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Des programmes fédéraux ciblés remplaceront la PCRE

Mme Freeland parle devant un micro sous le regard de Justin Trudeau.

Chrystia Freeland, ministre des Finances du gouvernement Trudeau

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

RCI

La Prestation canadienne de relance économique (PCRE), qui a permis d’aider financièrement les Canadiens touchés par la pandémie, ne sera pas reconduite après le 23 octobre. Des programmes plus ciblés seront néanmoins en place jusqu’au 7 mai pour protéger les travailleurs et les entreprises dans des secteurs tels que le tourisme et la restauration.

On a repris 100 % des emplois perdus depuis le début de la pandémie, mais la reprise est inégale, a déclaré jeudi la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, qui est aussi ministre des Finances du gouvernement Trudeau.

La reprise économique s'opère dans la plupart des secteurs, selon le premier ministre Justin Trudeau, qui reconnaît néanmoins l'existence d'une pénurie de main-d'œuvre dans certains de ceux-ci.

De continuer un appui général n'est pas tout à fait nécessaire pour l'économie, a-t-il estimé.

Le prolongement de la PCRE suscitait les critiques de plusieurs employeurs depuis des semaines, car elle est soupçonnée de freiner le retour au travail de certains Canadiens et d'aggraver ainsi la pénurie de main-d'œuvre qui touche plusieurs secteurs.

Outre la PCRE, la Subvention d'urgence du Canada pour le loyer (SUCL), la Subvention salariale d'urgence du Canada (SSUC) et la mesure de soutien en cas de confinement doivent aussi arriver à échéance le 23 octobre.

Le gouvernement Trudeau compte prolonger le Programme d'embauche pour la relance économique du Canada (PEREC) jusqu'au 7 mai 2022, à un taux de 50 %. Il en va de même pour la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique et la Prestation canadienne de la relance économique pour proches aidants (PCREPA), qui seraient ainsi prolongées de deux semaines.

Les secteurs encore fragiles, comme l'hôtellerie, la restauration et celui des agences de voyages, pourraient aussi bénéficier du Programme de relance pour le tourisme et l’accueil, qui offrirait des subventions à un taux pouvant aller jusqu'à 75 %.

Pour les employeurs qui pourront prouver qu’ils ont été touchés de façon profonde et durable par de lourdes pertes de revenus en raison de la pandémie, le Programme de relance pour les entreprises les plus durement touchées leur permettrait de bénéficier d'une subvention salariale et d'une aide au loyer couvrant jusqu'à 50 % de leurs pertes.

Ottawa entend réduire progressivement le soutien financier fourni par l'intermédiaire de ces nouveaux programmes, qui diminuerait de 50 % du 13 mars au 7 mai.

Une aide en cas de confinement

Le gouvernement Trudeau compte en outre mettre en place la Prestation canadienne pour les travailleurs en cas de confinement, qui leur permettrait de toucher 300 $ par semaine entre le 24 octobre et le 7 mai, si leur employeur venait à interrompre ses activités.

Cette aide serait offerte uniquement aux travailleurs qui ne peuvent plus se rendre au travail en raison d'un ordre de confinement émanant de la santé publique et du gouvernement.

Pour avoir droit à cette nouvelle prestation, les travailleurs n'auraient pas obligatoirement à être admissibles à l'assurance-emploi, la seule condition étant qu'ils ne touchent aucune prestation d'assurance-emploi pendant la même période, précise le ministère des Finances.

Les travailleurs dont la perte de revenus ou d'emploi est liée à un refus de se faire vacciner ou de se conformer aux exigences de la santé publique n'auront pas droit à cette prestation.

Selon Chrystia Freeland, la Prestation canadienne pour les travailleurs en cas de confinement servira de « police d'assurance » aux provinces qui auront à faire des choix difficiles pour endiguer la pandémie. Les travailleurs seront soutenus par le fédéral, a affirmé la vice-première ministre.

Si la quatrième vague ou une vague inattendue [de COVID-19] devait nous frapper, nous voulons que les autorités de santé publique et que les travailleurs sachent que le soutien sera là.
Une citation de Chrystia Freeland, ministre des Finances et vice-première ministre du Canada

Le montant estimé des nouvelles mesures ciblées, qui seront en place du 24 octobre au 7 mai, est de 7,4 milliards de dollars, selon la ministre Freeland.

Depuis le début de la pandémie, 289 milliards ont été dépensés pour soutenir les travailleurs et les entreprises, a indiqué le gouvernement Trudeau.

Des changements que les libéraux ne pourront faire seuls

Le Nouveau Parti démocratique a eu tôt fait de dénoncer la fin de la PCRE, son chef blâmant le premier ministre Trudeau d'y mettre un terme au milieu d'une quatrième vague de COVID-19 qui touche particulièrement l'Alberta, la Saskatchewan et les Territoires du Nord-Ouest.

Justin Trudeau a le pouvoir de prolonger cette aide pour ceux qui en dépendent, mais il a décidé de ne pas le faire, a déploré le chef néo-démocrate Jagmeet Singh.

S'il ne s'oppose pas à la fin de la PRCE, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, manifeste quant à lui une relative déception de voir le premier ministre annoncer des changements aux programmes, alors que ceux-ci risquent de requérir une intervention à caractère législatif.

Tout comme le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O'Toole, M. Blanchet avait déjà remis en question la pertinence du maintien de la PCRE qui avait, selon lui, « un effet négatif sur le type d'accès à la main-d'œuvre ».

Bien que des secteurs comme le tourisme, les arts et la culture aient toujours besoin d'une aide spécifique, a-t-il poursuivi, le gouvernement Trudeau n'a pas offert suffisamment de détails sur la manière dont il comptait les soutenir.

Yves-François Blanchet a appelé le premier ministre à prendre contact avec les autres chefs fédéraux afin de trouver les appuis nécessaires pour mener à bien ce qu'il a promis jeudi aux Canadiens.

En entrevue à CBC News, le député conservateur Ed Fast a pour sa part déclaré que l'annonce du gouvernement Trudeau était conforme au plan fiscal de M. O'Toole. Le chef du PCC avait récemment demandé au premier ministre de mettre un terme à la PCRE d'ici au 20 novembre.

De l'avis de M. Fast, Justin Trudeau doit maintenant cesser ses dépenses incontrôlées et s'attaquer à l'élaboration d'un plan pour rééquilibrer le budget.

Beaucoup d'inconnus, selon la FCEI

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) a salué le prolongement du programme fédéral d'embauche et s'est dite soulagée que des subventions d'aide demeurent en place.

Elle a toutefois soulevé que les nouveaux programmes que souhaite mettre en place le gouvernement Trudeau comportaient encore beaucoup d'inconnus. Comprendre les critères d'admission de ces nouvelles mesures et la marche à suivre afin d'en bénéficier risque d'être un casse-tête pour les entreprises, a souligné Jasmin Guénette, vice-président des affaires nationales à FCEI.

Les petites entreprises pourraient ainsi se retrouver privées des subventions en vertu des nouveaux critères.

Le gouvernement fédéral devra par ailleurs se montrer flexible dans la manière dont il définit les entreprises dans les secteurs du tourisme, de la restauration et de l'hôtellerie qui seront ciblées par ces programmes, a indiqué de son côté le président de la FCEI, Dan Kelly.

Il rappelle que certains commerces qui pourraient ne pas être inclus, comme les gyms, les salons de quilles et les studios de danse, par exemple, sont dans une situation tout aussi critique.

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