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Après la fin des hydrocarbures, la question des compensations

Le premier ministre François Legault a annoncé mardi que son gouvernement renonçait à l'exploitation d'hydrocarbures sur son territoire.

Une installation d'exploration pour hydrocarbures dans un champ.

Le gouvernement du Québec a décidé de mettre fin aux projets d'hydrocarbures.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Perrine Bullant

Si des élus et des groupes d'environnementalistes saluent la décision du gouvernement de mettre fin à l'exploration pétrolière et gazière, ils veulent toutefois s'assurer qu'aucune compensation financière ne sera versée aux entreprises qui exploitent les hydrocarbures.

D'après Anne-Céline Guyon, chargée de projets climat pour Nature Québec, ce n'est pas à la société québécoise de payer pour leurs erreurs. Ces compagnies-là connaissaient la situation, elles savaient qu'il n'y avait plus d'avenir pour les énergies fossiles au Québec.

Selon le rapport québécois du centre de droit en environnement qu'a consulté Mme Guyon, le gouvernement n'est pas tenu dans la loi à indemniser les compagnies qui détiennent un permis d'exploration.

Il y a quelque 43 000 km2 qui sont sous permis d'explorations au Québec, renchérit Mme Guyon, avec cette nouvelle page, on vient de libérer de cette menace tous ces territoires, dont celui de la Gaspésie, qui était un des plus à risque.

C'est une grosse victoire, résume Pascal Bergeron, porte-parole d'Environnement vert plus, mais c'était le minimum pour mener avec cohérence une politique climatique alignée sur les accords de Paris.

Le porte-parole du groupe gaspésien estime que c'est une nouvelle rassurante pour le territoire de la Gaspésie, où il y a encore trois permis d'exploration pétrolière et gazière.

Des gens manifestent à Gaspé en marge de la Semaine de la Terre.

Le 25 avril dernier, le message principal des organisateurs de la marche pour la Terre, c'était : « Galt, non merci ».

Photo : Dasha Vymetalova

Soulagement en Gaspésie

Ensemble pour l'avenir durable du Grand Gaspé se réjouit que le Québec veuille se libérer des hydrocarbures. La grande crainte du comité de voir se réaliser un forage jugé trop près des habitations et de la baie de Gaspé ne se matérialisera pas.

La présidente du comité, Lise Chartrand, affirme que le dossier des hydrocarbures du Québec est un exemple de la puissance des forces citoyennes, qui peuvent arriver à changer les choses. Le comité est maintenant d'avis qu'il n’est plus possible maintenant pour les élus d’ignorer que l'acceptabilité sociale pour ce genre de projets n'était pas au rendez-vous.

Lise Chartrand rappelle néanmoins que trois permis d’exploration sont toujours en vigueur sur le territoire. Elle souligne que le gouvernement Legault n’a pas encore indiqué comment il allait y mettre fin.

Un jugement attendu

Pour Pascal Bergeron, d'Environnement vert plus, les entreprises pétrolières s'étaient préparées à la décision du gouvernement en envisageant de porter la cause devant les tribunaux.

Mario Lévesque, le président de Ressources Utica [NDLR, propriétaire de Gaspé énergies] ainsi que ses partenaires ont planifié leurs acquisitions en prévoyant poursuivre le gouvernement s'ils ne réussissaient pas à forer au-dedans de deux ans, tient Pascal Bergeron d'une source proche des compagnies.

Le procès qui oppose Gaspé Énergies et le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles s'est déroulé en mars dernier. Le jugement, qui devrait être rendu à la mi-novembre, déterminera si la compagnie de forage est autorisée à exploiter le puits Galt numéro 6 (nouvelle fenêtre), près de Gaspé.

La députée de Gaspé, Méganne Perry Mélançon, attend elle-aussi la conclusion du procès.

La députée de Gaspé, Méganne Perry Mélançon.

La députée de Gaspé, Méganne Perry Mélançon, a encouragé les citoyens à signifier leur refus du projet Galt.

Photo : Radio-Canada

Elle affirmait mercredi qu'une pétition de 2170 signataires réclame le retrait de toute forme d'investissement public dans le projet Galt (nouvelle fenêtre). Créer, dit-elle, des emplois payants dans des filières plus rentables et viables à long terme permettraient de positionner le Québec comme un leader mondial dans les énergies renouvelables.

Satisfaction dans la Mitis

Au Bas-Saint-Laurent, le préfet de la Municipalité régionale de comté de La Mitis a rappelé que sa MRC a été la première au Québec à s'opposer à tout projet d'exploration ou d'exploitation des hydrocarbures sur son territoire.

Bruno Paradis, préfet de la MRC de La Mitis.

Bruno Paradis, préfet de la MRC de La Mitis, rappelle que sa MRC a été la première au Québec à se positionner contre toute exploration ou exploitation pétrolière ou gazière.

Photo : Radio-Canada / Alain Fournier

Les élus avaient adopté une résolution en ce sens à l'unanimité en 2019 (nouvelle fenêtre), alors que des compagnies pétrolières s'intéressaient à La Mitis. Squatex y avait notamment effectué des travaux de forage exploratoire.

Bruno Paradis estime que l'acceptabilité sociale n'a jamais été au rendez-vous pour ce type de projet de toute manière dans la région:

C'est une excellente nouvelle! Je pense que la population générale ne souhaite plus voir d'exploration et d'exploitation sur leur territoire.

Le premier ministre François Legault a déclaré que le Québec devait désormais miser sur l'électricité et les énergies renouvelables.

Perrine Bullant

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