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L’Ontario veut faciliter la reconnaissance des compétences des immigrants

Monte McNaughton en point de presse.

Le ministre ontarien du Travail, Monte McNaughton

Photo : Chaîne de Queen's Park

RCI

Face à la pénurie de main-d'oeuvre actuelle dans plusieurs métiers et professions en Ontario, le gouvernement Ford présente un projet de loi visant à éliminer entre autres la nécessité pour les immigrants d'avoir de l'expérience canadienne.

Le ministre du Travail, Monte McNaughton, note que 293 000 postes ne sont pas occupés présentement dans la province et que la main-d'oeuvre est vieillissante dans plusieurs industries.

Par ailleurs, à peine le quart des immigrants formés à l'étranger dans une profession réglementée travaillent actuellement dans leur champ de compétence initial, dit-il.

Selon le ministre McNaughton, il existe trop de barrières actuellement pour les immigrants, à commencer par l'exigence d'avoir de l'expérience canadienne pour des professions telles que comptable, architecte, ingénieur, enseignant ou éducateur de la petite enfance, ainsi que pour des métiers comme électricien, coiffeur et plombier.

La réforme provinciale n'inclut pas le secteur de la santé, qui est aussi aux prises avec une pénurie de main-d'oeuvre.

Je veux créer un chemin clair afin de permettre aux nouveaux Canadiens d'utiliser pleinement leurs compétences en Ontario.
Une citation de Monte McNaughton, ministre ontarien du Travail

Il faut mieux traiter nos immigrants, ajoute le ministre. Nous voulons qu'ils touchent de plus gros chèques de paie et qu'ils soient mieux protégés. Ça va solidifier leur famille et leur fournir un niveau de vie plus élevé.

Au début de la semaine, le premier ministre Doug Ford a fait les manchettes (nouvelle fenêtre) pour des commentaires que plusieurs ont jugé déplacés au sujet des immigrants. Il a invité tous ceux qui veulent immigrer dans la province de le faire s'ils veulent « travailler dur », tout en ajoutant ceci : Si vous pensez que vous venez pour toucher une allocation et rester assis à la maison, ça n'arrivera pas.

Avec sa réforme, le ministre McNaughton dit aussi vouloir éliminer les dédoublements en matière de tests que doivent subir les immigrants pour faire reconnaître leurs compétences linguistiques en anglais. La province pourrait, par exemple, adopter un même test pour les différents ordres professionnels. Le commissaire à l'équité de l'Ontario doit évaluer la question.

M. McNaughton veut également réduire le temps d'attente pour l'obtention d'un permis pour exercer certains métiers, qui peut atteindre 18 mois actuellement.

Si le projet de loi est adopté, les mesures annoncées entreraient en vigueur sur une période d'environ deux ans.

Le ministre assure que son projet de loi ne mènerait pas à un abaissement des normes de sécurité dans les domaines ciblés. Il y a beaucoup de freins et de contrepoids dans le système, dit-il. Je fais confiance aux organisations qui supervisent ces professions.

L'opposition se dit déçue

Le NPD ne comprend pas pourquoi le secteur de la santé n'est pas inclus dans le projet de loi présenté par les progressistes-conservateurs.

La porte-parole néo-démocrate en matière de citoyenneté et d'immigration, Doly Begum, ajoute que la réforme proposée ne règle pas la question de la reconnaissance des diplômes des travailleurs formés à l'étranger, que ce soit des ingénieurs ou des docteurs.

L'Ontario fait face à un manque criant de professionnels dans le domaine de la santé, ce à quoi l'annonce ne répond pas.
Une citation de Doly Begum, porte-parole du NPD

Lundi, le ministre McNaughton avait présenté un autre projet de loi visant cette fois-ci à serrer la vis aux agences de recrutement (nouvelle fenêtre) de travailleurs temporaires, y compris les immigrants.

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