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Internet haute vitesse : un retard « difficile à rattraper », selon Bell

Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction de Vidéotron, accuse son concurrent « d’intoxiquer l’information ».

Le premier ministre du Québec, souriant devant le micro.

François Legault s’est engagé à plusieurs reprises depuis 2018 à brancher tous les foyers québécois à Internet haute vitesse d’ici septembre 2022.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Mathieu Dion
Mathieu Dion

Dans son discours d’ouverture mardi, le premier ministre François Legault a réitéré son engagement de « rendre Internet haute vitesse accessible à tous les Québécois » d’ici la fin de son mandat. Pourtant, Bell soulève des « préoccupations quant à la réalisation complète du projet d’ici l’échéance prévue », soit le 30 septembre 2022.

Ce projet, c’est l’Opération haute vitesse annoncée en grande pompe (nouvelle fenêtre) au mois de mars. Fin septembre, un communiqué de Bell faisait plutôt état d’une opération, pour le moment, à basse vitesse.

Bell agit à titre de fournisseur de service Internet dans le cadre de ce chantier, mais aussi comme intermédiaire auprès d’autres fournisseurs pour l’accès à ses poteaux. De nombreux fournisseurs sont loin d’avoir atteint le rythme nécessaire pour les demandes d’accès, peut-on lire. En fait, Bell a reçu à peine la moitié des demandes exigées jusqu'ici dans les ententes signées avec le gouvernement du Québec.

Près d’un mois plus tard, le géant des télécommunications confirme que la situation demeure inchangée et qu’il pourrait leur être difficile de rattraper leur retard [celui des fournisseurs] pris sur leur échéancier des six derniers mois.

Nous avons contacté les fournisseurs en question. Cogeco, Xplornet et Sogetel ont tous répondu croire en leur capacité de respecter les délais.

PKP fustige Bell

Pour sa part, le dirigeant de Vidéotron Pierre Karl Péladeau accuse Bell de manœuvrer stratégiquement en intoxiquant l’information et en laissant supposer que ce sont ses concurrents, et non elle, les responsables d’éventuels retards.

Pendant des années, Bell a tout fait en son pouvoir pour retarder l’accès aux infrastructures de soutènement, et ce, sous tous les prétextes imaginables.
Une citation de Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction, Vidéotron

Le ministère du Conseil exécutif, qui gère ce dossier au gouvernement, rappelle que tous les projets financés par l’Opération haute vitesse devront être terminés pour septembre 2022, à défaut de quoi ceux-ci s’exposeront à des pénalités.

Un processus simplifié

Le processus de demande pour les permis d’accès aux poteaux de Bell semblait autrefois digne des douze travaux d’Astérix, conduisant même à un blâme du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (nouvelle fenêtre). Une table de coordination, créée par Québec, a mené Bell à devoir enfin commencer à collaborer et à arrêter le blocage systématique de l’accès à ses infrastructures, selon M. Péladeau.

Bell soutient avoir simplifié son processus d’accès, mais des évaluations demeurent nécessaires pour vérifier par exemple si un poteau peut soutenir une charge supplémentaire. En 2019, 4 % des demandes avaient nécessité des travaux obligatoires et 6 % avaient été refusées pour des raisons de non-conformité.

En plus de la cadence au ralenti dans la demande des permis, le respect de l’échéancier serait menacé par la pénurie de main-d'œuvre spécialisée et des difficultés d’approvisionnement comme la fibre optique.

Quoi qu’en dise Bell, l’attaché de presse du premier ministre, Ewan Sauves, indique que le gouvernement est confiant d’atteindre l’objectif d’offrir à tous les foyers québécois l’accès à un service Internet haute vitesse d’ici septembre 2022.

Partout au Québec, les gens constatent que ça bouge comme jamais sur le terrain, écrit-il. Nous sommes en contact avec tous les joueurs sur une base régulière et suivons la situation de près afin de lever tous les obstacles qui pourraient ralentir les projets.

À ce jour, le nombre de foyers restant à brancher se compterait toujours au nombre d’environ 200 000 dans le cadre de l’objectif de l’Opération haute vitesse et de rondes antérieures. Aucun projet n’est encore prévu pour le déploiement de services Internet haute vitesse dans 18 000 foyers situés au sein de zones difficiles d’accès et peu peuplées. Des solutions demeurent encore à l’étude.

Mathieu Dion
Mathieu Dion

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