi documenter leur méthode de fabrication et de production, avec les tests de qualité qu'ils mèneront. Santé Canada évalue la demande et s'assure que les bienfaits du vaccin surpassent les risques.

VIDO-InterVac à Saskatoon

Le laboratoire VIDO-InterVac de l’Université de la Saskatchewan continue ses essais cliniques et est actuellement en phase 2 du développement de son vaccin. Cet été, la première étape des essais cliniques a donné des résultats encourageants.  (nouvelle fenêtre)

Nous continuerons à mener des essais cliniques et espérons soumettre une demande d’autorisation de mise sur le marché et obtenir l’accord des autorités réglementaires en 2022, explique l’Université.

Le Centre international de recherche sur les vaccins et les maladies infectieuses de l'Université de la Saskatchewan prévoit aussi se doter d'installations pour produire jusqu'à 40 millions de doses de vaccin par année, si les essais cliniques aboutissent.

Suresh Tikoo, à droite, qui porte un sarrau de laboratoire, parle à une chercheuse, à gauche, qui porte aussi un sarrau. Il y a un microscope à l'avant-plan.

Le virologue Suresh Tikoo, à droite, avec une chercheuse au centre de recherche VIDO-InterVac, à Saskatoon.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Brassard

Des projets toujours pertinents?

En tout, le gouvernement fédéral a déjà consacré près de 600 millions de dollars pour soutenir le développement de vaccins et la tenue d’essais cliniques au Canada.

D’un océan à l’autre, les projets sont nombreux (nouvelle fenêtre) et, même si aucun vaccin canadien n’a encore vu le jour, le fédéral estime que ces recherches sont toujours pertinentes.

Ottawa justifie ces investissements par la volonté de renforcer sa capacité de biofabrication et ainsi de mieux se préparer à d’autres pandémies ou urgences sanitaires à l’avenir.

Selon Alain Lamarre, le Canada a tout intérêt à mettre au point son propre vaccin, même si la population est largement vaccinée.

La pandémie va devenir endémique, et le virus risque de rester et de circuler, dit-il. On aura toujours besoin d’une dose de rappel ou de vaccins adaptés aux différentes souches du virus. C’est une possibilité, et il faut s’y préparer.

Tous les projets de vaccin ont leur place et répondent à des besoins différents.
Une citation de Alain Lamarre, expert en immunologie et virologie à l'Institut national de la recherche scientifique

Selon lui, le Canada a aussi encore un rôle à jouer dans la course aux vaccins.

À l’échelle mondiale, il y a encore un besoin immense en vaccins pour de nombreux pays, ajoute l'expert en virologie.

Enfin, avoir un vaccin produit au Canada permettrait, selon Alain Lamarre, d’éviter à l’avenir de connaître à nouveau des pénuries de vaccins ou des problèmes d’approvisionnement comme le pays en a connu durant la pandémie.

Le laboratoire Precision NanoSystems, à Vancouver (nouvelle fenêtre), n'a pas répondu à nos demandes d'entrevue.

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