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L’Ontario veut mettre en place le droit à la déconnexion

Une femme consulte son téléphone dans son lit la nuit.

Le gouvernement ontarien présente lundi une loi qui accorderait aux employés le droit à la déconnexion une fois qu'ils ont quitté le bureau, afin de les empêcher d'être à la merci de leur téléphone 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Photo : Getty Images / zeljkosantrac

RCI

Le gouvernement de l’Ontario présente lundi un projet de loi visant à ce que les entreprises de 25 employés et plus instaurent des politiques de déconnexion du travail.

De telles politiques permettraient aux travailleurs de se libérer de toute responsabilité professionnelle non payée, telle que la réponse aux courriels, en dehors de leurs heures de travail.

En conférence de presse lundi matin, le ministre du Travail de l’Ontario, Monte McNaughton, a mis en avant le besoin de repos des employés, alors que la pandémie a chamboulé leur vie professionnelle et personnelle.

La frontière entre le temps de travail et le temps avec la famille est floue [...] les travailleurs ont besoin d’une pause.
Une citation de Monte McNaughton, ministre du Travail, de la Formation et du Développement des compétences de l'Ontario

Les politiques suggérées par le gouvernement pourraient inclure, par exemple, des attentes concernant le temps de réponse aux courriels et une incitation des employés à activer les notifications d’absence du bureau lorsqu’ils ne travaillent pas.

Elles visent à préserver la santé mentale des travailleurs, dont la sollicitation en dehors du temps de travail peut avoir un impact sur leur santé mentale.

Le gouvernement affirme que l’Ontario est la première province au pays à agir en faveur du droit à la déconnexion.

Le projet de loi ontarien propose également une interdiction des clauses de non-concurrence, qui empêchent souvent les travailleurs d'accepter un nouvel emploi dans le même secteur d'activité.

La Loi 2021 visant à œuvrer pour les travailleurs doit être présentée lundi à l’Assemblée législative. Elle comprend, selon le ministre Mc Naughton, une série de propositions du gouvernement au cours des dernières semaines, telles que la reconnaissance des compétences des immigrants (nouvelle fenêtre), un encadrement plus strict des agences de placement (nouvelle fenêtre) ou encore l’accès aux toilettes pour les camionneurs et les chauffeurs-livreurs (nouvelle fenêtre).

L'opposition approuve l'idée, mais émet des réserves

Les partis d'opposition de l'Ontario ont applaudi les principes qui sous-tendent le projet de loi, mais certains ont exprimé leur scepticisme face à l’empressement des progressistes-conservateurs de se placer du côté des travailleurs.

(C'est) un parti qui a fait tant de mal aux travailleurs, en annulant les augmentations du salaire minimum, en leur supprimant des congés de maladie payés, en n'agissant pas assez rapidement pendant les deuxième et troisième vagues de la pandémie pour adopter une législation qui soutient les travailleurs de première ligne , a déclaré le chef du Parti vert Mike Schreiner.

Je pense que les actions sont plus éloquentes que les mots et je pense que les travailleurs de l'Ontario verront à travers les actions tardives du gouvernement.

Le premier ministre Doug Ford a annulé une augmentation prévue d'un salaire minimum de 15 $ (nouvelle fenêtre) promulguée dans la législation du gouvernement libéral précédent, qui avait également garanti aux travailleurs 10 jours de jours d'urgence personnelle, dont deux payés.

Mike Schreiner devant des bannières du Canada.

Mike Schreiner, chef du Parti vert de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Michael Charles Cole

Ces jours ont été remplacés par trois jours de congé de maladie, trois jours de responsabilité familiale et deux jours de deuil, aucun payé. Pendant la pandémie, les conservateurs ont introduit un programme temporaire de trois jours de congé de maladie payés.

La chef adjointe du Nouveau Parti démocratique, Sara Singh, a déclaré que les propositions que Monte McNaughton a annoncées lors de diverses conférences de presse sont des idées que son parti soutient, mais elle se dit préoccupée par les détails du projet de loi, compte tenu de la source.

Ce sont des valeurs des néo-démocrates et nous continuerons de nous battre, mais n'oublions pas que c'est un gouvernement qui a réduit le salaire minimum, a supprimé les congés de maladie payés et n'a pas été favorable aux travailleurs, a-t-elle remarqué.

Le chef libéral Steven Del Duca a déclaré qu'il avait hâte de lire les détails du projet de loi, mais il a qualifié d'encourageant le fait que le gouvernement ait au moins parlé dernièrement d'être plus favorable aux travailleurs.

Même s'il est tard, même si je sais que beaucoup d'Ontariennes et Ontariens ne pensent pas que ce soit véritablement authentique, si cela produit un résultat positif pour les travailleurs et leurs familles, ça mérite d’être soutenu , a-t-il déclaré.

En avril, la ministre fédérale du Travail, Filomena Tassi, a reconnu que l'explosion du télétravail au Canada durant la pandémie a remis à l'ordre du jour le besoin de revoir le droit des travailleurs et des travailleuses à la déconnexion, mais aucune action ne s’en est suivie à ce jour.

La France a légiféré en 2016 pour que les travailleurs et travailleuses puissent éteindre leurs appareils électroniques lorsque leur quart de travail est terminé.

Avec les informations de La Presse canadienne.

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