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Une publication antivaccination d’un député ontarien suscite l’indignation

Les deux soeurs côte à côte dans une galerie de musée.

Ammarah Navab, à gauche, dit que sa sœur Farisa est décédée le 11 septembre des suites d'une maladie auto-immune rare.

Photo : Photo soumise par Ammarah Navab

CBC News

Une résidente de Cambridge, en Ontario, est indignée que la photo et les renseignements personnels de sa défunte sœur aient été utilisés sans autorisation dans des publications antivaccination sur les réseaux sociaux par le député provincial Randy Hillier.

Farisa Navab est décédée le 11 septembre d'une rare maladie auto-immune, à l’âge de 20 ans.

Mardi, des photos de la jeune femme et de 10 autres personnes sont apparues sur les comptes de réseaux sociaux de Randy Hillier, un député indépendant de Lanark-Frontenac-Kingston connu pour ses prises de position controversées sur la vaccination.

Les publications suggèrent qu'elles sont mortes après avoir eu un effet secondaire permanent peu de temps après avoir reçu leur première ou deuxième dose du vaccin COVID-19.

Ce sont des mensonges purs et simples, affirme Ammarah Navab, notant que sa sœur est décédée des suites d'une maladie génétique.

Ce sont purement et simplement de fausses nouvelles.

La publication - partagée sur les comptes Twitter, Facebook et Instagram de Hillier - suggérait que les individus étaient en parfaite santé et que leur santé a été compromise par un vaccin qui leur avait été présenté comme totalement sûr.

Plusieurs personnes qui disent connaître certains des individus photographiés dans les publications du député Hillier assurent que la mort de leurs proches n'était liée d’aucune façon à la vaccination.

Ce ne sont pas des suppositions venant de gens ordinaires. C'est quelqu'un qui a du pouvoir, qui a des milliers d'adeptes et qui ment au sujet de la mort de ma sœur et l'utilise comme preuve. [...] C'est dégoûtant, déplore Ammarah Navab.

Si [Farisa] voyait ce qui se passe, elle ne serait pas très contente.

La famille a choisi de ne pas révéler le statut vaccinal de Farisa pour des raisons de confidentialité et par peur des réactions des personnes sur les réseaux sociaux.

Randy Hillier se défend

La famille Navab exige que Hillier supprime les messages et présente des excuses publiques. Mais le mal est plus profond.

Il a fait tellement de mal à nos familles, relève Ammarah. Je ne pense même pas qu'il devrait être légalement autorisé de publier des informations qui ne sont pas correctes en ligne. Il ne nous a pas demandé notre consentement pour utiliser ces photos.

La soeur de Farisa a précédemment lancé une collecte de fonds en ligne pour aider à préserver la mémoire de sa sœur. Des informations sur d'autres personnes dans les messages peuvent également être trouvées en ligne dans des articles de presse ou autres.

Un homme avec des lunettes.

Le député Randy Hillier (archives)

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

M. Hillier n'a pas répondu directement aux questions de CBC sur les informations utilisées dans ses messages qui, selon Navab, sont fausses.

Il a néanmoins envoyé la déclaration suivante, par courrier électronique : L'obligation et la responsabilité de chaque membre élu ne sont pas simplement d'accepter ou de promouvoir la politique publique. Le député estime que c'est son rôle d'examiner ces politiques de façon critique, en se basant sur des observations et des preuves.

Il est de ma responsabilité de porter à l'attention des gens les données accessibles au public qui suggèrent fortement que ces produits pharmaceutiques causent des problèmes de santé irréversibles, voire la mort, chez les enfants et les adultes de l'Ontario, poursuit-il.

Il demande à la Police provinciale de l'Ontario et aux organismes locaux d'application de la loi d'enquêter sur les décès.

Tout au long de la pandémie, Randy Hillier a exprimé son opposition aux mesures de santé publique liées à la COVID-19.

Il a été accusé à plusieurs reprises pour avoir défié les restrictions de santé publique en assistant à des rassemblements anticonfinement ou à de grands rassemblements.

Les actions des députés sont en grande partie régies par la Loi sur l'intégrité des députés de l'Ontario, qui décrit les facteurs entourant les conflits d'intérêts, les cadeaux et les médias sociaux. Un commissaire à l'intégrité ne peut enquêter sur la conduite d'un membre en particulier que si une enquête est demandée par un autre député.

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